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Un réfugié iranien à Nauru © Rémi Chauvin

Un réfugié iranien à Nauru © Rémi Chauvin

Responsabilité des entreprises
Actualité

Comment une multinationale profite de la torture des réfugiés

Sur l'île de Nauru, un Etat insulaire d’Océanie, le gouvernement australien a mis en place un centre où le traitement des réfugiés et des demandeurs d’asile s'apparente à de la torture. La multinationale Ferrovial empoche des millions de dollars en tirant profit de ce système.

Depuis 2012, l'Australie a mis en place un système de « centres de traitement pour les réfugiés » offshore, à Nauru et sur l'île de Manus en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les réfugiés et les demandeurs d'asile sont isolés dans des lieux éloignés et soumis à des conditions cruelles et dégradantes, parfois pendant des années, simplement parce qu'ils ont cherché à se mettre en sécurité en gagnant les côtes australiennes.

Ces conditions, délibérément cruelles et abusives, sont constitutives de torture.

L’entreprise Ferrovial dans le viseur

Les centres de traitement des réfugiés à Nauru et Manus sont gérés par Broadspectrum, qui a été rachetée par Ferrovial en avril 2016. Broadspectrum a engrangé 1,2 milliards d'euros pour l'année fiscale 2016.

Parallèlement, Ferrovial a gagné 1,4 milliards d'euros de recettes provenant de Broadspectrum depuis qu'elle a racheté l'entreprise. Une part importante de cette somme provient des opérations menées à Nauru et Manus.

Ainsi, non seulement Ferrovial et Broadspectrum ferment les yeux sur les violations des droits humains perpétrées par le gouvernement australien, mais elles en sont les complices. C'est une organisation clinique et froide, dans laquelle les autorités australiennes tracent les grandes lignes de la cruauté et les entreprises font le sale boulot. Au regard des immenses profits qui sont en jeu, il est clair que ces entreprises sont motivées par la cupidité.

La valeur totale du contrat liant Broadspectrum et le gouvernement australien s'élève à 1,8 milliards d'euros, sur trois ans et demi.

Lire aussi : à Nauru, quand l’Australie torture les réfugiés

La culture du secret entretient les violations

Les autorités australiennes revendiquent le fait qu'elles font délibérément souffrir les personnes détenues à Nauru et sur l’île de Manus, en vue de dissuader d'autres demandeurs d'asile potentiels de tenter d'entrer clandestinement dans le pays.

Malgré une apparente franchise sur cette question, personne n'est prêt à assumer la responsabilité de la gestion du centre de traitement des réfugiés à Nauru.

Broadspectrum a déclaré qu'elle « ne gère pas le centre de traitement des réfugiés », affirmation reprise par Ferrovial. De son côté, le gouvernement australien assure que la gestion est assurée par le gouvernement de Nauru, qui insinue à son tour que d'autres sont responsables.

Or, nos recherches montrent que Broadspectrum gère le centre de traitement des réfugiés au quotidien et contrôle, dans les faits, la vie au jour le jour des réfugiés et des demandeurs d'asile, au nom du gouvernement australien et, au final, sous sa surveillance et son contrôle.

Le gouvernement australien dissimule l'ampleur des atteintes aux droits humains commises à Nauru et à Manus et empêche quiconque de communiquer des informations sur les activités à Nauru. Cette culture du secret s'étend aux conditions des contrats encadrant les services que fournissent notamment Broadspectrum, dont les détails ne sont pas rendus publics.

Lire aussi : une honte pour l'Australie, un avertissement pour l'Europe

Aucune entreprise ne devrait tirer profit d'atteintes aux droits humains

Le système australien de traitement des réfugiés hors de ses frontières à Nauru ne pourrait pas fonctionner sans l'implication de Broadspectrum. Ferrovial ayant déclaré qu'elle ne renouvellerait pas le contrat à son expiration en octobre 2017, le gouvernement australien va bientôt lancer un appel d'offres pour un nouveau fournisseur de services. Il est temps que les entreprises refusent un tel contrat.

Aucune entreprise ne devrait gérer des activités à Nauru et Manus, où la situation est telle qu'il serait impossible de le faire sans contribuer à de graves violations des droits humains, ni risquer sa responsabilité juridique et sa réputation.

Le gouvernement australien doit fermer les centres de traitement situés hors de ses frontières, de transférer sans délai vers l’Australie tous les réfugiés et demandeurs d'asile qui se trouvent à Nauru et sur l’île de Manus, et de veiller à ce que tous ceux qui se voient accorder le statut de réfugié aient le droit de s'installer en Australie.

Le gouvernement doit faire bon accueil à toutes les offres de coopération et d'aide internationale respectueuses des droits, notamment concernant la réinstallation de réfugiés dans des pays tiers, si les réfugiés le souhaitent et sont en mesure de faire un choix libre et éclairé.

Ferrovial doit mettre fin à ses activités à Nauru et sur l’île de Manus dès que possible.

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