La Floride, État à forte communauté latino, est devenue l’un des laboratoires de la politique anti-immigration de Donald Trump. Ici, la police de l’immigration (ICE) opère partout : dans les supermarchés, devant les écoles, aux portes des hôpitaux. La peur au ventre, des familles immigrées n’osent plus sortir, à peine parler. Leur plus grande peur : être arrêtées et séparées de leurs enfants. Dans le sud de Miami, une femme tente de les protéger : Nora Sandigo qui depuis trente ans vient en aide aux familles immigrées. C’est elle qui nous a permis de rencontrer une famille, dont le père a été arrêté par l’ICE. Voici leur vie, sous Trump.
Série « Ma vie sous Trump » – épisode 6/6 : Chaque mois, nous donnons la parole à celles et ceux qui, aux États-Unis, subissent l’offensive anti-droits de l’administration Trump
« S’ils arrêtent mon père ou ma mère, tu voudras toujours t’occuper de nous ? ». Au bout du fil, un adolescent en panique. Nora Sandigo, la voix calme, le rassure : c’est sa tutrice légale aux États-Unis. S’occuper des enfants, elle le fait depuis 30 ans. Cette Nicaraguayenne de 60 ans, naturalisée américaine, a plus de 700 enfants sous sa protection. Depuis 2006, avec sa fondation – Nora Sandigo Children Foundation – elle vient en aide aux familles immigrées en devenant la tutrice légale des enfants dont les parents ont été expulsés ou risquent de l’être. À Miami, on la surnomme « la gran madre » (la bonne mère). « Ma vie est au service de celle des autres », dit-elle comme une évidence.
Avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, les opérations de la police de l’immigration (ICE, Immigration and Customs Enforcement) se sont considérablement intensifiées. Donald Trump a fait de l’ICE son bras armé pour traquer, partout, les personnes étrangères. Depuis, le téléphone de Nora n’arrête pas de sonner : « Je reçois près de vingt appels par jour de familles désespérées » Elle marque une pause. « Du jamais vu » Terrorisés d’être arrêtés et d’être séparés de leurs enfants, des parents appellent Nora pour lui confier la garde de leurs enfants, au cas où. En tant que tutrice légale, elle peut accompagner les enfants chez le médecin, les conduire à l’école, les représenter légalement. Si un jour les parents sont arrêtés, c’est elle qui prendra en charge les enfants et subviendra à leurs besoins. En 2025, le nombre d’enfants placés sous sa tutelle a dépassé celui de toutes les années précédentes.
Face à ce qu’elle décrit comme « le moment le plus sombre de l’histoire de l’immigration aux États-Unis », Nora voit le quotidien des familles bouleversé. Elle nous raconte cet appel d’une mère désemparé : son fils faisait une crise de panique. Il avait aperçu, depuis la fenêtre de leur maison, une voiture qu’il ne connaissait pas dans le quartier. Il pensait que c’était ICE. Nora est arrivée en quelques minutes, toujours prête à rassurer, écouter, parler. Le suivi psychologique fait partie intégrante de son travail.
Nora Sandigo devant sa maison à Miami © Marco Bello
« Des familles ont tellement peur qu’elles n’osent même plus parler ». Chaque dimanche, Nora reçoit plusieurs familles dans sa fondation, dans le sud de Miami. Elle les réunit, fait venir des médecins et des psychologues pour recueillir la parole des enfants. Un espace de confiance, de respiration, peut-être le seul où les familles peuvent un peu baisser la garde. C’est là qu’elle nous a présenté Maria.
« Je vis avec la peur d’être arrêtée devant mes enfants »
Maria, 35 ans, est originaire du Guatemala. Elle passe l’après-midi chez Nora, qui est devenue la tutrice légale de ses deux enfants : Alma, 11 ans, née au Guatemala et Alex, 5 ans, né aux États-Unis. Maria vit en Floride depuis huit ans. Sans-papiers, elle élève ses enfants seule désormais. Son mari, Roberto, le père des deux enfants, a été arrêté par l’ICE.
29 septembre 2025. Ce matin-là, comme tous les lundis, Roberto part tôt. Il travaille dans le bâtiment. Ses chantiers sont à une heure de route de la maison. Depuis quelques semaines, il change ses trajets, fait des détours, évite certains axes, par crainte de croiser l’ICE. Mais ce matin-là, la police de l’immigration est sur sa route. Roberto est embarqué. Il a juste le temps de passer un appel : « Me agarraron con migración » (« L’immigration m’a attrapé »). La ligne se coupe, Maria est au bout du fil : « J’ai ressenti une douleur impossible à décrire »
Il est 6h30 du matin quand elle apprend l’arrestation de son mari. « Ma fille dormait encore quand son père a été arrêté » Elle attend que sa fille se réveille, prépare le petit déjeuner, l’accompagne à l’école. Elle ne dit rien. Pas encore. Elle ne veut pas perturber sa journée. Maria attendra son retour de l’école pour lui annoncer que son père a été arrêté.
« J’allais au parc avec mon père, je n’y vais plus »
Alma, 11 ans, est en CM2. Elle vivait simplement sa vie d’enfant, jusqu’à ce dernier lundi de septembre. Elle nous parle depuis le canapé de Nora, téléphone à la main, en visio sur Whats app : « Jamais je n’aurais imaginé l’arrestation de mon père. J’avais une vie tranquille ». Elle parle peu, choisit ses mots, contient son émotion. « Depuis qu’ils ont arrêté mon père, ma vie n’est plus la même » Derrière la pudeur de chacun de ses mots, l’amour immense qu’elle porte à son père : « C’est un père formidable » dit-elle. Elle raconte leurs rituels de famille : les balades et les jeux dans le grand parc de Miami, leur sortie dans son restaurant préféré le ‘China Buffet’. « C’est mon père qui nous emmenait ». Maintenant, ils n’y vont plus.
Quand on lui demande comment elle se sent, elle marque un silence et répond avec pudeur : « Estoy bien » («Je vais bien »). Dans son école, d’autres élèves ont eu un parent arrêté. Mais Alma préfère ne pas en parler, même à ses amis. « Je ne veux pas revivre une nouvelle fois ce que j’ai ressenti quand ils l’ont arrêté. »
Depuis l’arrestation de son père, Alma pose en boucle la même question à sa mère : « Et si un jour ils t’arrêtent Maman, qu’est-ce qui va nous arriver ? » Malgré le risque d’être arrêtée, Maria a fait le choix de continuer d’accompagner sa fille à l’école tous les matins. D’autres familles ont fait un choix différent : leurs enfants restent à la maison avec des cours en ligne. Maria ne veut pas de ça pour Alma. La matière préférée de sa fille, c’est l’éducation physique. Le parc, c’est fini mais à l’école, au moins, elle peut encore souffler un peu, courir, être une enfant.
Après l’appel furtif de son mari passé au moment de son arrestation, Maria n’a plus eu aucune nouvelle de lui. Elle a passé ses journées à éplucher les registres des centres de détention de l’ICE. Rien. Roberto n’y figurait pas. Trois jours sont passés avant que Roberto ne finisse par l’appeler : il avait été envoyé à «Alligator Alcatraz», un centre de détention créé à la hâte en juin 2025 par l’État de Floride, financé par l’administration Trump, sans aucun registre officiel de détenus.
Notre enquête sur les centres de détention en Floride
Nos équipes ont enquêté sur deux centres de détention en Floride : Alligator Alcatraz, où Roberto a été détenu pendant un mois, et Krome. Contrairement à Krome, géré par l’ICE, Alligator Alcatraz est administré par l’Etat de Floride et a été créé par le financement de l’administration Trump. Aucun registre n’y est tenu. Quand une personne y est envoyée, sa famille n’a aucun moyen de le savoir. Pendant trois jours, Maria ne savait pas où était son mari, il n’apparaissait dans aucun registre de l’ICE.
Nos équipes ont essuyé un refus pour entrer à Alligator Alcatraz mais elles ont pu entrer dans le centre de Krome où elles ont pu parler à d’anciens détenus d’Alligator. Leurs témoignages décrivent des conditions inhumaines et insalubres. Ils sont publiés dans notre rapport.
Krome est le plus ancien centre de détention géré par l’ICE aux Etats-Unis. En Floride, le nombre de personnes détenues par l’ICE a augmenté de 47 % en seulement huit mois. Dans tout le pays, plus de 70 000 personnes seraient actuellement enfermées dans des centres de détention. Du jamais vu dans l’histoire récente des États-Unis. Des projets de nouveaux centres sont déjà prévus par l’administration Trump.
Roberto passera un mois à Alligator, avant d’être transféré dans un centre au Texas, à plus de 2 500 kilomètres de Miami. Il y sera détenu trois mois. Maria nous apprend finalement que son mari vient d’être renvoyé il y a une semaine au Guatemala. En accord avec son mari, ils ont pris la décision qu’elle reste aux États-Unis avec les enfants, malgré les risques qu’elle soit arrêtée à tout moment. Quand on demande à Maria comment elle vit son quotidien depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, elle répond simplement : « La situation n’est pas si facile ». Une formule toute en pudeur, gage de sa dignité. Maria vend des plats cuisinés à ses voisins pour s’en sortir. Le travail de Roberto couvrait tout : le loyer, les sorties des enfants, les courses. «Je n’ai plus de famille ici. Dieu merci, grâce à une amie, nous avons trouvé Nora »
Nora échange avec une mère de famille à sa fondation à Miami, après l’arrestation de son mari par l’ICE © Marco Bello
« À quelle heure il va venir mon papa ? »
Alex, cinq ans, joue dans le salon avec des jouets que Nora a mis à sa disposition. Il joue, sans se soucier de rien. Chaque jour, il pense que son père va revenir. «Il me demande toujours : ‘à quelle heure il va venir mi papi ? Pourquoi il ne peut pas venir ? » nous dit sa mère. Alex est le seul de la famille à être né aux États-Unis. Il le sait, sa mère le lui a expliqué. Du haut de ses cinq petites années, il demande à sa mère : « Pourquoi moi je suis né là et pas lui ? » Il ne comprend pas les lois. Mais il ressent. Nora, qui depuis toujours passe ses journées aux côtés des tout petits l’exprime simplement : « Ils ne comprennent pas ce que sont les lois mais ils savent ce qu’est l’amour »
Quand Maria réussit à joindre son mari, quand elle a de l’argent sur sa carte, le petit Alex prend le téléphone. « Il dit à son père qu’il veut qu’il revienne, qu’il veut jouer avec lui » nous raconte sa mère. Ce à quoi son père lui répond toujours : « J’arrive bientôt ». À sa fille, Roberto dit autre chose : « Il me dit de prendre soin de moi, de ne pas être triste » raconte Alma. Lui au Guatemala, eux à Miami, le téléphone leur permet de faire famille.
© Marco Bello
Ce qui fait tenir Maria, c’est l’église. Elle essaye d’y aller trois fois par semaine, avec ses enfants. L’un des rares endroits où elle s’autorise encore à sortir. Dimanche dernier, ils étaient prêts à s’y rendre. Manteaux, chaussures, sac. Le téléphone sonne. C’est le pasteur : « L’ICE est devant l‘église, ne venez pas ! » Plusieurs personnes ont été arrêtées. Maria raccroche, se retourne vers son petit garçon. «Pourquoi on n’y va plus, mami ? » Elle ne lui montre pas son inquiétude : «Finalement, on va faire un jeu à la maison. On ira une autre fois. » Alma, elle, a compris.
Un par un, les lieux du quotidien sont devenus trop risqués. Pour Maria, ce dimanche là c’était l’église, pour d’autres familles c’est un autre lieu public. Leur quotidien se rétrécit. Nora le voit, chaque jour, dans les familles qu’elle accompagne.
L’ICE partout, même dans les lieux protégés
Nora Sandigo a connu des décennies de politiques migratoires aux États-Unis. Mais 2025, dit-elle, c’est la pire qu’elle ait connue. Sous le premier mandat de Trump, l’ICE opérait aux frontières. Des images avaient déjà choqué le monde entier où on voyait des enfants, en pleurs, se retrouvant seuls, séparés de leurs parents qui venaient d’être expulsés. Mais avec le deuxième mandat de Trump, l’ICE n’est pas qu’aux frontières, l’ICE est dans les villes. « Avant, il y avait au moins un respect minimal de la loi. Aujourd’hui, on assiste à un changement radical, brutal. C’est tout contre tout, contre tous » explique Nora.
Les protections des personnes sans papiers aux États-Unis
Même sans papiers, une personne ne peut pas être expulsée du jour au lendemain. Le 5ème et 14ème amendements de la Constitution américaine, article “Due Process Clause”, garantissent à toute personne se trouvant sur le sol américain, le droit à une procédure régulière, le droit à une audience devant un juge, le droit de contester la légalité de leur détention avant une expulsion.
Les États-Unis ont aussi ratifié la Convention de 1951 sur les réfugiés, qui interdit de renvoyer quelqu’un vers un pays où il pourrait être en danger et risquer d’être persécuté.
Les politiques de l’administration Trump attaquent toute forme de protection que ce soit pour les personnes sans-papiers ou avec des statuts. Depuis le 20 janvier 2025, plus de 1,5 million de personnes étrangères ont perdu ou sont sur le point de perdre leur statut de résident temporaire légal. Du jamais vu dans l’histoire récente des États-Unis En juin 2025, la Cour suprême américaine, la plus haute juridiction américaine a autorisé Donald Trump à expulser des sans-papiers vers des pays tiers, ouvrant la voie à la reprise d’expulsions vers des pays étrangers avec lesquels les personnes n’ont aucun lien.
Les supermarchés : l’ICE arrête à l’entrée, à l’intérieur, à la sortie. Nora fait désormais les courses pour les familles qui n’osent plus sortir, et les leur dépose à domicile. Les hôpitaux : des femmes enceintes refusent d’y aller de peur d’être arrêtées. Une mère de famille, enceinte, suivie par Nora ne veut plus se rendre à l’hôpital pour son suivi de grossesse. « La mère me dit : je ne veux prendre aucun risque » Nora appelle alors des médecins privés, organise des consultations à domicile. Les tribunaux : des personnes sortent d’une audience et se retrouvent embarquées directement vers un centre de détention. « Ils ont détruit les systèmes où l’on se sentait encore protégé », dit Nora. « Les écoles, les hôpitaux, les églises. On ne peut plus s’y sentir en sécurité. »
« Tu n’es plus une personne, tu es un numéro »
Ce que Nora observe sur le terrain dépasse la brutalité des arrestations de l’ICE. Elle assite à une destruction méthodique de l’Etat de droit. « Ce que nous n’avions jamais vécu dans l’histoire, c’est à quel point il est facile pour un gouvernement de détruire tout ce que nous considérions comme une protection légale » Asile politique, statut de protection temporaire (TPS), le statut DREAM Act ou tout autre titre de séjour permanent… « Peu importe ce que tu as comme document, aujourd’hui, tout a été anéanti, il n’y a plus de protections »
Tu peux être arrêté, frappé, disparaître dans n’importe quelle prison sans que personne sache où tu es. Tu n’as aucun droit. Tu n’es plus une personne, tu es un numéro. Nous sommes à la merci d’un gouvernement qui impose par la force, non d’une loi qui protège.
Quartiers fantômes, solidarités nouvelles
À Homestead, quartier du sud de Miami, les trottoirs sont vides. Nora connaît ce quartier depuis des années mais elle ne le reconnaît plus. Les commerces tournent au ralenti. Les rues se sont tues : les sorties scolaires se font sans chahut, les enfants ne jouent plus dans les parcs, la circulation est inexistante. « C’est une ville fantôme, elle s’est totalement transformée » raconte Nora.
Dans ce quartier, l’ICE patrouille régulièrement. Ils viennent cibler les travailleurs des exploitations agricoles, nombreux dans ce quartier. Des proies faciles. Mais d’autres quartiers et d’autres métiers sont également touchés : l’ICE patrouille beaucoup dans les lieux où travaillent les couvreurs. Les chantiers de toiture sont des zones particulièrement visées. Les jardiniers aussi. Des travailleurs sont interpellés en pleine journée, outil à la main. « Ce sont des cibles pour l’ICE », dit Nora. Mais dans ces quartiers désertés, quelque chose se passe.
Des commerçants ou voisins qui jusqu’ici ne s’étaient jamais intéressés aux droits des personnes étrangères, veulent aujourd’hui aider. « Ils m’appellent et réalisent que ces familles, avec ou sans papiers, font tourner l’économie locale depuis des années. Sans elles, leurs commerces ne survivront pas. Ils s’inquiètent pour leur propre famille.» L’inquiétude s’étend de maison en maison: « Tout le monde a un voisin, un ami, quelqu’un qui gardait ses enfants ou entretenait son jardin et qui aujourd’hui n’est plus là » Dans ces quartiers fantômes naît une solidarité nouvelle, une raison d’espérer pour, ensemble, résister.
« Nous devons résister »
Impressionnante de courage, de ténacité, il arrive aussi à Nora d’être épuisée. «Émotionnellement, ça vous met en pièces » Mais Nora ne baisse jamais les bras. « C’est un devoir moral. Je suis engagée jusqu’à mon dernier souffle à faire quelque chose pour eux, pour ma communauté » Elle lance un appel : « C’est un moment où nous devons faire vivre l’unité des États-Unis. Nous devons résister car ce n’est qu’ensemble qu’on pourra faire changer cette situation de chaos » Nora ajoute : « Le mot compassion a été éliminé de ce gouvernement » Quand on lui parle de droits, elle réagit : « Les droits humains n’existent plus pour notre communauté. L’administration Trump les a aussi éliminés. Nous devons les récupérer. Nous devons retrouver le respect de l’humanité. Le pire que nous puissions faire, c’est de cesser de regarder ce qui se passe ou de cesser d’en parler »
Ce qui apporte un peu de lumière à Nora, en plus de la prière, ce sont les enfants. Ceux qu’elle voit le dimanche, dans sa fondation. « Quand je les vois s’arrêter de pleurer, quand je les vois jouer, ça m’apporte beaucoup de paix » Elle marque un silence. « Je voudrais que ces moments-là, on puisse les garder en mémoire. Qu’ils soient notre espoir, notre avenir. »
Dans la pièce d’à côté, le petit Alex joue avec Alma, sa grande sœur. Leur mère, Maria les regarde et sourit. « Quand je suis venue aux États-Unis » confie-t-elle, « je suis venue avec le rêve d’aller de l’avant et d’offrir une bonne éducation à mes enfants, c’est tout ce que je souhaite. » Quand on avait demandé à Alma, qui parlait si peu, qui contenait tout, quel était son rêve, elle s’était soudain redressée. Le regard vif, quelque chose s’était ouvert dans sa voix : «Je veux être infirmière, ici à Miami ! » Devant sa mère et Nora, celle qui la protégera si le pire devait arriver, Alma, 11 ans, affirmait déjà une forme de résistance.
*Pour préserver leur anonymat et leur sécurité, les prénoms de Maria, Alma, Alex et Roberto sont des prénoms d’emprunt
Soutenir les familles immigrées traquées par l'ICE
L'histoire de Maria, de ses deux enfants Alma et Alex et de leur père Roberto, est celle de milliers de familles immigrées aux États-Unis. Face à une police qui traque, arrête et tue, nous devons résister. C'est en nous mobilisant que nous pourrons résister à des politiques qui, chaque jour, détruisent des vies.
