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Portrait d'Osman Kavala © Kerem Uzel/NARPHOTOS

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Liberté d'expression

Turquie : Après 3 ans de prison, toujours aucune preuve contre Osman Kavala

D’abord accusé d’avoir cherché à « déstabiliser » le gouvernement puis « d’espionnage », le mécène turc demeure derrière les barreaux. Son nouveau procès a lieu le 5 février.

L’année dernière, l’espoir de voir Osman Kavala libre n’avait duré qu’une journée. Acquitté le 18 février 2020, les autorités l’avaient arrêté à nouveau le jour même, sous le coup de nouvelles accusations. Cette fois, il risque la prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle, ainsi que 20 années supplémentaires.

Lire aussi : Osman Kavala, arrêté moins de 24 heures après sa libération

Un procès à rebondissements

L’affaire Osman Kavala connaît un nouveau rebondissement : Une Cour d’appel vient d’annuler le jugement du 18 février dernier qui l’acquittait des premières charges retenues contre lui. Le premier procès devrait donc reprendre dans les mois à venir.

La veille de cette décision, la secrétaire générale du Conseil de l’Europe, Marija Pejčinović Burić, demandait au gouvernement turc quand serait prononcé l’illégalité de la détention d’Osman Kavala. Elle partageait également aux autorités ses inquiétudes face à l’enquête visant les trois juges qui avaient prononcé la décision d’acquittement en février 2020. En octobre 2020, un dossier d’accusation contre Osman Kavala de 64 pages avait été publié et, deux décisions de justice rendues en décembre 2020,affirmaient que sa détention ne portait pas atteinte à son droit à la liberté et à la sécurité et qu’il resterait donc derrière les barreaux.

L’acharnement des autorités turques

La Cour européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a elle aussi appuyé, à plusieurs reprises, les nombreuses voix qui s’élèvent pour la libération du philanthrope Osman Kavala. Selon la Cour, sa détention provisoire est illégale et vise à le réduire au silence et à dissuader d’autres défenseurs des droits humains d’agir. La Cour a appelé les autorités turques en décembre 2019 à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à sa détention. Violant ses engagements internationaux, la Turquie a jusqu’à présent refusé d’appliquer l’arrêt de la Cour.

Les voix critiques sont muselées

Les poursuites contre le mécène turc s’inscrivent dans la stratégie répressive du président Recep Tayyip Erdoğan menée contre toutes les voix critiques depuis les années 2000. Osman Kavala est accusé, dans le cadre de son premier procès, de « tentative de renversement du gouvernement » pour avoir pris part aux manifestations pacifiques du parc Gezi, à l’été 2013. Les manifestants avaient alors été violemment réprimés par la police et certaines personnalités poursuivies en justice.

Osman Kavala fait également l’objet de nouvelles poursuites pour «espionnage » et « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel » pour son rôle prétendu dans la tentative de coup d’État de juillet 2016. L’organisation culturelle qu’il a créée est également visée par ces accusations. Une fois de plus, les autorités n’ont apporté aucune preuve contre Osman Kavala. Les autorités turques recourent fréquemment à la détention préventive, maintenant parfois plusieurs années des suspects en prison sans qu’aucune charge ne soit officiellement retenue contre eux, ou sans qu’ils soient déclarés coupables par la justice, au mépris des droits humains.

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