Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains en République Dominicaine en 2025.
La discrimination était structurelle et pesait sur l’accès à la santé et à l’éducation. Les défenseur·e·s des droits humains ont fait l’objet de harcèlement physique et en ligne. Des milliers de personnes restaient arbitrairement privées de leur nationalité. Les personnes migrantes ou réfugiées ne pouvaient pas bénéficier d’une protection internationale et étaient visées par des politiques migratoires racistes et discriminatoires. L’avortement était toujours interdit.
Discrimination
Les personnes noires, haïtiennes ou d’origine haïtienne subissaient une discrimination raciale structurelle et généralisée.
Les politiques discriminatoires pesaient sur l’accès à l’éducation, à la santé et à la protection internationale.
Des représentant·e·s des pouvoirs publics et des institutions gouvernementales ont tenu des propos discriminatoires et stigmatisants.
Défenseur·e·s des droits humains
Le gouvernement ne s’est toujours pas engagé à instaurer un cadre de protection des défenseur·e·s des droits humains et n’a pas fait le nécessaire pour que des enquêtes indépendantes et impartiales soient menées dans les meilleurs délais sur les attaques qui les visaient.
Des personnes et les groupes qui défendaient les droits humains, en particulier ceux ayant trait à la justice raciale, au genre et à la migration, ont fait l’objet de manœuvres de harcèlement, de menaces et de restrictions de leur droit à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Ils ont également dénoncé des actes de harcèlement numérique et la divulgation de leurs données personnelles.
En mars, lors de la Journée internationale des droits des femmes, les autorités ont interrompu une action menée par des collectifs culturels au motif que les participant·e·s chantaient en créole haïtien.
En avril, pendant la Grande marche unitaire, des membres de collectifs de défense des droits des personnes dominicaines d’origine haïtienne et des militant·e·s antiracistes ont été attaqués et frappés par des groupes de civil·e·s qui ont qualifié la manifestation de « marche haïtienne ».
Des défenseur·e·s des droits des femmes et des droits sexuels et reproductifs ont été victimes de violences physiques et en ligne de la part de groupes nationalistes et conservateurs qui agissaient en toute impunité.
Déchéance arbitraire de la nationalité
Les personnes dominicaines d’origine haïtienne, qui avaient été arbitrairement déchues de leur nationalité 12 ans plus tôt par un arrêt de la Cour constitutionnelle, se heurtaient toujours à des obstacles institutionnels et bureaucratiques lorsqu’elles tentaient d’obtenir des documents d’identité dominicains. La République dominicaine n’a pas respecté ses obligations internationales sur ce point.
Droits des personnes réfugiées ou migrantes
Selon les chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations, au moins 265 215 Haïtien·ne·s, dont 65 702 femmes, 13 204 garçons et 11 305 filles, ont été expulsés de République dominicaine pendant l’année, souvent lors d’opérations collectives. Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (une plateforme haïtienne) a indiqué qu’en 2025 le gouvernement dominicain avait expulsé vers Haïti au moins 1 057 femmes enceintes et 3 000 femmes allaitantes.
La politique migratoire ne tenait aucun compte des droits humains et se limitait à des mesures discriminatoires et répressives. Cette année encore, il a été fait état de pratiques alarmantes de profilage racial, de détention arbitraire, de recours excessif à la force et de traitement cruel et inhumain pendant les opérations de contrôle de l’immigration et dans les centres de détention pour migrant·e·s. Des expulsions collectives, contraires au droit international, ont également été signalées. Malgré la crise des droits humains qui frappait leur pays d’origine, les Haïtien·ne·s n’avaient pas accès aux procédures d’asile et de détermination du statut de réfugié·e qui pourraient leur permettre de bénéficier d’une protection internationale.
Selon le protocole de santé mis en place en avril pour les personnes migrantes, celles qui étaient en situation irrégulière devaient être expulsées après avoir reçu des soins. L’incidence négative de ce protocole sur l’accès à la santé touchait de manière disproportionnée les personnes noires, haïtiennes ou dominicaines d’origine haïtienne, en particulier les femmes enceintes, qui craignaient de faire usage des services de santé publique.
Violences sexuelles ou fondées sur le genre
Le nouveau Code pénal promulgué en août interdisait totalement l’avortement. En outre, le délai de prescription était maintenu pour les procédures pénales relatives à des violences sexuelles exercées contre des femmes adultes, la qualification pénale des violences sexuelles commises dans le contexte du couple était rétrograde et contraire aux normes internationales, les châtiments corporels contre les enfants étaient tolérés et la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre n’était pas sanctionnée.
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