Un garde côte libyen en juin 2017
© TAHA JAWASHI/AFP/Getty Images

Au moins 79 réfugiés et migrants qui se trouvent à bord d’un navire marchand dans le port de Misratah risquent d’être débarqués pour être conduits dans un centre de détention libyen. Centre où ils risquent de subir torture et autres violations des droits humains.

Ces réfugiés et migrants, dont plusieurs enfants, ont été interceptés alors qu’ils tentaient de gagner l’Europe en traversant la Méditerranée.

Plutôt mourir que d’y retourner

Les protestations à bord du navire, désormais à quai à Misratah, donnent une idée des conditions horribles que les réfugiés et les migrants endurent dans les centres de détention en Libye, où ils subissent tortures, viols, coups, extorsions et autres violences.

Comme la plupart des réfugiés et des migrants qui traversent la Libye, plusieurs de ceux qui se trouvent à bord du Nivin nous ont déclaré avoir été victimes d’horribles atteintes aux droits humains, notamment des extorsions, des mauvais traitements et des travaux forcés, ce qui correspond aux éléments recueillis précédemment par l’organisation en Libye.

L’un d’entre eux a raconté avoir déjà été retenu dans huit centres différents en Libye et « préfère mourir que d’y retourner ».

Quatorze personnes ayant accepté de quitter le navire le 15 novembre ont été conduites dans un centre de détention – dont un nourrisson de quatre mois.

Cette information a été révélée alors que, selon certaines informations, des réfugiés et des migrants détenus dans les centres libyens sont poussés à se suicider.

Un jeune Érythréen aurait tenté de mettre fin à ses jours cette semaine. Le mois dernier, un Somalien détenu dans le même centre est mort après s’être immolé par le feu.

Une violation du droit international

Les autorités maritimes italiennes et maltaises ont participé à l’opération, menée par le navire marchand Nivin.

Battant pavillon panaméen, il a fait monter le groupe à son bord en Méditerranée centrale le 8 novembre et les a ramenés en Libye, dans ce qui apparaît clairement comme une violation du droit international, ce pays ne pouvant pas être considéré comme un endroit sûr pour débarquer des migrants.

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Vidéo : “La crise des réfugiés”, quelles solutions ?

Au titre du droit international, nul ne devrait être renvoyé vers un pays où sa vie est en danger.

Les gouvernements européens et le Panama doivent coopérer avec les autorités libyennes afin de trouver une solution pour les personnes à bord de ce navire et leur éviter de se retrouver en détention pour une durée indéfinie dans les centres libyens, où la torture est monnaie courante.

Des milliers de migrants et réfugiés en Libye sont toujours bloqués dans des conditions affreuses dans les centres libyens, sans possibilité d’en sortir.

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