L’année 2025 a été marquée par des reculs alarmants pour les droits et libertés des personnes LGBTI+. Mais face à l’offensive des mouvements anti-genre et masculinistes partout dans le monde, la résistance s’organise. En France, cette année, plus de 100 marches sont organisées sur tout le territoire. Un record, qui rappelle l’urgence de ce combat. Comme chaque année, nous marcherons pour défendre les droits LGBTI+, rejoignez-nous !
Le 28 juin 1970, la première marche des fiertés LGBTI+ au monde se tenait aux Etats-Unis. L’événement célébrait le premier anniversaire des émeutes de Stonewall, à New York. Un an plus tôt, la communauté LGBTI+ du Stonewall Inn était violemment réprimée par la police. À l’époque, des lois exigent qu’hommes et femmes portent des vêtements « correspondant » au genre indiqué sur leurs papiers d’identité. L’endroit est alors coutumier de descentes de police. Mais cette fois, ça ne passe pas. S’en suivent alors six jours d’émeutes.
56 ans après, les marches de fiertés sont devenues une célébration internationale pour défendre les droits des personnes LGBTI+ partout dans le monde. Aujourd’hui, elles continuent d’être un combat plus que jamais d’actualité.
Car malgré des avancées notoires, les personnes LGBTI+ subissent toujours une répression accrue. Arrestation, chantage, extorsion, stigmatisation, discrimination, violence voire peine de mort… Les personnes LGBTI+ sont encore confrontées à de nombreuses violations de leurs droits partout dans le monde.
Ces constats s’inscrivent dans un contexte politique international de plus en plus polarisé. Partout, les attaques des mouvements « anti-genre » se multiplient. Avec un objectif : revenir sur des décennies de progrès pour les droits et libertés LGBTI+. Face à cette offensive , il est plus urgent que jamais de résister.
2025, année noire pour les personnes LGBTI+
Les offensives anti-LGBTI+ ont redoublé dans le monde en 2025. Ce sont les constats de notre dernier rapport annuel 2025-2026. Au total, 65 Etats de l’ONU criminalisent les actes sexuels consentis entre personnes de même sexe selon l’ILGA. Un chiffre en augmentation, pour la première fois depuis près d’une décennie.
Le retour du président américain Donald Trump à la Maison-Blanche en 2025 a marqué un tournant. Sa croisade contre le genre a été redéployée avec fracas, en ciblant particulièrement les personnes trans. Donnant ainsi une résonance mondiale aux mouvements anti-genre partout ailleurs.
En Hongrie et en Slovaquie, la haine a été institutionnalisée. Dans ces deux pays, le Parlement a modifié la constitution pour ne reconnaitre que deux genres : masculin et féminin. Niant ainsi les identités transgenres, non-binaires et intersexes.
Au Burkina Faso, une nouvelle loi a érigé en infraction les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexe. Au Canada, au Paraguay, au Pérou et à Porto Rico, des lois ou des politiques restrictives en matière de droits des personnes transgenres ont été appliquées.
En Chine, un certain nombre de plateformes en ligne, de sites Internet et de forums de discussion se conformaient aux directives de l’État en matière de censure et bloquaient les discussions individuelles ou de groupe sur les droits des personnes LGBTI et des femmes.
Enfin, dans de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, des personnes ont été arrêtées et poursuivies en raison de leur orientation sexuelle ou de leur identité de genre. Certaines se sont vu infliger de lourdes peines pour avoir eu des relations sexuelles consenties avec des personnes de même sexe.
En Hongrie, 16 ans de haine anti-LGBTI+
Interdiction du mariage entre personnes de même sexe, interdiction pour les couples de même sexe d’adopter des enfants, interdiction du changement de sexe dans l’état civil, sévère restriction de la représentation des identités LGBTI+ dans la vie publique… Pendant 16 ans, Viktor Orbán n’a cessé de restreindre les droits et les libertés des personnes LGBTI+.
En 2025, les autorités hongroises adoptaient une nouvelle loi visant à interdire les marches des fiertés dans le pays. La loi prenait effet seulement un mois et demi avant le 30e anniversaire de la Budapest pride, le 28 juin 2025. Une attaque, symptomatique de la répression contre les personnes LGBTI+ dans le pays.
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Les élections législatives d’avril 2026 ont marqué la fin de l’ère Orban. Depuis l’enseignant en langue roms et défenseur des droits humains Géza Buzás-Hábel était toujours sous le coup de poursuites, pour avoir organisé une Pride à Pécs en octobre 2025. Le 4 juin 2026, toutes les charges contre lui ont finalement été abandonnées par la justice hongroise. Vous avez été plusieurs milliers en France à soutenir notre mobilisation en faveur de Géza. Une bonne nouvelle, qui prouve une fois de plus la force de la mobilisation collective. Merci pour votre soutien !
Liberté, égalité, fiertés : l’urgence de marcher pour nos droits
En France aussi, la discrimination et les violences à l’encontre des personnes LGBTI+ augmentent. En 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré 4 900 infractions anti-LGBTI+. Cela correspond à une augmentation de 2% sur un an, après une hausse de 13% par an sur la période 2016-2024. Sur l’ensemble de ces infractions, 64% sont des crimes ou des délits et sont en hausse de 4% sur un an.
Mais face à l’offensive anti-droit, la résistance s’organise. Cette année, 113 Prides sont organisées partout en France. Un record, qui rappelle l’urgence de défendre l’égalité de tous et toutes sans distinction fondée sur l’orientation sexuelle, l’identité de genre, ou les caractéristiques sexuelles.
Depuis des années, les militant·es d’Amnesty International France se mobilisent. Cette année, nous sommes présent·es à 75 marches des fiertés dans toute la France. Au mois de juin, nous marcherons à Tours, à Bourges, à Cean, à Narbonne, à Rennes ou encore à Grenoble. Le 28 juin 2026, nous marcherons à Paris.
La lutte pour le respect des droits des personnes LGBTI+ en France et à l’étranger est au centre de notre combat. Elle doit être au cœur de l’action publique. Les droits humains ne se négocient pas. C’est notre devoir à toutes et à tous de les défendre.
marches des fiertes 2026 : ou nous retrouver ?
C’est le mois des fiertés ! Chaque année, les militant·es d’Amnesty International France se mobilisent partout en France pour défendre les droits des personnes LGBTI+. Cette année, nous serons présent·es à 75 marches des fiertés !
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