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Credit : REUTERS/Hani Amara

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Réfugiés et migrants
Actualité

Libye : À quand la fin de la complicité européenne ?

Les ministères des affaires étrangères de l’Union européenne se penchent aujourd’hui sur les relations avec la Libye. C’est une occasion de mettre fin à la complicité européenne et de soutenir l’ouverture d’une commission d’enquête sur les violations commises.

La situation des réfugiés et des migrants en Libye, et en particulier de ceux qui sont interceptés en mer par les garde-côtes libyens avec le soutien de l’UE est bien documentée. Une fois renvoyés en Libye, ils sont maintenus en détention arbitraire dans des centres où la torture est monnaie courante.

La réunion des ministres des affaires étrangères à Bruxelles est l’occasion de tirer un trait sur l’approche actuelle de l’UE vis-à-vis de la Libye qui sacrifie les droits des migrants dans le but de les tenir éloignés de l’UE.

La semaine dernière, la France a abandonné la livraison de bateaux aux garde-côtes libyens à la suite d’une action judiciaire, car ces embarcations risquaient de servir à renvoyer des migrants vers des situations de détention arbitraire et de torture. Toutefois, l’Union européenne et ses États membres poursuivent leur coopération douteuse en matière de migration avec la Libye. Les autorités françaises et européennes doivent désormais inciter tous les pays européens à protéger les droits des réfugiés et des migrants au lieu de les contenir dans un pays ravagé par la guerre où ils sont exposés à la persécution et à l’exploitation.

L’impunité règne

Une culture de l’impunité prospère en Libye et favorise les violations systématiques et flagrantes des droits humains et les graves violations du droit international humanitaire imputables aux milices, aux groupes armés et aux forces de sécurité. Les multiples violations et possibles crimes de guerre perpétrés au cours de la récente offensive militaire contre Tripoli sont un symptôme de cette impunité.

L’Union européenne soutient avec cynisme les garde-côtes libyens, alors que d’autres fonctions essentielles de l’État font désespérément défaut. Les intérêts politiques à court terme sont privilégiés au détriment du rétablissement de l’état de droit, laissant les civils exposés à de terribles atteintes aux droits humains et violations du droit international humanitaire. La justice, l’obligation de rendre des comptes et le respect des droits fondamentaux doivent être au cœur de toute initiative visant à assurer la stabilité du pays.

Il est grand temps que l’Union européenne apporte son soutien à la création, par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’une commission d’enquête ou d’un mécanisme analogue chargé d’enquêter d’urgence sur les violations commises en Libye depuis 2014, dans le but d’identifier les responsables présumés de ces actes et de les amener à rendre des comptes devant une cour de justice.

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