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Un jeune Yéménite sur les ruines après un bombardement à Taez, le 03 février 2016 / © AHMAD AL-BASHA/AFP/Getty Images

Un jeune Yéménite sur les ruines après un bombardement à Taez, le 03 février 2016 / © AHMAD AL-BASHA/AFP/Getty Images

Un jeune Yéménite sur les ruines après un bombardement à Taez, le 03 février 2016 / © AHMAD AL-BASHA/AFP/Getty Images

Liberté d'expression

Retour sur le Prix Bayeux des correspondants de guerre : coup de projecteur sur le Yémen

Samedi 9 octobre, en clôture du Prix Bayeux nous avons remis le Prix Télévision au reportage «Les tireurs d'élite du Yémen» réalisé pour BBC News. Un reportage édifiant sur un conflit oublié. Retour sur la 28e édition du Prix Bayeux qui met les correspondants de guerre à l’honneur. 

« Récompenser ce qui se fait de plus beau, sur ce qu’il y a de plus moche » : c’est par ces mots que Nicolas Poincaré a ouvert la cérémonie de remise des Prix. Nous avons eu l’honneur, pour la 6ème fois, de remettre le prix du meilleur reportage télévision, format court. Devant une salle pleine, avec plus de 350 journalistes présents, notre présidente Cécile Coudriou a remis le Prix Amnesty International à Orla Guerin et à Goktay Koraltan pour leur reportage «Les tireurs d'élite au Yémen».  

Lire aussi : Prix-Bayeux Calvados, un hommage aux correspondants de guerre 

Notre Prix rend hommage à leur courage et à la qualité de leur travail d’alerte sur les conséquences désastreuses du conflit au Yémen pour les populations civiles. Ce reportage de 5 minutes montre toute la cruauté de la guerre. Ces tireurs d’élites tirent, d’abord, sur des enfants. 

Découvrir le reportage. 👇

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Nos liens indéfectibles avec les journalistes  

Pour notre organisation, ce Prix Bayeux a une importance toute particulière. Nos liens avec les médias sont forts, ils ont été tissés depuis 60 ans maintenant. Nos trois mots d’ordre sont les suivants : enquêter, alerter et mobiliser. Des mots qui résonnent aussi chez les journalistes. 

Dans ce vacarme de propagande et de fake news, et dans un accès à l’information de plus en plus dangereux et difficile, il est essentiel de crier haut et fort notre attachement à la liberté d’expression. 

Cécile Coudriou, présidente d'Amnesty International France

Prix Bayeux des correspondants de guerre, cérémonie de remise des Prix, 9 octobre 2021 / © Sameer Al-DOUMY - AFP

Les enfants : premières victimes du conflit au Yémen 

Le reportage de Orla Guerin et à Goktay Koraltan rappelle bien que les premières victimes de la guerre au Yémen sont les civils. Ce reportage montre qu’au Yémen, ce sont les enfants qui sont souvent ciblés par les snipers. Il montre toute la cruauté de la guerre, toute l’injustice de qu’on appelle froidement les « victimes collatérales ». Avec ce reportage, les victimes ont un visage, elles ont une voix. 

Lire aussi : Au Yémen, l'enfer des détenus sous le contrôle des Houthis

Au Yémen, il y a des bombardements qui, volontairement, ciblent des écoles, des marchés. 80 à 90 % des victimes sont des civils, des femmes et des enfants. 

La journaliste Orla Guerin, en visio conférence, a adressé un message de remerciement, d’hommage et d’espoir à cette guerre oubliée : « En nous décernant ce prix, vous attirez l’attention sur un garçon et une fille courageuse : Ruwelda Salah, qui s’est fait tirer dessus par un sniper et son frère Amri qui s’est précipité pour la sauver. Ce reportage est aussi un moyen d’évoquer tous ces enfants qui ont souffert au Yémen et qui souffrent encore aujourd’hui. La guerre ne s’est pas arrêtée. Le Yémen ne soit pas être oublié. » 

Volontairement, on cherche à détruire toute une société en s’attaquant d’abord aux enfants. En les ciblant, on s’attaque à l’avenir. 

Cécile Coudriou, présidente d’Amnesty International France

Une guerre oubliée  

Bientôt 7 ans de guerre. Pour la 28ème édition du Prix Bayeux des correspondants de guerre, notre présidente Cécile Coudriou a rappelé à quel point il était important de poursuivre le travail de documentation sur ce conflit, oublié : « Les médias ne s’intéressent plus au Yémen. C’est notre devoir, avec les journalistes, de lutter contre l’oubli .»  

Et puis, ce Prix nous permet d’alerter, à nouveau, sur la responsabilité de la France dans le conflit au Yémen. La France, continue de vendre des armes à l’Arabie saoudite, pays engagé dans la guerre au Yémen. 

Voir : « Sale guerre » au Yémen : la France complice  

Agir : Vente d'armes, stop à la complicité de la France 

Plus que jamais, nous avons besoin du journalisme. Nous continuerons de saluer le courage de tous ces reporters de guerres. Aux côtés des journalistes, nous continuerons à documenter, alerter sur les violations des droits humains commises au Yémen, en Afghanistan, en Birmanie, en Arabie Saoudite… Ensemble, nous pourrons faire la différence. Le Prix Bayeux des correspondants des guerres porte aussi un message d’espoir.  

Agir

La Chronique, notre magazine d'enquête et de reportage

En plus de nos chercheurs sur le terrain, des journalistes réalisent pour notre magazine mensuel La Chronique un travail d'investigation. Utilisation des armes chimiques en Irak, enquête inédite sur la société de sécurité privée russe Wagner, un récit sur la répression des athlètes au Bélarus... un regard différent sur l'actualité.