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Nations unies juillet 2016 © United Nations, New York

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Réfugiés et migrants
Actualité

Réfugiés : des sommets pour rien ?

Confrontés à la pire crise des réfugiés en 70 ans, les responsables mondiaux font preuve d’une indifférence choquante vis-à-vis des réfugiés. Le Sommet qui se tient à New York le 19 septembre en l’illustration flagrante. Aucun engagement concret n’est prévu.

Lundi 19 septembre, les États membres des Nations unies vont certainement adopter un accord défaillant sur les réfugiés. Le 20 septembre, le président américain Barack Obama demandera aux dirigeants de prendre des engagements spécifiques qui aideront à mettre fin aux souffrances de réfugiés dans le monde. - un appel qui a pour l’instant été délibérément ignoré et qui risque fort de ne pas être entendu.

Lire aussi : Réfugiés des familles déchirées

Un pacte mondial, des engagements de façade

Les réfugiés font partie des personnes les plus vulnérables dans le monde, on en compte 21 millions aujourd’hui Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, avait proposé un Pacte mondial sur les réfugiés demandant aux gouvernements de s’engager à accueillir 10 % des réfugiés mondiaux chaque année. Ce pacte ne sera pas adopté avant 2018. En effet, des États membres ont vidé les propositions des Nations unies de toute substance, veillant ainsi à ce que rien ne les oblige à accueillir un nombre spécifique de personnes. Les États adopteront à la place la « déclaration de New York », qui contient des engagements de façade et est totalement dénuée de mesures concrètes de partage des responsabilités.

L’Union européenne, la Russie et la Chine, entre autres, ont sacrifié les droits des réfugiés au nom de l’intérêt national et ont laissé passer une occasion majeure de soutenir une solution mondiale à la crise.

Salil Shetty, secrétaire général d'Amnesty International

Le petit espoir du sommet "Obama"

Le lendemain du Sommet à l’ONU, le 20 septembre, se tiendra à New York sous l’égide du président Obama un sommet de dirigeants, qui aura pour but d’obtenir de la part des États membres l’engagement spécifique qu’ils proposeront des voies sûres et légales aux réfugiés. Il demandera aussi aux dirigeants de donner des fonds afin d’aider les réfugiés. Il est important qu’un petit groupe de pays endossent rapidement et de manière décisive un rôle moteur dans cette crise. Ce groupe doitassumer ses responsabilités en aidant immédiatement à accueillir certains des réfugiés les plus vulnérables et à accorder aux autres des visas humanitaires, de travail et d’étudiant.

Un partage des responsabilités entre États

On compte actuellement 21 millions de réfugiés dans le monde, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, et seuls 14 % d’entre eux se trouvent dans les zones les plus riches du monde. À eux six, l’Éthiopie, le Kenya, la Jordanie, le Liban, le Pakistan et la Turquie accueillent un tiers des réfugiés du monde, alors qu’ils ne représentent qu’1,6 % de l’économie mondiale. À l’heure actuelle, seulement 100 000 réfugiés environ sont réinstallés chaque année - dont 90 % par cinq pays (les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Norvège et le Royaume-Uni). À long terme, nous aurons besoin d’un partage plus organisé de cette responsabilité. Les États devront convenir de critères objectifs afin de déterminer quelle proportion de réfugiés chacun doit accueillir, en fonction de la capacité du pays à le faire.

Il est encore temps

Les États membres des Nations unies ont l’obligation morale et juridique d’accueillir les réfugiés ayant besoin d’aide aujourd’hui. Mais là où les dirigeants échouent, des personnes dotées de sens moral agissent.

Les pays, notamment les plus riches, doivent :

prendre de toute urgence l’engagement de réinstaller un nombre beaucoup plus important de réfugiés,

fournir des moyens légaux de mettre en sécurité les réfugiés

Plus de pays se porteront volontaires, plus une solution deviendra réalisable.

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