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À Roscoff

la planque de l’hôtel Ritz

Un bâtiment inachevé est devenu un abri pour les migrants, soutenus par une poignée de citoyens.

Pour beaucoup de gens de Roscoff, le disgracieux bloc de béton gris reste une « verrue » dans un paysage de carte postale. Dès le 10 mars 2016, quelques jours après le démantèlement de la zone Sud du camp de Calais, il devient par intermittence le refuge d’une soixantaine d’hommes, de femmes et d’enfants candidats au voyage outre-Manche. Un lieu insalubre, sans eau, offert aux vents salins.

Ninon suit du doigt les lettres KOBANI dessinées avec du ruban adhésif sur les murs de « l’hôtel Ritz », ainsi surnommé par Jacques Q., ou de « l’hôtel Bérouz », comme l’ont ensuite rebaptisé les membres du collectif Roscoff. Un clin d’œil à leur ami iranien parti, finalement, tenter sa chance du côté de Dunkerque. Mais le lieu est également connu sous le nom de « hôtel-béton » pour ne pas dire « hôtel Chapalain », en référence à son propriétaire, le très respecté président de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Morlaix. Qu’importe la désignation.

© Marcelino Truong pour La Chronique

Ce 27 octobre 2016, à quelques encablures des ferrys du port du Bloscon, à Roscoff, dans les « chambres » désertes et sordides du bâtiment inachevé, éventré, Ninon va et vient d’une pièce à l’autre, en sirotant une compote. Comme les adultes qui l’entourent, la petite fille se souvient des longues conversations, des livraisons de bois, d’eau, de nourriture et des goûters improvisés. Les copines d’école ne comprenaient pas très bien la nature de ses étranges escapades ni même qui était ce « Sharif » dont elle parlait sans cesse.

Sharif, Kurde de Syrie, professeur des écoles de 35 ans, a surnommé la petite fille « Mickey ». Parce qu’au coin du feu, assise en tailleur sur un matelas posé sur le sol de ciment froid et humide, elle grignotait les biscuits qu’il lui offrait, du bout des doigts, comme une petite souris. Sharif a survécu à la guerre, aux mers et, après maintes tentatives, a réussi à rejoindre les côtes anglaises, sa destination finale. Il a donné à Ninon le goût du thé noir sucré et lui a appris à baragouiner le kurde. D’elle, il a retenu quelques mots de français: « Bonjour, ça va ? », « Ça va bien, et toi ? ». Et « Je t’aime ». Ces deux-là, même aujourd’hui séparés par la Manche, ne s’oublient pas. « Quand on échange sur Messenger, en anglais, Sharif demande systématiquement des nouvelles de “Mickey” », raconte émue Dominique, la maman de Ninon.

Longtemps le collectif de soutien aux migrants a soigné sa discrétion.

Son fonctionnement, tel que je pouvais l’interpréter dans les déclarations de Michel, m’a rappelé celui des réseaux de résistance.

Françoise Gennevois, une amie proche de celui que les anciens pensionnaires de « l’hôtel » appellent amicalement « docteur Michel.

Aujourd’hui encore, les journalistes et les photographes qui approchent le petit groupe pour entrer en contact avec les migrants de Roscoff sont invités à ne pas trop s’obstiner. Ou à changer leur caméra d’épaule. « Cet été, une équipe de France 3 a insisté pour rencontrer les occupants de “l’hôtel”. Faire la lumière sur eux, c’était prendre le risque de les mettre en difficulté. Ils ne le souhaitaient pas de toute façon. On a tenu bon. Finalement, les journalistes ont fait un sujet sur le Jardin Exotique ! », rapporte Paulette, petite femme de 57 ans, montée sur ressorts. Le groupe marchait sur des œufs. « Le Sous-Préfet, une élue du pays de Morlaix, le propriétaire des lieux, avaient été clairs. Tour à tour, ils nous ont dit : on tolère ces migrants. Mais il ne faudrait pas qu’ils soient plus nombreux ». Un ultimatum. Pour continuer à aider, agissez cachés. Sinon, le lieu sera détruit.

La mobilisation s'organise

Le déclencheur de cette organisation citoyenne est un article paru le 24 mars 2016, dans les colonnes de Ouest-France, titrant photo à l’appui : « Roscoff. Des migrants présents dans un hôtel désaffecté, près du port ». À Morlaix, au sud de Roscoff, le collectif local constitué entre autres pour accompagner les demandeurs d’asile du Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Pleyber-Christ, se met en branle. C’est Pâques. Dominique, 39 ans, ingénieure agricole, suggère aux siens de prendre l’air du côté du Jardin Exotique.

J’avais une idée en tête : constater de mes propres yeux leur présence. J’ai vu de la fumée sortir du bâtiment. Je n’ai pas osé m’arrêter, parce que les filles étaient avec nous.

Dominique, 39 ans, ingénieure agricole

De retour à son domicile de Plouénan, elle envoie un message aux membres du groupe morlaisien et propose d’aller, dès le lendemain, à la rencontre de ceux qui n’ont pas encore de prénoms ni de visages. Arzhel et Esther, la trentaine, se portent volontaires pour l’accompagner. Le premier, persanophone, chef de projet humanitaire, est de retour du camp de Grande-Synthe. Ce 29 mars, en Finistère Nord, les goélands annoncent de mauvais vents. Il pleut des cordes. « Un vrai temps de Toussaint ». Sharif, débarqué sur les côtes autour du 15 mars, contacté par Messenger, témoigne : « Je suis resté presque cinq mois à Calais. Nous étions épuisés par les échecs, de toujours fuir la police, les gaz lacrymogènes. Alors nous avons décidé d’aller à Roscoff et cherché un endroit où nous poser. Nous avons trouvé ce vieux bâtiment crasseux.

C’était un autre enfer, pire que la Jungle. Nous devions dormir à même le sol, sans matelas, ni couverture. C’était sale. Il n’y avait pas d’eau courante. En plus de ça, il faisait froid. C’était insupportable.

Sharif, réfugié

Arzhel rédige un long mail à l’adresse des soutiens connus pour expliquer la situation et surtout l’urgence qu’il y a à vitaliser le lieu glacial et humide. Il précise que les rapports avec la police qui recense les occupants chaque matin (ils sont alors onze), et les voisins sont bons. Mais il omet d’écrire ce qu’il confiera plus tard : « L’un des gars rencontré le jour de cette première visite m’avait dit que, n’ayant rien à se mettre sous la dent, il venait de manger l’herbe trouvée autour du squat… Dans tous les cas, on se devait d’aider ces gens ».

© Marcelino Truong pour La Chronique

L’appel est lancé. Les Voltigeurs, constitués à Morlaix en janvier 2016 pour collecter le nécessaire vital et le convoyer vers Calais, sont sollicités. « En 24 heures, nous avions de quoi répondre à l’urgence », raconte Dominique. Jacques D., la trentaine, un Roscovite du centre-ville, sans savoir ce qui se tramait du côté de Morlaix, est aussi sur le coup. Depuis quelques jours déjà, il apercevait dans les rues des personnes en errance. Elles allaient, venaient, comme des ombres, « prendre » du Wifi gratuit près de la chapelle Sainte-Anne, ou remplir d’eau des bidons de 5 litres aux toilettes publiques du port ou aux robinets du cimetière. Après Pâques, l’aide est en marche. Michel, le médecin-retraité de Plougasnou a déjà soigné la cheville blessée signalée par Arzhel. Comme souvent dans pareille situation, l’humanité va converger en terrain hostile.

On est juste des gens qui avons aidé et aidons d’autres gens

Marie-Thé

Éviter les prétextes à conflit

La quinzaine de volontaires s’organise : « On ne se connaissait pas et on est devenus amis en très peu de temps. Quand on est dans l’urgence, on crée très vite des liens ». Mais aussi : « Ce n’est pas de moi dont il faut parler. Chacun a un rôle bien déterminé mais c’est collectivement que l’on a réalisé tout ça et que l’on poursuit l’aventure ». Et encore : « Ça peut paraître naïf mais, désormais, on est une famille . C’est vrai, on nous a reproché d’être trop entre nous. Mais c’était dans le seul intérêt de nos amis. Les distributions volontaires de nourriture, sans cadre, c’était contre-productif. On soupçonnait deux ou trois d’entre eux d’être des passeurs. Il a alors fallu organiser les distributions dans des caisses en plastique, par groupe. On a vite abandonné l’idée d’un coin repas partagé parce que tout était prétexte à conflit ».

Début avril, « l’album de famille » en témoigne, la vie dans le squat devient plus supportable. Des sourires. Des rires. Des accolades. Les matelas, les couvertures jonchent le sol balayé, nettoyé. Les dons de vêtements et de chaussures affluent. Les hangars, les garages, les préaux des maisons-amies sont réquisitionnés pour stocker la nourriture, le bois, les bidons d’eau ; trier les vêtements, les chaussures. Les machines à laver tournent à plein régime. Sylvie, « la maman », gère la « bouffe ».

Une fois par semaine, Kaelig, se rend au Secours populaire de Morlaix. Là, elle remplit le coffre de sa Kangoo pour nourrir jusqu’à 25 personnes, en mai. « C’était du délire. Le coffre de ma voiture touchait presque la route ! », se souvient la jeune femme. Comme Michel, elle aussi a sollicité les copains : des journées entières à scier, couper, transporter des bûchettes pour réchauffer les pièces béantes, calfeutrées de bâches en plastique bleu et de draps.

Il y avait des gosses. Il faisait quatre degrés le matin. Toi, avec tes chaussettes, au coin de ta cheminée, déjà tu caillais. C’était insupportable de les imaginer dans l’hôtel. On devenait obsédés par le bois !

Dominique

Pour la quinzaine de volontaires, la gestion du squat devient une activité chronophage. Michel court les urgences de l’hôpital de Morlaix. Paulette se plonge dans le droit des étrangers.

Elle se forme auprès de la coordination Grand Ouest. Pour formuler des recours aux obligations de quitter le territoire français (OQTF), rédiger les récits de vie des demandeurs d’asile, la militante sollicite la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, le Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti), la Plateforme de soutien des migrants de Calais (PSM), etc. Elle dit : « Berouz pourrait faire la demande de Dublin positif. Avec son histoire, terrible, il est éligible. La LDH est ok pour appuyer la demande s’il va jusqu’au bout. Personne ne l’a encore fait, en France. La PSM ne connaissait pas cette procédure ».

Michel, son binôme, est soufflé : « Elle est incroyable, c’est un vrai disque dur ! ».

Les frères de Roscoff ne se font pas prier

François, 77 ans, physique de jeune homme, chaussures de sport en cuir brun, pantalon beige et polaire zippée, attend dans la cour de la maison de retraite des Frères de Ploërmel, en centre-ville de Roscoff. Lui aussi a lu Ouest-France du 24 mars. Et, plus tard, en mai, dans le quotidien La Croix, les déclarations du pape François : « Le pire accueil est de les ghettoïser [les migrants] alors qu’il faut au contraire les intégrer ». Les frères de Roscoff suivent les recommandations du Souverain pontife qui, depuis, a précisé son propos. Ils ouvrent les portes de la solidarité fraternelle inter-religieuse. Le 1er juin, après avoir obtenu le feu vert de ses supérieurs de l’évêché de Vannes, le septuagénaire rend disponibles quatre chambres, huit lits, aux occupants du squat. « Ils sont venus visiter les lieux. Certains ont tout de suite été conquis. Sharif, lui, hésitait. Il pensait que le confort d’une chambre avec sanitaires le détournerait de son projet : le passage en Angleterre. Quarante-huit heures plus tard, la maison était pleine ».

Devant l’hôtel Ritz, le prénom du frère s’est vite glissé dans la conversation. Les volontaires chantaient ses louanges. « Un homme remarquable. Et quelle pêche ! Il nous a bien soulagés ! ». En veille permanente sur ce qui se tramait à Roscoff, ils avaient lu dans la presse que les frères, au nombre de cinq, avaient logé pendant dix jours une vingtaine de régatiers. « On s’est dit que s’ils pouvaient héberger des « voileux », ils pouvaient bien accueillir des migrants ! », se rappelle, en riant, Paulette. Fin mai, François reçoit du collectif un courrier précisant les conditions de vie des occupants du squat mais aussi, pour le rassurer, l’organisation bien huilée du petit groupe.

Frère François invite à le suivre dans la petite salle de vie, au rez-de-chaussée. Le traditionnel meuble breton sculpté domine la pièce. Sur la table recouverte d’une toile cirée, un pot de sucre, des biscuits dans une boîte en fer et des sachets de thé noir. Le frère François, un buveur de café, s’est lui aussi mis à l’heure orientale. Ou anglaise, puisque c’est majoritairement le projet de ceux qui échouent à Roscoff. Aslam, un Pakistanais de 34 ans, rejoint la tablée pour rire aux histoires de Paulette et découvrir le règlement intérieur français-anglais rédigé en treize points par son hôte : le ménage, la cuisine, les cours de français mais aussi quelques mots sur l’accueil, la mise à l’abri « pour se reposer, réfléchir, décider ». Son titre : « Pour vivre ensemble ». Aslam lève les sourcils. Il sourit. Il acquiesce. Frère François, en bon père de famille, précise, solennel : « Aslam n’est pas concerné. C’est surtout pour les plus jeunes ! ». Quatre Albanais passent la porte. Ils ont entendu les rires de Paulette. Elle leur montre le panneau blanc, accroché au mur. En anglais, elle dit à Genti, anglophone : « Kaelig passera vous prendre vendredi à 9 h 30 pour les Restos du cœur ». Tous s’assoient. C’est toujours l’heure du thé.

Aucun soutien des élus

Au fil du temps, la relation aidant-aidé se dissout. Les frontières culturelles tombent. « On est allé à la plage avec eux. Il fallait voir Berouz, avec ses lunettes de soleil. On aurait dit un gamin ! Il disait : Je profite du moment présent », raconte Jacques Q., le polyglotte de la bande, étranglé par l’émotion. Lui et son épouse Gaby, infirmière, gardent le souvenir amusé de leur ami iranien, chez eux, charentaises aux pieds, ceint dans un peignoir d’emprunt après la douche. Kaelig la surfeuse s’interroge encore :

Vous croyez que Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, a accroché les photos que l’on a adressées à son cabinet ?

Kaelig

Genti et Bardi, les deux Albanais, en combinaison de surf, sous les ors de la République ? C’est peu probable. Auprès des élus contactés, le collectif n’a pas reçu et ne reçoit pas de soutien. Ou peu. Stéphane, conseiller municipal (PS) dans l’opposition a obtenu de la mairie de Roscoff des jetons pour accéder aux douches municipales. Et une petite tribune, en novembre, dans le magazine municipal pour formuler un appel aux dons.

La mairie ne nous met pas de bâtons dans les roues. Mais on ne peut pas dire qu’elle nous aide non plus.

Le collectif de soutien aux migrants

Michel a, lui, essayé d’obtenir l’adhésion des confrères du canton. Il a déposé des mots dans les boîtes aux lettres des cabinets médicaux. Pour seule réponse, le silence. Et un fardeau lourd à porter : la déception muette. Au sujet du collectif, Sharif, confie :

«  Roscoff restera une étape importante dans ma vie. Par comparaison avec Calais, un cauchemar, c’était comme un doux rêve (…). J’aime tellement ce groupe que, lorsque je suis arrivé à Cardiff, j’ai eu le sentiment d’avoir perdu quelque chose ».

Franchement, après mon passage par la Jungle, ils ont changé l’image que j’avais des Français.

Sharif

Son long message, dans lequel il prend soin d’additionner les attentions de chacun, s’accompagne d’une photo avec un lapin en peluche et un dictionnaire « anglais / français en images ». Un cadeau de « Mickey ».

© Marcelino Truong pour La Chronique

Démolition du squat

Lundi 14 novembre 2016, je reçois des messages de Paulette : « La police a demandé à trois Iraniens et à une Polonaise nouvellement arrivés de quitter le squat. Devant l’hôtel, grosse pelleteuse et camion à benne ». Le lendemain, à 8 h 45, sous le crachin roscovite, je retrouve le petit groupe, impuissant, devant le ballet funeste du broyeur sur chenilles. À leur pied, un drap blanc marqué : « Logement et dignité pour tous ». Jacques D. est perdu dans ses pensées. Las, il explique : « La journée d’hier a été très compliquée. On n’a pas été autorisés à récupérer les matelas et les affaires de cuisine ». Paulette porte un gilet de sauvetage rouge. Un hommage à celles et ceux qui bravent les mers et n’en reviennent pas. J’ai manqué de peu la tirade de Jean-Paul Chapalain, le propriétaire des lieux. La moutarde lui est montée au nez devant la présence citoyenne matinale. Il aurait adressé au collectif et ses soutiens, un lapidaire : « Vous êtes des assistés ». De retour sur le chantier de démolition, il refuse de répondre à mes questions, avant de lâcher sur la défensive : « On a laissé les migrants, ça suffit ». Estelle, 27 ans, réflexologue, chaussée de bottes en caoutchouc, va à sa rencontre, la fleur au fusil et lui dit :

On peut se parler, peut-être ? On n’est pas là pour contester la destruction mais pour dénoncer l’absence de solution et l’incurie des pouvoirs publics. Demain, ces personnes, on les retrouvera sous des tentes.

Estelle, 27 ans

Il répond, agacé, ennuyé : « Vous et moi avons été élevés avec les mêmes valeurs humanistes ». Le maire de Roscoff rejoint le président de la CCI. Estelle le remercie pour les jetons de douche. Les deux élus s’en vont. Ensemble. Les « Utopistes en action » du pays de Morlaix arrivent en soutien. Arzhel enlace Paulette par les épaules. Le jeune homme est ému. Devant le champ d’artichauts, deux gendarmes présents sur les lieux commentent : « La ville est belle. C’est bien que ce tas de béton soit détruit. Les migrants, si on les écoute, ils ont tous 17 ans. Et bizarrement, les radios [osseuses], elles disent qu’ils sont majeurs… » Personne ne relève. Tous se rassurent : « On va continuer. Autrement ». Ils se quittent : « À vendredi, chez les frères, pour la réunion ». Un mois plus tard, le 15 décembre, le collectif organise son premier événement public : la projection, au cinéma de Roscoff, du documentaire La mécanique des flux. La salle est pleine. La soirée se termine, autour d’un thé et de nouvelles idées.

— De notre envoyée spéciale Laetitia Gaudin. Illustrations Marcelino Truong pour la Chronique d'Amnesty International

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