En raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leurs caractéristiques biologiques, les personnes LGBTI+ sont menacées, stigmatisées, réprimées. De nombreux stéréotypes et préjugés circulent à leur encontre partout dans le monde comme en France. Pour protéger leurs droits et libertés, il est essentiel de s’informer et de déconstruire ces stéréotypes.
Pour déconstruire les stéréotypes et préjugés à l’encontre des personnes LGBTI+, il faut d’abord comprendre de quoi l’on parle. Que recouvre le sigle LGBTI+ ? Quelles différences entre orientation sexuelle, identité de genre, expression de genre ? Quelles sont les discriminations auxquelles est exposée la communauté LGBTI+ ? Que dit le droit international ?
Pour répondre à toutes vos questions, nous publions un nouveau Livret pédagogique « Agir face aux discours LGBTIphobes ». Un outil d’auto-formation essentiel pour comprendre les droits des personnes LGBTI+, déconstruire les discours LGBTI+, et mieux agir en allié·es auprès des personnes LGBTI+.
Que signifie le sigle « LGBTI+ » ?
- L pour lesbienne : une personne lesbienne est une femme qui a une attirance sexuelle et/ou romantique pour d’autres femmes.
- G pour gay : une personne gay est un homme qui éprouve de l’attirance sexuelle et/ou romantique pour d’autres hommes. Depuis une trentaine d’années, ce mot anglais est utilisé aux quatre coins du monde pour désigner les personnes homosexuelles. En France, il désigne spécifiquement les hommes homosexuels.
- B pour bisexuel·le : les personnes bisexuelles éprouvent de l’attirance sexuelle et/ou romantique pour plus d’un genre (homme, femme, non-binaire…). Ces personnes peuvent avoir une préférence pour un ou plusieurs genres, et cette préférence peut évoluer dans le temps. Cette orientation sexuelle est à distinguer de la pansexualité, qui est une attirance sexuelle non limitée par le genre.
- T pour trans : Une personne transgenre, ou trans, est une personne qui n’a pas le même genre que celui qui lui a été assigné à la naissance sur la base de son sexe biologique. (Cisgenre : une personne qui se reconnait dans le genre qui lui a été assigné à la naissance selon son sexe biologique).
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- I pour intersexe : Les personnes intersexes ont des caractéristiques sexuelles (les caractères sexuels primaires, secondaires, les chromosomes XX ou XY et/ou les taux hormonaux) qui ne correspondent pas aux définitions binaires des corps masculin ou féminin.
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Que signifie le « + » dans LGBTI+ ?
Si ils sont regroupés sous un même sigle, ces termes recouvrent des réalités bien différentes. De nombreuses personnes ne s’identifient dans aucune de ces catégories. Le « + » regroupent celles qui ne s’identifient pas dans les normes hétérosexuelles ou binaires masculin/féminin. Quelques exemples :
- Non-binaire : une personne non-binaire est une personne qui s’identifie en dehors du modèle binaire homme / femme. La non-binarité est une expression parapluie, il existe d’autres termes pouvant être utilisés pour préciser son genre : agenre, bigenre, etc.
- Asexualité : orientation sexuelle qui se définit par une absence d’attirance sexuelle. Les personnes asexuelles éprouvent peu ou pas d’attirance sexuelle.
- Pansexualité : orientation sexuelle des personnes qui éprouvent de l’attirance sexuelle et/ou romantique envers des personnes indépendamment de leur genre. Certaines personnes pansexuelles décrivent leur orientation sexuelle en disant qu’elles sont attirées par la personne elle-même et pas par son genre, ou encore qu’elles sont attirées par une certaine énergie. Le genre n’est pas un facteur qui intervient dans la façon dont ces personnes sont attirées par d’autres.
- Queer : Mot tiré de l’anglais signifiant « étrange » et utilisé initialement comme injure envers les personnes LGBTI+. Aujourd’hui, il est revendiqué par les personnes qui ne souhaitent pas se (voir) définir par les catégories traditionnelles normatives de genre et d’orientations sexuelles, notamment cisgenres et hétérosexuelles. La pensée queer remet ainsi profondément en cause les schémas et normes sociales binaires (homme/ femme, homosexuel·le / hétérosexuel·le).
Orientation sexuelle, identité de genre, expression de genre : quelle différence ?
- L’orientation sexuelle représente l’attirance sexuelle et/ou romantique qu’une personne peut avoir envers d’autres du même sexe ou non (homosexuel·le ou hétérosexuel·le, par exemple)
- L’identité de genre désigne le sentiment intime, profond et personnel d’appartenir à un groupe social genré : le groupe des hommes, le groupe des femmes, ou le groupe des personnes non binaires. L’identité de genre est une expérience propre à chacun·e et est indépendante du sexe biologique.
- L’expression de genre : renvoie à la façon dont une personne choisit d’exprimer extérieurement son genre, en ayant recours à des comportements, des rôles, des esthétiques. Une personne qui ne se conforme pas aux attentes sociétales en matière de genre peut toutefois ne pas s’identifier comme trans et/ou non-binaire.
- Le sexe biologique renvoie aux attributs biologiques de l’être humain : il comprend principalement les organes sexuels primaires (génitaux) et secondaires, les chromosomes et les hormones. Si on a tendance à considérer que le sexe est binaire, et que chaque personne tombe soit dans la catégorie mâle, soit dans la catégorie femelle, en réalité 1,7 % de la population est intersexe.
Que représentent les nouvelles couleurs du « drapeau LGBT » ?
Vous connaissez sans doute le drapeau arc-en-ciel créé en 1978 : il est l’un des symboles du mouvement LGBTI+ les plus connus à travers le monde. Mais ce drapeau est en constante évolution pour être de plus en plus inclusif et représentatif de toutes les diversités de la société.
© Allison Dinner / AFP
Un drapeau LGBTI+ lors de la marche de Santa Monica Boulevard de Los Angeles, California, avril 2023.
En 2017, les organisateurs de la marche des fiertés de Seattle reprennent le drapeau arc-en-ciel traditionnel de 1978 et le surmontent de trois bandes blanche, rose et bleue pour représenter la transidentité, ainsi que deux bandes marron et noires pour symboliser les personnes queer racisées et l’antiracisme. En 2021, ce drapeau est à nouveau enrichi par l’ajout du symbole et des couleurs des personnes intersexes.
Quelles sont les violations auxquelles sont confrontées les personnes LGBTI+ ?
Arrestation, chantage, extorsion, stigmatisation, discrimination, violence physique ou verbale, harcèlement en ligne, meurtre… Malgré des avancées notoires ces dernières années les personnes LGBTI+ continuent de subir une répression accrue partout dans le monde.
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63 Etats
de l’ONU criminalisent encore les rapports sexuels entre personnes de même sexe.
6 Etats
de l’ONU seulement ont adopté des lois interdisant les traitements médicaux et les chirurgies pour les personnes intersexes mineures sans leur consentement.
12 pays
rendent passibles de peine de mort les relations homosexuelles
Portées par des mouvements anti-genre de plus en plus virulents, des législations toujours plus régressives ciblent les personnes LGBTI+. Les personnes trans, en particulier, sont confrontées à une multiplication des violences, à une stigmatisation accrue et à de nombreuses violations de leurs droits.
stop aux thérapies de conversion
Au-delà des Etats, ce sont aussi des acteurs privés qui répriment ces expressions, notamment au travers de thérapies de conversion. Illégales en France, ces thérapies considèrent les personnes LGBTI+ comme malades. Nous considérons ces pratiques comme des actes de torture. Et malgré une mobilisation de plus d’un million de personnes au sein de l’Union européenne, la Commission européenne a renoncé à les interdire à l’échelle européenne en mai 2026.
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Accepter les cookiesVidéo : Comprendre les discriminations envers les personnes LGBTI avec Julien Ménielle (Dans Ton Corps)
Que dit le droit international ?
Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), les personnes LGBTI+ « ont le droit de jouir des protections offertes par le droit international des droits humains ».
De la même manière qu’il n’existe pas de droits spécifiquement fondés sur l’identité et l’expression de genre, il n’existe pas non plus de droits humains spécifiquement « fondés sur le sexe ». En effet, les droits des personnes LGBTI+, ne sont pas des droits nouveaux ou des droits spécifiques.
Il s’agit des mêmes droits fondamentaux appliqués à toutes et tous : droit à la vie, droit à la liberté d’expression et de manifestation, droit à ne pas être discriminé, droit à ne pas subir de torture, droit à l’intégrité physique et mentale…
En 2006, les principes de Yogyakarta entérinent cette vision en proposant une liste de droits, inspirés de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et axés sur les droits et libertés liés à l’orientation sexuelle et identité de genre.
Des avancées pour les personnes trans
En 1992, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a reconnu que le refus de la part d’un État d’autoriser les personnes transgenres à changer les indicateurs de genre sur leurs papiers officiels constituait une violation de la Convention européenne des droits de l’homme. Plus récemment en 2025, la Cour de justice de l’Union Européenne (CJUE) a rendu facultatif la collecte de données sur l’identité de genre d’une personne dans des formulaires. C’est une belle avancée !
Que fait Amnesty International pour défendre les personnes LGBTI+ ?
Face aux nombreuses violations des droits dont sont victimes les personnes LGBTI+, Amnesty International se mobilise.
Nous menons de nombreuses recherches et enquêtes à travers le monde pour mettre au jour et dénoncer ces violations. Nous menons un plaidoyer auprès des responsables politiques nationaux et internationaux pour exiger le retrait des lois et politiques et répressives.
Nous menons également de nombreuses campagnes pour alerter le plus grand nombre et pousser les personnes à agir à nos côtés. Et chaque année, Amnesty International France se mobilise à l’occasion du mois des fiertés, en participant à des marches sur tout le territoire !
Enfin, nous sensibilisons également à travers l’éducation aux droits humains, en proposant des outils pédagogiques et des formations pour vous aider à agir contre les discours toxiques et les discriminations !
Les définitions et terminologies contenues dans cet article ne sont ni complètes ni fixes, il s’agit d’éléments évolutifs. Elles peuvent significativement varier en fonction des contextes sociaux, culturels et historiques.
Agir
En France, les associations féministes et LGBTI+ sont menacées, discriminées, effacées. Pourtant, elles mènent une mission essentielle d’accès aux soins et à l’information. Il est urgent de les protéger !
