Action d'Amnesty International France devant l'ambassade de Turquie le 19 juillet
© Colin Poiraut

Alors que certains pays européens commencent à demander la libération du président, de la directrice générale d’Amnesty Turquie et des défenseurs des droits humains, nous étions une nouvelle fois devant l’ambassade de Turquie en France pour nous faire entendre.

Pendant 2 heures, nous avons tenté de négocier avec l’ambassade pour remettre les pétitions pour la libération de Taner Kiliç et d’Idil Eser, président et directrice d’Amnesty International en Turquie, ainsi que les 9 défenseurs arrêtés le 5 juillet dernier.

Nos pétitions refusées mais notre message entendu

Las. L’ambassade a refusé de recevoir une délégation et de prendre les boites de pétition des 110 000 signataires en France à ce jour. Elles seront donc remises par voie postale.

Mais notre message a été largement entendu par les deux heures de discours, de lectures et de slogans inlassablement répétés par nos militants présents sur place.

Notre mobilisation ne fait que commencer. Elle continuera de s’amplifier dans les jours, semaines et mois à venir et ne s’arrêtera qu’à leur libération.

Opération choc d'Amnesty International devant l'ambassade de Turquie.

Posted by franceinfo vidéo on Wednesday, July 19, 2017

Pour l’heure, notre mobilisation doit se poursuivre en demandant aux autorités françaises et européennes de dénoncer clairement et publiquement ces arrestations arbitraires. Si elles ne le font pas maintenant pour ces défenseurs des droits humains, alors il est à craindre qu’il ne restera bientôt plus une voix pour défendre les innombrables victimes de violations des droits humains en Turquie.

Indignation internationale

Après le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et les rapporteurs spéciaux des nations unies, c’est l’Allemagne, par la voix de sa chancelière, qui a montré l’exemple. Elle a qualifié dans un communiqué d’inacceptables ces arrestations, et a exigé des autorités turques leur libération immédiate. Elle a annoncé que l’ambassadeur de Turquie serait convoqué pour évoquer le sujet.

D’autres, comme les États-Unis, l’Autriche et la France, ont aussi appelé à leur libération.

La France a ainsi appelé, lors d’un point presse par la voix du porte-parole du ministère des affaires étrangères, à leur « libération rapide ». Une position allant dans le bon sens mais qui doit être portée au plus haut niveau, par le président de la République ou le Ministre des affaires étrangères.

Le 25 juillet prochain, Federica Mogherini, haute-représentante aux affaires étrangères de l’’Union européenne, rencontrera à Bruxelles les autorités turques.

Il est essentiel que d’ici là, les gouvernements de l’Union européenne et ses institutions aient pris des positions fortes et claires sur le sujet.

Il est tout aussi essentiel de demander à Federica Mogherini de s’exprimer sur le sujet lors de cette rencontre.

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