Des femmes marchent pour demander la décriminalisation de l'avortement, à Buenos Aires en Argentine. Septembre 2017.
© Matias Jovet / NurPhoto / NurPhoto via AFP

L’avortement est un droit fondamental. Chaque année, des millions de personnes y ont recours. Pourtant encore aujourd’hui, il continue d’être questionné, stigmatisé et criminalisé. Parce qu’il est essentiel de rétablir les faits, voici 7 informations clefs à retenir sur le droit à l’avortement. 

L’avortement est un acte médical qui permet de mettre fin à une grossesse. Il s’agit d’un soin de santé courant auquel des millions de personnes ont recours chaque année. En France, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est dépénalisée depuis le 17 janvier 1975, grâce à la loi Veil. Cinquante ans plus tard, cette victoire historique est entérinée avec l’inscription de ce droit au sein de la Constitution française, le 4 mars 2024.  

Mais aujourd’hui, des mouvements « pro-vie » souhaitent revenir sur plus d’un demi-siècle de progrès. Sous couvert de protéger les valeurs familiales et les rôles de genre « traditionnels », ces mouvements diffusent la peur et la mésinformation, pour faire reculer l’accès à l’avortement et l’égalité. Pour bien dénouer le vrai du faux, voici 7 informations essentielles à retenir au sujet de l’avortement.  

1. L’avortement n’est pas une opinion, c’est un droit fondamental  

Pouvoir prendre soi-même les décisions concernant sa santé, son corps et sa vie sexuelle est un droit humain fondamental. Il constitutif de l’égalité entre les femmes et les hommes et d’une société plus juste. A l’inverse, forcer une personne à poursuivre une grossesse non désirée ou la forcer à avorter dans des conditions dangereuses constitue une atteinte à ses droits humains : son droit à la santé, à disposer librement de son corps, à ne pas être soumis à la torture ou des traitements cruels inhumains ou dégradants.  

2. L’avortement n’est pas une intervention risquée, c’est un acte médical sûr 

L’avortement, médicamenteux ou chirurgical, est une intervention simple qui peut être effectuée sans risque par un large éventail de professionnel·les de santé. Lorsqu’ils sont pratiqués ou accompagnés par un·e professionnel·le de santé qualifié·e dans de bonnes conditions d’hygiène, les avortements sont les actes médicaux les plus sûrs disponibles. Mais quand l’accès à l’avortement est restreint, les personnes sont contraintes de recourir à des avortements clandestins et dangereux. Or c’est précisément lorsqu’ils sont pratiqués sans accompagnement professionnel, que les avortements peuvent avoir de graves conséquences sur la santé.   

3. L’avortement n’est pas une exception, c’est un soin de santé essentiel 

La criminalisation de l’avortement entraîne une tendance à le considérer comme une exception, artificiellement placée hors du champ des soins médicaux classiques. Les soins liés à l’avortement sont pourtant des soins de santé essentiels. Ils devraient être traités comme tout autre service de santé et ne devraient pas faire l’objet de réglementations pénales.  

4. L’accès à l’avortement n’est pas un luxe, c’est une question de santé publique  

Aujourd’hui, environ 45 % des avortements sont pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurité selon l’OMS. Le manque d’accès, en temps opportun, à un avortement sécurisé, abordable et respectueux est un problème majeur de santé publique. En effet, les avortements pratiqués dans des conditions dangereuses sont la 3e cause de mortalité maternelle au monde. Les décès sont particulièrement courants dans les pays où le recours à l’avortement sûr est limité ou complètement interdit. Pourtant, ils pourraient facilement être évités grâce à un accès légal et sûr.  

5. Criminaliser ce droit ne diminue pas le recours à l’avortement, il le rend plus dangereux 

Interdire ce droit ne fait pas baisser le nombre d’avortements. D’après l’Institut Guttmacher, le nombre d’avortements est significativement le même dans les pays qui l’interdisent ou le restreignent et dans ceux qui l’autorisent : 37 personnes sur 1 000 y ont recours dans le premier cas contre 34 sur 1000 dans le second. Les restrictions ne font donc qu’augmenter les risques pris par les personnes qui souhaitent avorter.  

  6. Même lorsqu’il est autorisé, l’avortement reste difficile d’accès 

Ces dix dernières années, il y a eu des avancées législatives majeures en faveur du droit à l’avortement en Europe. Cependant, dans la pratique, l’accès à l’avortement est loin d’être une réalité pour tout le monde. Refus de soins, manque de personnel formé, délais d’interruption de grossesse, procédures fastidieuses, coûts élevés : même lorsqu’il est autorisé, de nombreuses barrières empêchent encore les personnes d’y avoir recours. 

7. La criminalisation impacte plus durement les populations vulnérables 

La criminalisation de l’avortement et les obstacles persistants au droit à l’avortement touche de manière disproportionnée les groupes et les personnes déjà marginalisées. On pense notamment à celles qui ont de faibles revenus, les personnes réfugiées ou migrantes, les personnes LGBTIQ+ ainsi que les communautés racisées ou autochtones. A ces barrières, s’ajoutent la persistance d’une forte stigmatisation de l’avortement et des personnes qui y ont recours, largement entretenue par des mouvements « pro-vie » qui gagnent du terrain partout dans le monde, y compris en France. 

Toute personne doit être libre d’exercer son autonomie corporelle et de prendre ses propres décisions concernant sa vie reproductive, et en particulier de décider à quel moment avoir des enfants, si elle le souhaite.  

C’est pourquoi nous appelons les États du monde entier à honorer leurs obligations de garantir le droit à l’avortement pour toutes les personnes, et à respecter et protéger le droit de toutes les personnes qui défendent le droit à l’avortement.

S'informer