La militante et avocate Chow Hang-tung /
©Alex Chan Tsz Yuk

Pour avoir encouragé la population hongkongaise à commémorer la répression chinoise de la place Tiananmen, Chow Hang-tung, militante, avocate et figure du mouvement pour la démocratie, a été condamnée à 22 mois de prison ferme. Elle risque une peine supplémentaire allant jusqu’à dix ans de prison.

4 juin 2023

Chow a fait une grève de la faim de 34 heures, en référence au 34ème anniversaire de la répression de la place Tienanmen.

15 février 2023

Le président par intérim d’Amnesty International à Hong-Kong a rendu visite à Chow en prison. Incarcérée depuis septembre 2021, elle reste déterminée et poursuit son combat en faveur des droits humains. Ce courage, elle le puise notamment grâce au soutien international qu’elle reçoit : nos militantes et militants du monde entier lui envoient régulièrement des lettres. Chow tient à les remercier chaleureusement. Ces lettres lui offrent un soutien moral important, notamment pour faire face à ses différents procès.

15 décembre 2022

Depuis qu’elle est en prison, Chow a assisté à plus de 60 jours de procès pour quatre affaires distinctes dont elle fait l’objet. Le 15 décembre 2022, elle a remporté l’appel de l’un de ses procès pour « incitation d’autres personnes à participer à un rassemblement non autorisé ». Mais Chow reste en prison car elle est également accusée de « mettre en danger la sécurité nationale » par ses actions entièrement pacifiques.

Chow Hang-tung était avocate et vice-présidente de l’Alliance hongkongaise de soutien aux mouvements patriotiques et démocratiques en Chine (Alliance de Hong-Kong). Depuis 30 ans, cette organisation organisait la plus importante commémoration au monde de la répression de Tiananmen, qui a déjà réuni plus de 180 000 personnes. Demander la vérité et la justice pour les crimes commis, soutenir les victimes, faire vivre la mémoire de Tiananmen… l’avocate de 37 ans participe chaque année à cette veillée à la bougie, Parc Victoria, l’un des plus populaires de Hong Kong.

+ Tiananmen, la tâche indélébile sur l’histoire de la Chine 

Place Tiananmen à Pékin. Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, l’armée chinoise réprime dans le sang le mouvement sans précédent en faveur de la démocratie. L’armée a ouvert le feu sur les étudiants et les travailleurs qui demandaient depuis le 15 avril,  des réformes politiques, sociales et économiques. Des centaines, si ce n’est des milliers de personnes ont été tuées. De cet événement tragique, une image est restée comme symbole de résistance : celle d’un homme seul, debout, face à une colonne de chars chinois. Une image iconique qui symbolise le mouvement pour la démocratie, réprimé dans un bain de sang. La Chine fait tout pour rayer cet événement de son histoire. Plus de 30 ans plus tard, Pékin interdit toujours les commémorations. En 2020, cette censure s’étend à Hong Kong, avec l’interdiction des veillées annuelles qui y avaient lieu depuis 1990.

En 2020, les autorités interdisent la veillée sous prétexte de Covid-19. Mais Chow s’est donnée pour mission de garder vives les mémoires des victimes de la répression de Tiananmen. Malgré l’interdiction, elle participe à la veillée commémorative, bougie à la main. Elle sait qu’elle prend un risque mais pas question pour elle de céder à la censure. Chow est arrêtée. Elle écope en décembre 2021 d’une condamnation de 12 mois de prison. Le motif invoqué : « participation à un rassemblement non autorisé ».

Je m'étais préparée mentalement à une arrestation. C'est devenu la norme à Hong Kong. Quand on lutte pour la démocratie sous un régime dictatorial, l'arrestation est inévitable. Si je dois être arrêtée pour cela, qu'il en soit ainsi. Si c'est pour la démocratie, le jeu en vaut la chandelle.

Chow Hang-tung.

L’année suivante, l’interdiction est reconduite mais, sur ses réseaux sociaux, Chow Hang-tung n’hésite pas à appeler la population hongkongaise à commémorer en privé la répression de Tiananmen en allumant des bougies. Elle est arrêtée le jour même mais est libérée sous caution. Entre temps, le 25 septembre 2021, la Hong Kong Alliance se dissout suite au harcèlement et aux pressions exercées par Pékin contre la dissidence. 

Le 4 janvier 2022, Chow Hang-tung est condamnée à 15 mois de prison pour « avoir fait la promotion et incité à participer à un rassemblement non autorisé. » Elle purge actuellement une peine de 22 mois de prison. Elle risque également une peine supplémentaire, jusqu’à 10 ans de prison, pour avoir prétendument « mis en péril » la sécurité nationale en « incitant à la subversion. »

+ Loi relative à la sécurité nationale à Hong Kong : quelles répercussions sur le droit de manifester ? 

Le 30 juin 2020, la loi relative à la sécurité nationale dans la région administrative spéciale de Hong Kong a été adoptée. Imposée par Pékin, cette loi est entrée en vigueur immédiatement, sans véritable consultation officielle de la population ni autre consultation locale.  

Les autorités hongkongaises ont carte blanche pour utiliser cette loi. Tout peut être considéré comme « atteinte à la sécurité nationale », une expression fourre-tout. La définition de la « sécurité nationale », calquée sur celle des autorités centrales chinoises, pèche par manque de clarté. En réalité, cette loi est utilisée pour cibler et réprimer la dissidence. Elle permet de cibler les personnes critiques à l’égard du gouvernement et du système politique en place à Hong Kong ou en Chine continentale qui, prétendument, « menacent la sécurité nationale ». Ce qui permet aux autorités de justifier la censure, le harcèlement, les arrestations, les détentions et les poursuites qui bafouent les droits humains. Comme exemple d’utilisation arbitraire de cette loi, l’arrestation des organisateurs des veillées commémoratives de Tiananmen, membres de la Hong Kong Alliance dont Chow Hang-tung faisait partie. Les autorités ont utilisé la Loi relative à la sécurité nationale afin de les censurer. 

La loi sur la sécurité nationale a instauré un climat de peur. Ce qui peut restreindre, très fortement, les initiatives de manifestations, par craintes de représailles.

Le courage dont fait preuve Chow Hang-tung est à l’image du courage de la société civile à Hong -Kong, qui doit faire face à des lois de plus en plus restrictives : ONG sous pression, médias fermés, militants harcelés et arrêtés… En octobre 2021, nous avons décidé de fermer nos bureaux. En effet, depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la sécurité nationale, il est devenu impossible pour les organisations de défense des droits humains de travailler librement à Hong Kong sans crainte de graves représailles de la part du gouvernement. Malgré la fermeture de nos bureaux, nous continuons notre travail pour que les droits de la population hongkongaise soient respectés.

Chow Hang-tung est l’une des victimes emblématiques de la répression de Pékin sur la société civile. Demander sa libération et l’abandon des charges à son encontre, c’est aussi porter un message pour le respect des droits et la liberté en Chine !

Voici comment agir. ? 

1. Ecrire aux autorités.

2. Agir sur les réseaux sociaux.

1. Ecrire aux autorités. 

Nous vous invitons à écrire, par mail ou par voie postale, au Ministre de la Justice de Hong Kong. Chaque envoi de courrier vous permettra de manifester votre soutien à Chow Hang-Tunget surtout de faire pression sur les autorités hongkongaises pour obtenir sa libération immédiate.

Voici un exemple de courrier que vous pouvez utiliser ?

Monsieur le Ministre,   

Militante et avocate spécialiste des droits humains, Chow Hang-tung était vice-présidente de la Hong Kong Alliance, association aujourd’hui dissoute qui organisait depuis 30 ans la veillée annuelle à la bougie, en mémoire aux victimes de la répression de la place Tiananmen de 1989.  

En 2020 et 2021, les autorités de Hong Kong ont interdit la veillée, en prétextant des raisons de santé publique dans le contexte de la pandémie de COVID-19. Le 4 juin 2021, Chow Hang-tung a encouragé des personnes, sur les réseaux sociaux, à commémorer les événements en allumant des bougies. Elle a été arrêtée le jour même pour avoir « fait de la publicité en faveur d’un rassemblement non autorisé ».

Chow Hang-tung purge actuellement une peine de 22 mois d’emprisonnement pour avoir rendu un hommage pacifique aux victimes d’une terrible répression. Elle encourt aussi une autre peine de prison parce qu’elle aurait, par ses actions totalement pacifiques, porté atteinte à la sécurité nationale.  

En tant que membre/sympathisant(e) d’Amnesty International, je vous demande de libérer immédiatement et sans condition Chow Hang-tung et d’abandonner toutes les charges retenues contre elle, car elle a été inculpée uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.  

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Envoyer à : 

Monsieur Paul Lam 

Ministère de la Justice 

G/F, Main Wing, Justice Place 

18 Lower Albert Road, Central,  

Hong Kong 

E-mail : [email protected] 

 

Monsieur Xia Baolong 

Bureau des affaires de Hong Kong et Macao 

Yuetannan Jie 77 

Xichengqu 

Beijing Shi 100045 

China 

 

Copie à envoyer à : 

Ambassade de la République populaire de Chine 

11 avenue Georges V  

75008 Paris 

E-mail : [email protected] 

2. Agir sur les réseaux sociaux 

En parler, c’est déjà agir. Choisissez votre réseau social pour communiquer sur la situation. Partagez dès maintenant l’histoire Chow Hang-tung sur Twitter ou Facebook ou Instagram.

Voici un modèle de tweet que nous vous proposons de relayer ?

Facebook ou Instagram

Vous pouvez reprendre notre modèle de message ci-dessus pour le relayer en publication Facebook ou post Instagram.

Rejoignez-nous !

Chaque jour, partout en France, des militantes et militants d'Amnesty International France suivent l'évolution de la situation de Chow Hang-tung. Ces groupes font pression sur les autorités concernées en leur écrivant des lettres d’interpellation, sensibilisent différents publics en partageant la situation de Chow Hang-tung autour d’eux, et lui écrivent des messages de solidarité. Le but : soutenir la personne en danger et l’empêcher de tomber dans l’oubli.

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