Accéder au contenu
Menu
Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que : € 5.1/mois
Mohamed Ramadan est détenu depuis le 10 décembre pour avoir posté sur Facebook une photo où on le voit arborer un gilet jaune. © Privé

Mohamed Ramadan est détenu depuis le 10 décembre pour avoir posté sur Facebook une photo où on le voit arborer un gilet jaune. © Privé

Mohamed Ramadan est détenu depuis le 10 décembre pour avoir posté sur Facebook une photo où on le voit arborer un gilet jaune. © Privé

Liberté d'expression
Actualité

Égypte : un avocat détenu pour avoir porté un gilet jaune

Un avocat spécialisé dans la défense des droits humains est détenu depuis le 10 décembre pour « incitation aux troubles sociaux », parce qu’il a posté sur Facebook une photo où on le voit arborer un gilet jaune.

Mohamed Ramadan a partagé cette photo après que les autorités égyptiennes ont restreint la vente de ces gilets jaunes, semblables à ceux que portent les manifestants en France, dans le but d’éviter des manifestations du même acabit en Égypte.

Sa détention provisoire sans cesse renouvelée

Trois agents en civil de l’Agence nationale de sécurité ont arrêté Mohamed Ramadan à Alexandrie le 10 décembre 2018, alors qu’il descendait d’un bus et rentrait chez lui.

Sa famille et ses avocats n’ont pas su où il se trouvait ni ce qui lui était arrivé jusqu’à ce qu’il comparaisse le lendemain devant le parquet de Montazah (un arrondissement de la ville d’Alexandrie).

Il faisait l’objet d’une enquête pour plusieurs chefs d’inculpation vagues, notamment « appartenance à un groupe interdit », « diffusion de fausses informations via les réseaux sociaux » et « incitation à des troubles sociaux ».

Le parquet a ordonné son placement en détention provisoire, et depuis, sa détention a été renouvelée tous les 15 jours. La prochaine audience de renouvellement de son incarcération doit se tenir le 19 février.

Le 8 janvier, il a été transféré dans la prison de Borg el Arab (dans le gouvernorat d'Alexandrie).

Selon deux de ses avocats présents lors de son interrogatoire le 25 décembre, parmi les éléments de preuve retenus contre lui figure la possession de cinq gilets jaunes qui, d’après les autorités, allaient être utilisés dans le cadre de manifestations anti-gouvernementales.

Jusqu’où va la répression ?

Placer Mohamed Ramadan en détention au motif qu’il a publié sur Facebook une photo qui tourne en dérision les restrictions imposées par le gouvernement à la vente de gilets jaunes est totalement absurde.

Clairement, Mohamed est dans le viseur des autorités égyptiennes parce qu’il exprime ses opinions et en raison de son travail d’avocat spécialisé dans la défense des droits humains.

En tant qu’avocat, il fournit une assistance juridique à des défenseurs des droits humains, des manifestants pacifiques, des ouvriers et des habitants de quartiers informels à Alexandrie.

Cette affaire met en lumière les mesures extrêmes que les autorités égyptiennes sont prêtes à prendre pour écraser les remises en cause de leur autorité les plus minimes.

Maltraité et menacé

Selon ses avocats, Mohamed aurait subi des mauvais traitements en détention : il aurait eu les yeux bandés, aurait été enchaîné au sol et frappé par un gardien de la prison.

Un membre de l’Agence nationale de sécurité l’aurait physiquement agressé tout de suite après son arrestation en l’avertissant de « mettre un terme à [ses] activités politiques ».

Mohamed a raconté avoir été frappé à l’estomac par un gardien, le 17 janvier, alors qu’il était intervenu pour défendre un autre prisonnier agressé physiquement.

Condamné sur la base d’accusations vagues et d’une loi controversée

Le tribunal pénal d’Alexandrie avait déjà condamné Mohamed Ramadan par contumace en avril 2017 à 10 ans d’emprisonnement, assortis de cinq années d’assignation à résidence et d’une interdiction d'utiliser Internet pendant cinq ans, en raison d’une publication sur Facebook.

Il a été reconnu coupable d’une série d'infractions formulées en termes vagues relatives à la sécurité nationale, notamment d’outrage au président, d'usage abusif des plateformes de réseaux sociaux et d’incitation à la violence, en vertu de la loi draconienne relative à la lutte contre le terrorisme.

Son nouveau procès a été suspendu dans l’attente de la décision de la Cour suprême constitutionnelle concernant la légalité de la Loi antiterroriste au titre de laquelle il a été condamné.

L’histoire de Mohamed Ramadan est encore un exemple de la répression exercée par les autorités égyptiennes contre les détracteurs pacifiques.

Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation. Gérer les paramètres