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Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi assistent à une conférence de presse à l'Elysée à Paris, le 24 octobre 2017 © REUTERS / Philippe Wojazer

Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi assistent à une conférence de presse à l'Elysée à Paris, le 24 octobre 2017 © REUTERS / Philippe Wojazer

Emmanuel Macron et le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi assistent à une conférence de presse à l'Elysée à Paris, le 24 octobre 2017 © REUTERS / Philippe Wojazer

Contrôle des armes
Avancée

Égypte : la France aborde enfin les droits humains

Lors de sa visite en Égypte, le président Macron a enfin abordé publiquement la question des droits humains avec son homologue égyptien. Au vu de la situation catastrophique du pays en la matière, nous espérons que ces paroles soient réellement suivies d’effets.

En octobre 2017, lors de la visite officielle du président égyptien Al-Sissi en France, Emmanuel Macron déclarait ne pas avoir de leçons à donner sur les droits humains aux autorités égyptiennes.

Dans un contexte accru de répression de la société civile dans le pays, nous avons appelé Emmanuel Macron à s’exprimer publiquement et fortement sur la question des droits humains, lors de sa visite officielle en Égypte cette semaine.

Nous notons donc avec satisfaction les propos tenus par le président français, lors de la conférence de presse du 28 janvier dernier, sur l’importance des droits humains et de l’État de droit.

Emmanuel Macron a notamment mentionné la loi sur les ONG de 2017 et la question du blocage des sites internet. Il a également évoqué la remise au président Al-Sissi d’une liste de défenseurs des droits humains actuellement emprisonnés.

Des déclarations aux actes

Nous espérons que cette nouvelle posture du président français ne soit pas simplement déclaratoire et que les droits humains resteront au cœur des échanges entre les deux pays.

Il est aujourd’hui plus dangereux que jamais dans l’histoire récente de l’Égypte de critiquer ouvertement le gouvernement.

Les autorités égyptiennes n’ont toujours pas libéré les prisonniers incarcérés uniquement pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions, elles n’ont pas mis fin à leur campagne répressive de censure des médias ni aboli une législation qui resserre l'étau sur la liberté d'expression et d’association dans le pays.

Véhicules blindés français et répression

C’est un fait nouveau. Les conditions d’utilisation par l’Égypte d’armes fournies par la France ont été évoquées en pleine conférence de presse par les médias faisant écho au rapport rendu public par notre organisation le 16 octobre 2018 et intitulé « Égypte : des armes françaises au cœur de la répression ».

Ce rapport révèle que la France a exporté plus de 200 véhicules blindés Sherpa et de maintien de l’ordre MIDS à l’Égypte entre 2012 et 2014. Ces derniers ont été déployés et utilisés lors de manifestations qui ont été écrasées dans le sang.

Il est très clair que pour nous l’utilisation de ces blindés est une utilisation qui doit être exclusivement militaire et c’est clair entre nous.

Emmanuel Macron

Le président Emmanuel Macron a indiqué : « sur 200 interventions, à une reprise en 2013, l’utilisation d’un tel blindé a été identifiée ; elle a d’ailleurs donné lieu sous le mandat précédent à un échange et une clarification, de la part des pouvoirs publics français ».

De son côté, le Président Al-Sissi a nié toute utilisation de véhicules blindés, pas seulement des blindés fournis par la France, depuis 2011 pour répondre aux manifestations : « la police ne traite pas par la force avec les manifestants ».

Nous ne nous satisfaisons pas de ces éléments qui ne correspondent pas aux conclusions de notre rapport et maintiennent l’ensemble des conclusions et recommandations énoncées par celui-ci.

Lire aussi : Des armes françaises au cœur de la répression égyptienne

Victoire : un contrôle renforcé

Parmi les véhicules blindés fournis par la France, figurait le véhicule de maintien de l’ordre MIDS, dont la France assurait également la formation des forces de sécurité égyptiennes au pilotage. Notre rapport indique ce sont plusieurs dizaines de véhicules MIDS qui ont été exportés sans qu’il soit possible de conclure que leur exportation ait cessé après 2014.

Selon de nouvelles informations ce sont plus de 50 véhicules de ce type qui ont été livrés. Ainsi, la France aurait finalement fourni plus de 250 véhicules blindés à l’Égypte sur une période indéterminée.

En septembre 2018, le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), nous informait que ce véhicule destiné aux forces de sécurité intérieure (donc hors armée égyptienne) n’était soumis ni au régime de contrôle à l’exportation des matériels de guerre ni à celui des bien à double usage.

Ce type de véhicule a largement été déployé dans le cadre de la répression interne exercée lors de manifestations.

Lire aussi : La France complice de la répression en Égypte

Le 25 janvier 2019, l’Elysée déclarait que « pour ce matériel, on a étendu le périmètre de l’examen dans le cadre de la commission interministérielle pour l’étude des exportations de matériels de guerre (CIEEMG) afin de renforcer le contrôle et éviter ce type de situation à l’avenir, donc on a tiré les enseignements ». Il est bien question ici du véhicule de maintien de l’ordre MIDS.

Du fait de l’absence de contrôle, sur l’exportation de ce type de véhicule, le SGDSN précisait également que la « connaissance des activités commerciales de la société [Renault Trucks Defense] par le gouvernement est donc très limitée ».

Pourtant, en novembre 2014, le Service des affaires industrielles et de l'intelligence économique de la Direction générale de l’armement (ministère des Armées) a fait référence publiquement au « carnet de commandes export de Renault Trucks Défense - Arquus, largement porté par les zones Moyen-Orient et Afrique (contrat SHERPA et MIDS de 400 millions d’euros en Egypte) », une information relayée par les médias dès octobre 2012.

Nous resterons mobilisés pour que la France joue son rôle de façon à ce que les droits humains soient protégés en Égypte, puiqu’elle a annoncé que ces derniers font dorénavant partie du « partenariat stratégique » noué avec l’Égypte.

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