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Un policier sud-africain pointe son arme sur des clients devant un supermarché pour leur faire respecter les règles de distanciation sociale, Yeoville, Johannesburg, Afrique du Sud, 28 mars 2020 / © Marco Longari - AFP

Un policier sud-africain pointe son arme sur des clients devant un supermarché pour leur faire respecter les règles de distanciation sociale, Yeoville, Johannesburg, Afrique du Sud, 28 mars 2020 / © Marco Longari - AFP

Un policier sud-africain pointe son arme sur des clients devant un supermarché pour leur faire respecter les règles de distanciation sociale, Yeoville, Johannesburg, Afrique du Sud, 28 mars 2020 / © Marco Longari - AFP

Liberté d'expression
Actualité

Covid-19 : violences policières et atteintes aux droits pendant la pandémie

Afrique du Sud, Iran, Angola, Salvador... dans 60 pays, nous avons documenté des abus de pouvoir des forces de l’ordre pour faire appliquer les mesures sanitaires liées au COVID-19. Dans certains États, pour non-respect du confinement, des personnes se sont retrouvées derrière les barreaux, d’autres ont été tuées.  

Dans notre nouveau rapport intitulé COVID-19 Crackdowns: Police Abuse and the Global Pandemic nous avons recensé plusieurs cas observés par nos chercheurs, qui montrent que des gouvernements et leurs forces de l’ordre ont utilisé la crise sanitaire pour restreindre des droits fondamentaux. La force a parfois été utilisée de manière excessive pour faire appliquer le confinement ou le couvre-feu : la police a tiré à balles réelles faisant des morts et des blessés et a procédé à de nombreuses arrestations et détentions arbitraires.  

Lire aussi : Tout savoir sur le Covid-19 et les droits humains

Si certaines restrictions en matière de droits humains peuvent se justifier lors d’une pandémie, de nombreux gouvernements, sous prétexte de protéger la santé de la population, ont largement abusé de ces restrictions. 

Gérer la crise sanitaire de façon répressive, contribue à l’aggraver.

Passages à tabac et homicides sous prétexte de lutter contre la pandémie 

La police a utilisé la force de façon excessive dans plusieurs pays pour faire appliquer les couvre-feux et les confinements. Des opérations violentes et disproportionnées ont causé des morts et des blessés. 

En Afrique du Sud, la police a tiré des balles en caoutchouc sur des personnes « traînant » dans les rues le premier jour du confinement. En Tchétchénie, une vidéo a montré des policiers agresser et donner des coups de pied à un homme parce qu’il ne portait pas de masque. Au Salvador, la police a tiré dans les jambes d’un homme sorti faire des courses.

Lire aussi : Covid 19 en Amériques : en détention pour être sorti acheter à manger

En Angola, notre enquête a montré que la police chargée de faire respecter les restrictions liées au COVID-19 a tué au moins sept hommes entre mai et juillet. La police angolaise a tiré sur un adolescent au visage parce qu’il n’aurait pas respecté le couvre-feu.

En prison pour non respect du confinement 

Des personnes ont aussi fait l’objet d’arrestations arbitraires et de placement en détention non-respect des règles sanitaire, malgré les risques de contagion dans les prisons. Le seul non-respect des mesures de confinement ne justifie pas qu’une personne puisse être envoyée derrière les barreaux.

En République dominicaine, la police a arrêté 85 000 personnes entre le 20 mars et le 30 juin, pour non-respect du couvre-feu.  

Des personnes ont également été placées en détention parce qu’elles critiquaient la gestion de la crise sur les réseaux sociaux. C’est le cas en Turquie, où 510 personnes auraient été placées en détention de mars à mai  : une violation flagrante de leur droit à la liberté d’expression.

Des discriminations aggravées

Nous avons documenté que dans plusieurs pays, la police avait fait preuve de préjugés racistes et de discrimination lors de l’application des règlementations liées au COVID-19.

En France, à Calais, entre le mois de mars et le mois de mai, les forces de l’ordre ont expulsé plus de 175 réfugiés. 

Lire aussi : Covid 19 : Les réfugiés et les migrants confrontés à la famine

En Slovaquie, les forces de l’ordre et les militaires ont placé les camps de Roms en quarantaine.

Ces pratiques des forces de sécurité ont laissé ces personnes vulnérables sans aucun endroit où se protéger contre le COVID-19. Alors que la police devrait les protéger, elle n’a fait que les précariser davantage.  

Des restrictions au droit de manifester 

De nombreux États se servent de la pandémie comme prétexte pour adopter des lois et des politiques qui bafouent le droit notamment le droit de manifester.

En Iran, lors de manifestations contre les conditions de détention, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes et même des balles réelles pour disperser les manifestants. En Pologne, des manifestants pacifiques ont reçu de lourdes amendes, des centaines ont été arrêtés. 

Le droit international permet d’instaurer légalement certaines restrictions au droit à la liberté de réunion pacifique en vue de protéger la santé publique. Mais ces restrictions ne peuvent s’exercer que si elles ont été fixées par la loi. Cependant, dans de nombreux cas que nous avons examinés, les restrictions vont plus loin : limitation voire interdiction de manifester, arrestations et usage de la force contre des manifestants pacifiques. 

En cette période de crise sanitaire, nous demandons aux gouvernements de garantir que les forces de l’ordre respectent leur mission de protection de la population. 

La priorité doit être donnée à de meilleures pratiques de santé publique et non aux mesures coercitives qui se révèlent contre-productives. Aucune crise ne peut justifier un recours excessif à la force. Les droits humains doivent être au cœur de la politique du maintien de l’ordre.

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