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Photographie devant le bâtiment abritant le groupe israélien NSO, 28 août 2016 / © JACK GUEZ - AFP

Photographie devant le bâtiment abritant le groupe israélien NSO, 28 août 2016 / © JACK GUEZ - AFP

Photographie devant le bâtiment abritant le groupe israélien NSO, 28 août 2016 / © JACK GUEZ - AFP

Liberté d'expression

Affaire Pegasus : comment réagir après ces révélations fracassantes ? 

Suite à l’ampleur des révélations du Projet Pegasus, nous publions un rapport qui démontre que la cybersurveillance secrète est à l’origine de graves violations des droits humains.

Dans notre nouveau rapport rapport intitulé Uncovering the Iceberg: The Digital Surveillance Crisis Wrought by States and the Private Sector, publié au lendemain de la série de révélations du Projet Pegasus, nous exposons les effets dévastateurs sur les droits humains d’un secteur de la cybersurveillance peu réglementé.

Les révélations du Projet Pegasus ont provoqué une onde de choc.

Le Projet Pegasus : ce projet est le fruit d'un travail conjoint entre un consortium de journalistes piloté par l'association Forbidden Stories et nos équipes d'Amnesty Tech. Le travail d’enquête a été mené par plus de 80 journalistes de 17 médias internationaux. Les journalistes ont eu accès à une liste de plus de 50 000 numéros de téléphones, cibles potentielles du logiciel espion Pegasus. Nos équipes du Security Lab d'Amnesty International ont mené des analyses techniques de pointe visant à détecter des traces du logiciel espion dans des téléphones portables.  

Du 18 au 23 juillet, les journalistes ont publié les résultats de leurs enquêtes mettant en lumière un scandale d'espionnage à grande échelle. Chaque jour, de nouvelles révélations tombaient. Le rendez-vous était donné à 18h. Résultat : 11 États ont intentionnellement utilisé Pegasus, le logiciel extrêmement puissant de la société israélienne NSO Group, pour cibler de façon illégale des journalistes, des militants des droits humains ou encore des avocats. Pourtant, cette technologie de pointe n’est censée être utilisée que pour lutter contre le terrorisme ou la criminalité.

En vendant son logiciel à des pays comme l’Arabie saoudite, la Hongrie ou encore le Maroc qui utiliseraient Pegasus contre les voix critiques, NSO Group se rend complice de ces violations.

Lire aussi : Le Projet Pegasus révèle un système d'espionnage téléphonique sans précédent

Un secteur dangereux

Depuis des années, nous alertons contre les dangers que le secteur de la surveillance fait peser sur les droits humains, en évoquant notamment les cas précis de surveillance ciblée et illégale, facilitée par l'entreprise israélienne.

NSO Group est une entreprise parmi d’autre. Il s’agit d’un secteur dangereux qui opère depuis trop longtemps à la limite de la légalité. Il est absolument urgent que soient renforcés la réglementation du secteur de la cybersurveillance et le contrôle de ce secteur très opaque. La technologie de NSO a permis que soit perpétrées les violations qui ont été révélées par le Projet Pegasus.

Les révélations liées au logiciel d’espionnage Pegasus montrent qu’il existe aujourd’hui une véritable crise mondiale des droits humains facilitée par le secteur de la cybersurveillance.

Des entreprises privées israélienne comme NSO Group bafouent en toute impunité leurs responsabilités en matière de droits humains.

En permettant l’utilisation du logiciel de NSO sans garantir la protection de nos droits, les États ont permis à un système illégal de prospérer, avec pour conséquence des violations des droits humains à grande échelle.

Un moratoire immédiat s’impose 

Afin d’empêcher de nouvelles violations, il est urgent que le secteur de la cybersurveillance soit véritablement contrôlé.

Dans les révélations du Projet Pegasus, des chefs d’Etat, comme Emmanuel Macron, ont été identifiés comme des cibles potentielles du logiciel espion. Le fait que de hauts responsables politiques aient été pris dans les filets des technologies de surveillance devrait alerter les États sur l’impérieuse nécessité de réglementer ce secteur. Si des dirigeants sont ainsi pris pour cible, cela confirme davantage encore que les droits des militants, des journalistes et des avocats sont en danger.  

Un moratoire doit immédiatement être instauré sur l’exportation, la vente, le transfert et l’utilisation des technologies de surveillance jusqu’à ce que soit mis en place un cadre réglementaire respectueux des droits humains.  

Signez notre pétition pour mettre fin à cette surveillance illégale ciblée

Nos articles sur les révélations du Projet Pegasus

Le Maroc aurait placé sur sa liste de cibles potentielles de Pegasus les numéros de plusieurs journalistes dont des journalistes français. Le président Emmanuel Macron ainsi que 13 autres chefs d’Etats ont été des cibles potentielles du logiciel espion. Le Mexique serait le premier pays client de NSO Group et aurait ciblé un très grand nombre de journalistes et de militants via cet outil de pointe. Aux Emirats arabes unis, la princesse Latifa a été la cible du logiciel espion. La Hongrie aurait utilisé le logiciel pour cibler des journalistes et des militants… voici un aperçu des révélations que le monde a découvert grâce au Projet Pegasus.

Des révélations graves qui montrent l’ampleur et les dangers de ce logiciel redoutable utilisé illégalement pour cibler des membres de la société civile.

Lire aussi : Le Maroc utilise le logiciel espion contre des journalistes français

Lire aussi : Le téléphone d'Emmanuel Macron espionné ?

Lire aussi : La Hongrie ciblerait des journalistes et des militants

Lire aussi : Au Mexique, des milliers de personnes ciblées par le logiciel espion

NSO nie en bloc 

Depuis les révélations du Projet Pegasus, l’entreprise d’équipement de cybersurveillance israélienne a déclaré  « nier fermement […] les fausses affirmations » que contient notre rapport. L’entreprise a écrit que les informations du groupement étaient basées sur des « hypothèses erronées » et des « théories non corroborées » et a répété que l’entreprise menait une « mission vitale .»  

NSO Group affirme avec insistance que Pegasus est utilisé tout à fait légalement pour « récupérer des données sur les appareils mobiles de tel ou tel criminels de grande envergure présumé. »

Or, nos investigations prouvent que Pegasus est en parallèle utilisé illégalement contre la société civile.

Nos autres demandes

Le gouvernement israélien doit annuler les licences d’exportation dont bénéficie actuellement NSO Group, compte tenu du fait que son logiciel espion risque d’être utilisé pour commettre des violations des droits humains.

 NSO Group doit immédiatement désactiver les systèmes de ses clients quand des éléments crédibles prouvent que des abus sont commis.  

NSO Group doit  publier un rapport de transparence conforme aux droits humains. Dans ce rapport, l’entreprise doit révéler les cas d’utilisation abusive de ses produits, la liste des pays destinataires et les contrats. Enfin, dans ce rapport, NSO Group doit donner toutes les informations nécessaires permettant  d’enquêter sur les cas possibles d’atteintes aux droits humains liées à ses activités.  

Vérification des téléphones pour les journalistes ou défenseurs

Dans le cadre du Projet Pegasus, nos équipes du Security Lab ont développé des outils permettant à des techniciens d’analyser si des iPhones ou des appareils Android avaient été ciblés par le logiciel espion. Consultable ici. Cet outil n’est pas destiné à un public large.

Pour les journalistes et défenseurs qui se sentiraient aujourd’hui ciblés et menacés vous pouvez nous contacter à cette adresse : share@amnesty.tech

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SURVEILLANCE NUMÉRIQUE CIBLÉE : NON AU BIG BROTHER 2.0

Les attaques numériques contre les défenseurs des droits humains, journalistes et citoyens augmentent. Les révélations du Projet Pegasus en sont un exemple flagrant. Il est temps de mettre fin à cette surveillance illégale ciblée !