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Alexeï Navalny dans un poste de police à Moscou, le29 septembre 2017 / © MAXIM ZMEYEV - AFP via Getty Images

Alexeï Navalny dans un poste de police à Moscou, le29 septembre 2017 / © MAXIM ZMEYEV - AFP via Getty Images

Alexeï Navalny dans un poste de police à Moscou, le29 septembre 2017 / © MAXIM ZMEYEV - AFP via Getty Images

Liberté d'expression

Les autorités russes s’acharnent contre Alexeï Navalny, condamné à deux ans et demi de prison

La décision est tombée : Alexeï Navalny a été condamné à deux ans et huit mois de prison ferme. Dénoncer la corruption et s’opposer au pouvoir semblent être des crimes en Russie. Une mascarade à caractère politique.

Mardi 2 février, la justice russe a remplacé la peine avec sursis d’Alexeï Navalny par une peine de deux ans et huit mois d’emprisonnement. La condamnation de l’opposant et détracteur du Kremlin, s’est faite sur fond de répression brutale de manifestations pacifiques en Russie.

Le vrai visage des autorités russes

Alexeï Navalny a été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir enfreint une mesure de contrôle judiciaire alors qu’il était en convalescence en Allemagne, suite à l’empoisonnement dont il avait été victime. Il lui est reproché de ne pas avoir respecté ses conditions de probation, liées à une condamnation passée que la Cour Européenne des droits de l’homme a elle-même jugée politiquement motivée. 

Lire aussi : Alexeï Navalny arrêté dès son arrivée à l'aéroport de Moscou

Cette condamnation absurde montre le vrai visage des autorités russes : elles semblent déterminées à enfermer quiconque ose dénoncer leurs abus et la répression contre les droits humains. La décision de justice prononcée contre Alexeï Navalny montre que les autorités russes deviennent incontrôlables, tant elles sont désireuses de faire taire leurs détracteurs.  

DES MILLIERS DE MANIFESTANTS arrêtés

Depuis plus de deux semaines, des milliers de manifestants russes sont dans la rue pour demander la libération d’Alexeï Navalny et dénoncer la corruption du pouvoir. Les autorités répondent à ces protestations par une répression brutale. Le dimanche 31 janvier au moins 5 021 personnes ont été arrêtées.

Le tribunal du district de Simonovski a fait droit à la requête du Service pénitentiaire fédéral et a remplacé la peine avec sursis d’Alexeï Navalny par une peine de prison. Il sera détenu dans une colonie pénitentiaire. 

Lire aussi : Plus de 3 650 personnes arrêtées lors d'une manifestation pour Alexeï Navalny

Parmi les milliers de militants pacifiques arrêtés le 31  janvier figurait un de nos collègues, qui avait participé à une manifestation à titre privé. Les militants arrêtés n’ont pas pu informer leurs familles du lieu où ils se trouvaient pendant trois heures. Après avoir réussi à passer un bref coup de téléphone à leurs proches, leur téléphone a été saisi. Le membre du personnel d’Amnesty International n’a pas pu consulter d’avocat durant sa détention au poste. Lors du simulacre de procès le lendemain, le juge a refusé de regarder la vidéo de l’infraction présumée et d’interroger les policiers ou les témoins du délit. Il a été condamné à 10 jours de « détention administrative ». Comme beaucoup d’autres, ils ont passé une nuit dans un bus de la police avant d’être emmenés vers un centre de rétention à à 70 kilomètres de Moscou. Ce centre à Sakharovo est utilisé pour les manifestants du fait du manque de place dans les prisons.  

Même le responsable du poste de police où était détenu notre collègue au départ n’était pas en mesure de nous dire où ils avaient été transférés. Avec un si grand nombre de manifestants détenus dans des lieux inconnus, se profile la perspective de disparitions forcées massives 

Natalia Zviagina, directrice du bureau Amnesty International en Russie 

DES PRISONS SATURées SUITE à LA VAGUE D’ARRESTATIONS

Il y a aujourd’hui plus de détenus en Russie que de cellules de prison. Ainsi, des citoyens dont le seul crime est d’avoir participé à des rassemblements pacifiques sont détenus au secret et entassés dans des fourgons de police, sans installations sanitaires adéquates, en pleine pandémie de COVID-19. 

Nous estimons que les conditions de détention des personnes privées de liberté en marge des manifestations majoritairement pacifiques du 31 janvier s’apparentent à de la torture et à des mauvais traitements.

On recense depuis des années des violations des droits humains et des abus imputables aux autorités, mais cette dernière vague se démarque par sa brutalité et son ampleur.   

Nous invitons la communauté internationale, notamment les procédures spéciales de l’ONU, et les gouvernements nationaux à réagir immédiatement à ces violations massives des droits humains et à demander aux autorités de rendre des comptes. Alexeï Navalny, ses soutiens et tous les manifestants pacifiques arrêtés avant, pendant et après les rassemblements  doivent être libérés immédiatement et sans condition.

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4 choses à faire pour Alexeï Navalny

Alexeï Navalny n'a rien à faire en prison.

Ensemble, exigeons sa libération !