Rien n’est vraiment jamais acquis lorsqu’il s’agit de peine de mort nous rappelle Jean Stern, rédacteur en chef de la Chronique d’Amnesty International France.
Deux pays, la Guinée en Afrique et la Mongolie en Asie, ont définitivement aboli la peine capitale pour tous les crimes en 2017, et le Guatemala en Amérique centrale l’a aboli pour les crimes de droit commun.
Trois pays sur trois continents, à l’histoire criminelle et à la pratique judiciaire différentes sont arrivés au constat commun que la peine de mort n’était pas dissuasive contre la criminalité.
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Mais rien n’est jamais vraiment acquis en la matière.
Au Zimbabwe, le président Emmerson Mnangagwa a commué les sentences capitales des prisonniers qui se trouvent dans le couloir de la mort depuis plus de 10 ans.
Dans un pays qui n’a procédé à aucune exécution depuis 2005, il entrouvre ainsi la porte à une abolition.
Mais au Maroc, où il n’y a eu aucune exécution depuis 1993, trois militants du mouvement de contestation dans le Rif, après la mort en octobre 2016 d’un vendeur de poisson de 31 ans, Mouhcine Fikri, sont actuellement jugés par un tribunal de Casablanca.
Ils risquent, selon leurs avocats, la peine de mort. Maintenue par le gouvernement officiellement pour lutter contre le terrorisme, la peine de mort se retrouve en première ligne contre la contestation sociale.
Seule l’abolition totale peut venir à bout d’une peine soumise au gré des circonstances, ou pire aux caprices ou à la paranoïa d’un dirigeant… Le droit de vie ou de mort ne peut pas se jouer à pile ou face.
