L’éducation aux droits humains est un pilier d’Amnesty International. Face aux dérives autoritaires et réactionnaires que l’on observe partout dans le monde, elle paraît aujourd’hui plus nécessaire que jamais. C’est pourquoi nous avons lancé un projet collectif, créatif et accessible : « Résistance : défendons nos droits avec l’éducation aux droits humains ». Objectif : donner envie à toutes et tous de s’engager durablement dans la défense des droits humains.
A quoi sert d’avoir des droits si on ne les connaît pas ? C’est à ce paradoxe que cherche à répondre l’éducation aux droits humains. Né dans le sillage de la Déclaration universelle des droits humains (1948), l’Education aux droits humains propose des activités pour aider chacun à mieux connaître ses droits, à comprendre ceux des autres et à apprendre à les respecter.
En formant un maximum de citoyens aux valeurs de liberté, d’égalité et de dignité, l’objectif est simple : faire émerger une société plus vertueuse, dans laquelle chacun se sent responsable du respect des droits humains autour de soi.
Qu'est-ce que l'éducation aux droits humains ?
L’Éducation aux droits humains est un processus pédagogique qui permet d’appréhender les droits humains de manière ludique et active. Elle vise à faire connaitre, comprendre, respecter et défendre les droits humains fondamentaux.
Ce processus au long cours s’adresse à toutes celles et ceux qui souhaitent construire un monde plus juste et plus respectueux des droits humains.
Une recommandation de l’Unesco
En 1974, l’Unesco adopte la Recommandation concernant l’éducation pour la compréhension, la coopération et la paix internationales et l’éducation relative aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Le texte précise que l’éducation doit mettre l’accent sur « la lutte contre le colonialisme et le néo-colonialisme sous toutes leurs formes et dans toutes leurs manifestations et contre toutes formes et variétés de racisme, de fascisme et d’apartheid ainsi que toutes autres idéologies qui inspirent la haine nationale ou raciale ». Un appel malheureusement toujours criant d’actualité. Dans ce texte, l’Unesco émet aussi le vœu que les principes de la Déclaration universelle des droits humains deviennent « partie intégrante de la personnalité de chaque enfant, adolescent, jeune ou adulte, à mesure qu’il s’épanouit ».
Un beau défi pour l’éducation aux droits humains.
Face à la montée des discours anti-droits
Mais cette vision est aujourd’hui mise à mal. Partout dans le monde, les discours de haine prolifèrent, les discriminations se renforcent et les droits fondamentaux sont attaqués. Le rôle des ONG et associations dans les établissements scolaires est de plus en plus contesté. Accusées pas ses détracteurs “d’endoctrinement idéologique” ou de “propagande”, elles font l’objet de restrictions grandissantes.
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Et la France ne fait pas exception : nous assistons depuis plusieurs années à l’émergence de discours et de pressions similaires, portés par des groupes qui n’hésitent plus à se revendiquer d’une idéologie anti-droits, issue de régimes autoritaires ou illibéraux.
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L’éducation aux droits humains n’a donc jamais semblé aussi nécessaire qu’aujourd’hui.
Une première édition prometteuse
C’est dans cette dynamique qu’Amnesty International France a créé le projet « Résistance : défendons nos droits avec l’éducation aux droits humains ». L’objectif : toucher un public le plus large et diversifié possible, sans limite d’âge. « On pense souvent à tort que l’éducation aux droits humains se cantonne au milieu scolaire, mais c’est une erreur. L’éducation aux droits humains peut concerner tous les territoires et tous les parcours de vie », explique Mishel Mantilla, chargée d’animation et de développement du réseau militant en éducation aux droits humains. Reprenant ainsi à son compte l’état d’esprit de la militante Eleanor Roosevelt pour qui les droits humains commençaient tout près de chez soi : le quartier où l’on vit, le collège où vont nos enfants, l’usine, la ferme ou le bureau où l’on travaille.
« Pour cette première édition, nous avons fait appel à tous les acteurs de notre réseau ainsi qu’à ceux de nos structures partenaires pour identifier de nouveaux lieux où nous n’avons pas l’habitude d’agir » reprend Mishel Mantilla.
37 séances de sensibilisation
Entre octobre 2025 et juin 2026
306 participants
à travers la France
Au total, entre octobre 2025 et juin 2026, ce sont 37 séances de sensibilisation qui ont été organisées sur le terrain par les militants auprès de 306 participants. Parmi eux, des apprentis de la Chambre de commerce et d’industrie d’Angers, des jeunes adultes en insertion professionnelle au sein de la Mission locale de Val-de-Reuil (Haute-Normandie), des adolescents en lycée pro à Martigues, des classes de maternelle dans le Finistère ou encore des élèves de seconde à Toulouse impliqués dans le projet « Robin des droits ».


Projets menés dans le cadre des ateliers « Résistance » à Metz (à gauche) et à Lille (à droite).
Nord : au service de femmes en parcours d’insertion
A Lille, 25 femmes âgées de 20 à 40 ans, la plupart en situation de précarité, ont participé à quatre séances autour de la découverte des droits fondamentaux avec un focus particulier sur les discriminations subies par les femmes. Le 1er avril, dans le cadre d’un stand animé par l’association d’insertion Prévention Culture Formation, les participantes ont pu présenter leur travail réalisé sous la forme d’affiches. Par ailleurs, elles ont également dessiné une carte de leur quartier en rebaptisant les rues avec des noms de personnalités engagées pour les droits humains. Un projet riche de sens et d’échanges qui sera reconduit dans les prochains mois pour continuer de cheminer sur la voie de l’émancipation.
Ouest : à la rencontre des publics éloignés
A Bressuire, nos militants ont proposé un parcours en trois temps à une dizaine d’habitants d’un foyer de jeunes travailleurs, aux profils sociaux et culturels très variés. Parmi eux, deux personnes réfugiées afghanes.
Après une première séance consacrée au vivre-ensemble, les participants ont pu travailler sur les notions de discriminations et de discours toxiques. Les professionnels du foyer ont largement salué l’initiative : « Le déroulé progressif a permis à chacun de comprendre au fur et à mesure les notions abordées. Nous sommes pleinement satisfaits de cette intervention qui a suscité de nombreuses réflexions chez les jeunes. » Fort du succès de cette première expérience, les militants envisagent maintenant l’organisation d’un « apéro-causerie » au sein d’un centre socioculturel en milieu rural.
Le cadre bienveillant instauré par les militants a offert à chacun la possibilité de s’exprimer sans jugement.
Est : les droits humains dès le plus jeune âge
A Metz, Mathilde, Angèlique, Joanne et Laura ont réalisé trois séances de sensibilisation dans une MJC auprès d’une trentaine d’enfants âgés de 3 à 12 ans.
Le choix de ce public s’est imposé naturellement : des enfants curieux, participatifs et souvent déjà sensibilisés à des thématiques comme les parcours migratoires. Au programme : créations d’art plastique, conte interactif et invention de poèmes. Leur capacité à comprendre les enjeux présentés, questionner et débattre a été une joie constamment renouvelée pour les militantes. « Leur sens de la justice, leur envie de participer et leur regard souvent très juste sur le monde m’ont marqué. On dirait presque qu’on désapprend tout cela en grandissant » témoigne Mathilde.
Centre : parcours créatif au cœur d’un lycée rural
A Ribérac, une soixantaine d’élèves de terminale du lycée Arnaut Daniel ont participé aux ateliers proposés par les militants d’Amnesty International.
Dès la première séance, les lycéens ont réalisé des podcasts individuels diffusés sur la webradio de leur établissement. Réunis en petits groupes, ils ont également conçu des slogans et haïkus, valorisés sous forme de panneaux ou de courtes vidéos. Lors de la dernière séance, les participants ont pu découvrir l’exposition « Ad-elle-phité » installée au CDI du lycée. Dans un contexte où certains établissements scolaires restent réticents à aborder des sujets jugés sensibles, ce projet illustre l’importance de créer des espaces d’échanges et de réflexion autour des droits humains.
A l’image de ces initiatives, nous vous proposons avec le projet « Résistance » d’agir – dans votre quartier, vos lieux de vie, vos associations… partout où il est essentiel de faire vivre nos valeurs. Rejoignez-nous pour préparer l’automne prochain pour la prochaine édition de « Résistance » !
Défendons nos droits avec l’Éducation aux droits humains !
Pour rejoindre le projet "Résistance", contactez la structure locale la plus proche. Aucune structure n’est disponible ? Écrivez-nous à [email protected]. Parce qu’ensemble, éduquer, c’est résister. Et qu’il est encore temps de construire une société plus juste et inclusive !
