Israël intensifie son annexion de terres en Cisjordanie occupée. Récemment, les autorités ordonnaient ouvertement la saisie de terres dans la zone A, une zone pourtant sous le contrôle des autorités de l’État palestinien. La communauté internationale doit agir de toute urgence pour mettre un terme à l’expansion d’Israël en Cisjordanie.
En juillet 2026, en seulement un mois, l’armée israélienne a signé au moins 15 ordres de confiscation de terres dans les zones A et C du gouvernorat de Jénine, au nord de la Cisjordanie occupée.
Les terres situées dans la zone A sont pourtant sous le contrôle des autorités palestiniennes depuis les Accords d’Oslo. Avec un tel projet, Israël morcelle délibérément le territoire, déchire les communautés palestiniennes et entrave leur liberté de circulation.
Et ces mesures ne sont pas anodines : elles s’inscrivent dans le cadre d’une véritable campagne de nettoyage ethnique visant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes de la zone C de la Cisjordanie, occupée illégalement.
Avec ces nouvelles confiscations de terres, le message est clair : Israël concrétise officiellement son programme d’annexion des terres palestiniennes à travers toute la Cisjordanie occupée, dans un mépris total des droits des Palestinien·nes.
Nous appelons la communauté internationale à passer de la parole aux actes en prenant des mesures concrètes pour mettre un terme aux violations de l’Etat israélien en Cisjordanie. Et les Etats à cesser toute coopération économique avec Israël qui contribuerait ces violations.
Une annexion au profit des colons israéliens
Les terres confisquées appartiennent, pour la plupart, à des familles résidant dans les villages de Qabatiya, Arraba, Mirka, Misilya, Jirba et Al-Yamoun, dans le gouvernorat de Jénine. Au total, ces nouvelles annexions représentent environ 20 hectares dans les zones A et C du gouvernorat de Jénine.
L’objectif affiché ? Relier deux colonies israéliennes prévues dans la région, à savoir Emek Dotan et Noa. Deux colonies qui font partie des 34 nouvelles colonies, dont la création a été approuvée par le gouvernement israélien en début d’année.
Plus tôt en mai, Israël avait déjà confisqué des terres dans la zone A pour y établir une base militaire. Mais, d’après l’organisation Peace Now, c’est la première fois depuis les accords d’Oslo que les autorités israéliennes accaparent des terres dans cette zone dans le but explicite d’y implanter de nouveaux colons israéliens.
que dit le droit internationale ?
Le droit international est clair : une puissance occupante ne doit pas confisquer de terres dans un territoire occupé. Sauf si cela est absolument nécessaire pour des raisons militaires. De fait, cela n’inclue pas l’expansion illégale de colonies.
Un démantèlement des communautés palestiniennes
Pour les communautés palestiniennes, ces projets d’annexion sont dramatiques. Des centaines de familles risquent de se retrouver privées de leurs moyens de subsistance, notamment de leurs terres agricoles et de leurs oliveraies, alors même que la saison des récoltes des olives approche.
Deuxièmement, ces nouvelles annexions risquent de fragmenter davantage le territoire palestinien. Jénine se retrouverait effectivement isolée d’autres gouvernorats palestiniens notables tels que Tulkarem, Tubas ou Naplouse. Or derrière, c’est tous les liens économiques, sociaux et politiques qui risquent d’être considérablement altérés.
Enfin, l’accaparement des terres risquent d’entraver encore la liberté de circulation des communautés palestiniennes, déjà fortement restreinte. Certaines routes sont effectivement réservées aux colons israéliens tandis que celles laissées à la population palestinienne sont bloquées par de nombreux obstacles militaires.
925
c’est le nombre d’obstacles à la circulation recensé en Cisjordanie par l’OCHA des Nations unies en avril 2025
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Colonie E1 : un projet pour diviser la Cisjordanie
Aux annexions de territoires situés dans la zone A et C, s’ajoute aussi le lancement récent d’appels d’offres pour la construction de 1 234 logements israéliens en Cisjordanie occupée. Un projet qui, s’il est mis en œuvre, isolerait Jérusalem-Est du reste du territoire palestinien et diviserait de fait la Cisjordanie en deux.
Ces nouveaux projets d’annexion n’ont rien d’anodin : ils s’inscrivent dans une campagne délibérée de nettoyage ethnique contre Palestinien·nes vivant dans la zone C de la Cisjordanie. L’objectif est clair : vider la région de la population palestinienne pour y implanter des colonies israéliennes.
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Pendant ce temps, Israël poursuit son génocide à Gaza, en imposant des conditions de vie mortelles aux populations civiles. Malgré le cessez-le-feu d’octobre 2025, les frappes de l’armée israélienne continuent de tuer des centaines de victimes.
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Stop à l’occupation illégale
Le processus de colonisation des autorités israéliennes en Cisjordanie occupée est un crime de guerre. Son système d’apartheid, un crime contre l’humanité. Une fois de plus, nous appelons les autorités israéliennes à mettre un terme à son occupation illégale du territoire palestinien.
Nous appelons la communauté internationale à prendre des mesures concrètes. Israël doit se conformer à l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de justice en juillet 2024, et entériné par l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2024.
Par ailleurs, les États doivent interrompre toute coopération avec Israël tant que ces nouvelles confiscations ne sont pas suspendues. Ils doivent aussi assurer que les entreprises ne soutiennent pas de projets liés aux colonies, à l’occupation illégale ou à la confiscation de terres et à l’annexion.
Tout État apportant son soutien à l’expansion des colonies illégales ou à des crimes de guerre commis par Israël risque de se rendre complice de crimes internationaux contre la population palestinienne
Enfin, les acteurs privés ont aussi un rôle crucial à jouer : faire passer le respect des droits humains avant leurs profits. C’est pourquoi nous les appelons à se désengager immédiatement de projets commerciaux qui contribueraient à l’expansion d’Israël dans les territoires palestiniens occupés.
La France doit mettre fin à l’impunité d’Israël !
Génocide à Gaza, politique d’apartheid, occupation illégale du territoire palestinien, nettoyage ethnique en Cisjordanie. L’impunité totale dont jouit Israël encourage le pays à commettre de nouveaux crimes. La France doit agir pour faire cesser ce cycle d’impunité !
