Mobilisations lycéennes en France, octobre 2026
Des lycéens se rassemblent avec des pancartes de protestation au début du rassemblement « Acte III » du mouvement national de mobilisation des lycéens, place de la République à Paris, en France, le 6 octobre 2026.
© Laurent Caron, Hans Lucas via l'AFP

Alors qu’en France, la contestation lycéenne prend de l’ampleur, la colère de la jeunesse dépasse largement nos frontières. De l’Albanie à l’Argentine en passant par l’Inde ou le Chili, les jeunes se mobilisent. Ceux qu’on appelle la Génération Z ou Gen Z, descendent dans la rue pour défendre leurs droits et dire “non” aux pratiques autoritaires. Au Brésil et en Serbie, les récentes victoires de la Gen Z nous donnent l’espoir et nous rappellent que rien n’est joué d’avance. Voici 7 pays où les jeunes refusent que leurs droits soient piétinés.  

Depuis août 2026, la mobilisation ne faiblit pas en France : lycéen·nes et étudiant·es sont dans la rue pour demander de meilleures conditions d’éducation, exiger la protection des services publics et protester contre la vie chère. D’autres pays ont suivi : la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, la Grèce, le Portugal ou encore l’Espagne connaissent eux aussi des mouvements de contestation majeurs. 

Au-delà de l’Europe, tous les continents sont concernés. Partout dans le monde, la mobilisation de la Gen Z contre la corruption, les inégalités sociales, les reculs démocratiques ouvre une autre voie. Et nous montre que rien n’est joué d’avance.

Trop souvent, la réponse des États est de chercher à les faire taire. Avec un objectif : écraser la dissidence, pour éviter que les voix contestataires ne remettent en cause l’ordre établi. Mais face au piétinement de nos droits les plus basiques, aux réponses violentes des forces de l’ordre, la Gen Z résiste. 

Alors voici 7 pays où les jeunes disent non aux pratiques autoritaires. Et pourquoi leur courage doit nous inspirer.  

Au Brésil, le sursaut de la jeunesse  

Mobilisation lors de la victoire de Lula, élections présidentielles Brésil 2026

© Alexandre Schneider, Getty Images via AFP

Des partisans du candidat à la présidence Lula da Silva célèbrent sa victoire en formant un « L » avec leurs mains, en son honneur, après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 25 octobre 2026 à São Paulo, au Brésil.

Au Brésil, c’est le candidat sortant Lula qui a finalement remporté les élections présidentielles, ce 25 octobre 2026. Une issue inattendue d’après les sondages, rendue possible par une mobilisation massive et spontanée de la Gen Z durant l’entre-deux tours.  

Quelques jours avant les élections, des dizaines de milliers de personnes s’étaient rassemblées dans les rues pour appeler à résister aux atteintes aux droits humains et à l’affaiblissement de l’État de droit.

En Serbie, la victoire de la Gen Z contre 14 ans de pratiques autoritaires 

Elections législatives anticipées, Serbie 2026

© Aleksandar Jovicic, NurPhoto via AFP

Des dizaines de milliers de personnes célèbrent la victoire de la coalition d’opposition menée par des étudiants face au parti au pouvoir, place Slavija à Belgrade, en Serbie, le 26 octobre 2026

Au même moment, à l’autre bout du monde, en Serbie, la Gen Z célébrait une autre victoire inédite dimanche 25 octobre 2026 : la liste soutenue par le mouvement étudiant obtenait une majorité absolue au Parlement lors des élections législatives anticipées.

Cette victoire marque l’aboutissement d’une mobilisation citoyenne sans précédent de la Gen Z. En novembre 2024, l’effondrement de l’auvent dans la gare de Novi Sad avait provoqué la mort de seize personnes. Depuis, la jeunesse serbe dénonçait sans relâche la corruption généralisée, le manque de responsabilité des politiques et l’absence de justice et de transparence dans le pays.  

Cette victoire marque ainsi la fin de 14 ans au pouvoir du parti d’Aleksandar Vučić. Un pouvoir accusé par les manifestant·es et de nombreuses organisations de la société civile de favoriser un système marqué par la corruption, l’impunité et l’affaiblissement des contre-pouvoirs  

En Albanie, la « révolution des flamants roses » exige plus de transparence et de démocratie  

Mouvements Gen Z Albanie

© REUTERS/Florion Goga

Nouvelle mobilisation contre le gouvernement, après plusieurs semaines de manifestations contre un projet de complexe touristique de luxe soutenu par une société liée à Jared Kushner, le gendre du président américain Donald Trump, à Tirana, en Albanie, le 21 juin 2026.

En Albanie, les mouvements étudiants connaissent un regain ces derniers jours. Depuis mai 2026, la jeunesse albanaise porte un des mouvements de protestation les plus importants que le pays ait connu depuis des décennies : la « révolution des flamants roses ».  

Initialement opposée à un projet de tourisme de luxe dans une zone naturelle protégée du pays, la contestation s’est muée en un soulèvement généralisé contre la corruption, l’augmentation du coût de la vie, les dégradations des services publics et la classe dirigeante.  

Aujourd’hui, la Gen Z albanaise demande la démission du Premier ministre Edi Rama, au pouvoir depuis 13 ans. Elle descend presque quotidiennement dans les rues pour exiger plus de démocratie, plus de transparence, ainsi qu’un retour à l’état de droit.   

Mais depuis le mois d’octobre, la répression s’intensifie. De nombreuses personnes ont été arrêtées, la police a eu recours à la force et le premier ministre refuse de démissionner.  

En Inde, le « Parti des cafards » mobilisé contre les dérives autoritaires du pouvoir 

Mouvements Gen Z Inde

© Indranil Mukherjee, AFP

Des partisans du « Parti du peuple des cafards » participent à une manifestation pour réclamer la démission du président de la Commission électorale indienne, Gyanesh Kumar, en raison d’irrégularités présumées concernant les listes électorales à Mumbai, le 2 octobre 2026.

En Inde, de nouvelles mobilisations du mouvement étudiant se sont tenues en octobre 2026. La contestation est portée par le « Parti du peuple des cafards », un mouvement satirique apparu d’abord en ligne en mai 2026, qui s’est rapidement étendu à la rue.  

Née à la suite d’une fuite de sujets d’examens nationaux, la mobilisation était initialement axée sur l’accès à l’éducation et à l’emploi. Après deux mois de contestation, le mouvement a finalement entrainé la démission du ministre de l’Éducation en juillet 2026. 

Mais cela n’a pas suffi à faire décolérer les « cafards ». Aujourd’hui, le mouvement s’est mué en une contestation plus large contre la politique du gouvernement de Narendra Modi, ses dérives autoritaires et ses multiples attaques contre l’État de droit dénoncées par les manifestant·es.  

Au Chili, les jeunes mobilisé·es contre contre de possibles coupes dans l’éducation publique

Mobilisations étudiantes Chili 2026

© Lucas Aguayo Araos Anadolu via AFP

Des milliers de lycéens et d’étudiants sont descendus dans les rues de Santiago pour protester contre l’annonce faite par le nouveau président, José Antonio Kast, concernant la réduction des crédits alloués au système éducatif, à Santiago, au Chili, jeudi 26 mars 2026

Depuis son arrivée au pouvoir en mars 2026, le gouvernement de José Antonio Kast se heurte à une forte opposition de la jeunesse. En cause : la Gen Z refuse les politiques d’austérité, alors que la population est confrontée à une hausse du coût de la vie, un chômage important et des conditions de vie dégradées.  

Le 1er octobre 2026, à Santiago et dans plusieurs grandes villes du Chili, lycéen·nes et étudiant·es étaient aussi dans les rues pour demander de meilleures conditions d’enseignement, dénoncer les coupes budgétaires dans l’éducation et les politiques d’austérité du gouvernement.

En Argentine, le parti de Javier Milei sous la pression des étudiant·es 

Mobilisations étudiantes Argentine 2025

© Luciano Gonzalez via AFP

Des manifestants célèbrent l’annulation du veto budgétaire voté au Congrès à Buenos Aires, en Argentine, le 17 septembre 2025.

Même combat chez le voisin argentin. Depuis avril 2024, les étudiant·es argentin·es descendent dans la rue pour protester contre les coupes budgétaires drastiques dans le budget de l’enseignement.

Le 15 octobre 2026, une nouvelle et cinquième marche universitaire était organisée à Buenos Aires, la capitale. La mobilisation visait notamment à défendre l’université publique face aux politiques d’austérité.

Après avoir obtenu des avancées en matière de financement à la fin de l’année 2025, les étudiant·es argentin·es poursuivent leur mobilisation. Ils dénoncent le décalage entre les engagements annoncés et leur mise en œuvre effective, dans un contexte de fortes tensions autour du financement de l’enseignement supérieur. 

En Italie, une jeunesse mobilisée pour défendre ses droits

Mouvements Gen Z Italie

© Maurizio Orlando, Hans Lucas via AFP

Des manifestants brandissent une pancarte « On ne nous arrêtera pas ». Etudiants et travailleurs se sont joints aux mouvements sociaux à l’occasion d’une journée nationale de protestation contre la hausse du coût de la vie, les coupes budgétaires et les politiques menées par le gouvernement de la Première ministre Giorgia Meloni, dans le centre de Rome, en Italie, le 24 octobre 2026

Dans le sillage des mobilisations en France, l’Italie fait également face à la colère de sa jeunesse depuis début octobre 2026. À l’instar de leur voisin, les lycéen·nes et étudiant·es italien·nes demandent de meilleures conditions d’éducation. Les mobilisations ont été rejointes par les routiers et les agriculteurs qui dénoncent la vie chère et les coupes budgétaires décidées par le gouvernement de Meloni.  

Mais face à la colère des jeunes, les autorités ont déployé un dispositif sécuritaire d’ampleur. Elles ont aussi annoncé le durcissement des sanctions contre les manifestant·es accusé·es de violences, et l’instauration d’une responsabilité financière pour les parents. Une mesure qui fait tristement écho au projet loi « casseurs-payeurs » adopté par le Sénat en France le 27 octobre 2026.  

L’espoir de la génération Z 

Mouvement étudiants France 2026

© Aris Messinis, AFP

Un manifestant brandit le drapeau français tout en se protégeant d’un canon à eau lors d’une manifestation en faveur du pouvoir d’achat, de la protection des services publics et de la justice fiscale et sociale, à Paris le 24 octobre 2026, dans le cadre d’un appel à la mobilisation national rassemblant d’anciens membres du mouvement des Gilets jaunes, des syndicats, ainsi que des lycéens et des étudiants.

Partout dans le monde, des États qui adoptent des pratiques autoritaires cherchent à faire taire celles et ceux qui manifestent. Leur but ? Écraser la dissidence, pour éviter que les voix contestataires ne remettent en cause l’ordre établi.  

Mais descendre dans la rue et manifester pour ses droits sont de puissants leviers de changement. Face au rétrécissement de l’espace civique, au piétinement de nos droits les plus basiques, aux réponses violentes des forces de l’ordre, la Gen Z résiste.

Et dans le sillage des mobilisations qui ont secoué l’Asie et l’Afrique en 2025, les jeunes portent aujourd’hui l’espoir de changements concrets et d’un avenir plus juste en Europe.  

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