Des femmes attendent une distribution de nourriture du Programme alimentaire mondial de l'ONU à Kaboul, Afghanistan
© Hector RETAMAL / AFP

Interdiction de se déplacer librement, d’aller à l’école au-delà du primaire, d’exercer de nombreux métiers ou de participer à la vie politique… En Afghanistan, des milliers de femmes et de filles subissent une répression généralisée depuis le retour des talibans au pouvoir, en août 2021. Face à cette réalité, il est urgent de protéger leurs droits fondamentaux. 

En Afghanistan, durant une vingtaine d’années, une génération de femmes et de filles avait pu avoir accès à un minimum d’éducation, à un travail dans la fonction publique ou même à la direction de sociétés privées. Depuis le retour des talibans au pouvoir le 15 août 2021, ce temps est révolu : une parenthèse d’espoir s’est brutalement refermée pour des milliers de femmes et filles afghanes. 

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Vidéo : Les femmes prises pour cible en Afghanistan

Les femmes, citoyennes de seconde zone

Sur place, les femmes et les filles ont été reléguées au rang de citoyenne de seconde zone. Via des décrets, des directives et des décisions répressives et discriminatoires adoptées par les autorités talibanes de facto, les femmes ont été effacées de l’espace public et réduites au silence. Dans notre rapport “La guerre des Talibans contre les femmes” publié deux après le retour des Talibans au pouvoir, nous revenons point par point sur les violations des droits humains subies par ces milliers de femmes et de filles. 

Le mariage des enfants légalisé 

Le 14 mai 2026, un nouveau décret venait encore durcir leurs conditions de vie, en légalisant le mariage des enfants. Les dispositions du texte appellent à interpréter le silence d’une fille ayant atteint l’âge de la puberté comme un consentement. Pendant ce temps, les pouvoirs accordés aux hommes pour arranger les mariages de mineures sont encore étendus. Et la capacité des femmes à contester ce type d’unions est considérablement restreinte.  

L’effondrement de l’état de droit 

En cinq ans, le système judiciaire s’est effondré au profit d’un système fondé sur la religion. Les institutions qui servaient autrefois à protéger les droits des femmes ont été démantelées. Résultat, elles n’ont quasiment plus aucun accès à la justice ni à des recours effectifs. Quant aux femmes qui occupaient auparavant des fonctions de juges, procureures et avocates, elles ont été démises de leurs fonctions et forcées à l’exil. 

Fuir au péril de sa vie

À cause de la répression généralisée et des discriminations croissantes à l’égard des femmes et des filles dans le pays, certaines tentent de fuir au péril de leur vie. Mais rares sont celles qui parviennent à se rendre dans les pays limitrophes comme l’Iran et le Pakistan. Et quand c’est le cas, elles s’exposent à de nouvelles violences : vagues d’arrestations, harcèlement des autorités locales, renvois de force en Afghanistan.  

Les Afghanes en résistance  

Malgré la répression généralisée, malgré les interdictions, les Afghanes résistent. Elles contribuent à documenter les violations des droits dont elles sont victimes. Elles continuent d’alerter les ONGs et de diffuser l’information pour que le monde ne détourne pas le regard. Elles bravent les interdit malgré les risques.

Enfin, elles créent des écoles clandestines pour permettre aux jeunes filles d’accéder à une éducation et pour offrir un avenir meilleur aux prochaines générations.  

En France, l’inaction malgré les promesses

En décembre 2023, le gouvernement français annonçait au Global Forum for Refugees, une initiative de réinstallation pour les femmes et les filles réfugiées vulnérables. Par la suite, à de nombreuses reprises les autorités françaises ont renouvelé leur promesse de rester aux côtés des filles et des femmes afghanes. Elles ont cependant failli à leurs obligations et à ces promesses, ne délivrant des visas qu’au compte-goutte. 

Cinq ans après, les Afghanes plongées dans l’oubli malgré des avancées 

Ces dernières années, des avancées laissaient entrevoir un espoir pour les Afghanes : 

  • Le 11 juillet 2024,la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) a reconnu l’appartenance de l’ensemble des femmes afghanes à un groupe social susceptible d’être protégé comme réfugié. Cette décision devait faciliter la protection de l’ensemble des femmes afghanes ayant fui les persécutions en Afghanistan et qui demandent l’asile en France. En pratique, à cause de l’inaction politique, peu de femmes Afghanes peuvent en bénéficier.   
  • En octobre 2024, la Cour de Justice de l’Union européenne avait permis aux femmes et aux filles afghanes de pouvoir prétendre au statut de réfugié au sein de l’Union européenne « uniquement sur la base de leur sexe et nationalité ». Un pas supplémentaire de franchi par rapport à la décision de la CNDA pour faciliter leur protection.  
  • Puis en janvier 2025, des mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale ont été émis à l’encontre de deux responsables talibans, accusés de crime contre l’humanité pour violation systématique des droits fondamentaux des filles et femmes du pays. Une avancée pour la justice et pour ces femmes à qui les talibans ont retiré le droit d’exister, de chanter, de vivre. 

Mais cinq ans après la prise de pouvoir par les Talibans, l’Afghanistan s’efface peu à peu du débat public. Les Afghanes sont toujours plongées dans le cauchemar et l’oubli. Pire, les Talibans réapparaissent dans certains espaces diplomatiques, comme à Bruxelles en juin 2026. Au côté d’autres organisations, nous nous sommes mobilisés pour exiger de l’Union européenne qu’elle ne coopère en aucune manière avec les talibans, en particulier pour faciliter le renvoi d’Afghans dans leur pays.   

Nous demandons que la communauté internationale prenne des mesures concrètes pour reconnaître l’« apartheid de genre » en tant que crime de droit international. Cela commence notamment par l’adoption de la Convention des Nations unies sur les crimes contre l’humanité, actuellement en cours de négociation.  

Notre combat 

Ces dernières années, nous nous sommes battu·es sans relâche pour les droits des femmes et des filles en Afghanistan.

Une pétition pour soutenir les femmes afghanes

Vous êtes 148 000 à avoir signé notre pétition pour demander à Emmanuel Macron de faciliter la délivrance de visas pour les femmes afghanes en exil. Après des mois de campagne, nous avons remis cette pétition le 20 juin 2024 à l’Élysée. Merci !

Notre action lors de l'Assemblée générale d'Amnesty Internationale France 2024 pour célébrer les 148 000 signatures en soutien aux femmes afghanes.

Une centaine d’actions pour faire entendre les voix des femmes afghanes en France

Pendant des mois de campagne, les voix des femmes afghanes ont occupé l’espace public à travers une centaine d’actions et événements organisées nos militants et militantes. Ensemble, nous avons scandé “Tous⸱tes Afghanes” lors des marches du 25 novembre et du 8 mars pour les droits des femmes.

Plus de 30 projections débats du documentaire “Afghanes” de Solène Chalvon-Fioriti ont été organisées par nos groupes aux quatre coins de la France. 

A leurs côtés, les militantes afghanes, Shakiba, Mursal, Shabnam, Sadaf, Simin, Raha, Marwa et bien d’autres, ont pu faire entendre les voix des femmes afghanes en France, et transmettre leur courage et leur espoir.

No Woman’s land : une exposition sur la vie des femmes et des filles afghanes 

L’exposition « No Woman’s Land. Un regard intime sur la situation des droits des femmes en Afghanistan » restitue le remarquable travail documentaire réalisé par la photographe Kiana Hayeri et la chercheuse Mélissa Cornet – lauréates de la 14e édition du Prix Carmignac du photojournalisme dont nous sommes partenaires. De janvier à juin 2024, ont parcouru sept provinces de l’Afghanistan et rencontré des centaines de femmes et de filles afghanes pour enquêter sur les conditions de vie imposées aux femmes et aux filles par les talibans. 

Des rencontres avec les responsables politiques et institutionnels français 

En juin 2024, nous avons été reçu⸱es par le ministère des Affaires étrangères, afin que Zaman Sultani, le chercheur d’Amnesty International sur l’Afghanistan et Mursal Sayas, journaliste et autrice militante afghane, puissent exposer la situation et nos demandes. Celles-ci ont été envoyées aux autorités françaises ainsi qu’à plus de cent parlementaires. 

Des lieux interdits aux femmes

Imaginez un instant que certains espaces publics vous soient interdits simplement parce-que vous êtes une femme… Inconcevable, effrayant, impossible, n’est-ce pas ? Malheureusement, c’est le quotidien des femmes en Afghanistan. Nous avons donc donné un bref aperçu de cette réalité en faisant vivre cette interdiction à des passant·es dans un parc à Paris. Les réactions sont éloquentes. ?

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Vidéo : Un parc interdit aux femmes à Paris – Caméra cachée

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