La reconnaissance faciale dans nos villes : c’est non !
Jusqu'au 30.12.2023
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La reconnaissance faciale : cette technologie est en plein essor et séduit de plus en plus d’entreprises privées et de gouvernements. Elle risque d’être normalisée dans tous les aspects de notre vie quotidienne et de devenir une arme aux mains de forces de l’ordre. Cela est très inquiétant pour nos droits.
Dans le monde entier, des citoyens s’inquiètent du risque que la reconnaissance faciale représente pour nos sociétés. Cette technologie est extrêmement intrusive. Si elle se généralise, nos villes risquent de devenir des cités de surveillance dignes d’un roman d’Orwell : vous ne serez jamais anonymes. Que vous participiez à une manifestation, que vous vous rendiez à pied dans un quartier ou que vous alliez juste faire des courses, votre visage pourra être identifié.
Notre demande est la suivante : l’interdiction mondiale des systèmes de reconnaissance faciale, une forme de surveillance de masse.
Vidéo : Reconnaissance faciale, tous concerné.e.s
Des villes expérimentent déjà cette technologie : à New-York, la police peut suivre à la trace les habitants grâce aux images prises par un réseau tentaculaire de 15 000 caméras de surveillances, transférées à des logiciels de reconnaissance faciale. En Inde, la ville d’Hyderabad est l’une des villes les plus surveillées au monde. Il est devenu presque impossible de marcher dans cette ville sans risquer d’être exposé à la reconnaissance faciale.
L’utilisation de la reconnaissance faciale pose énormément de problèmes : elle porte atteinte à la vie privée et menace les droits à la liberté d’expression, à l’égalité et à la non-discrimination. Et le droit de manifester : certaines personnes risquent de ne plus vouloir se rendre à une manifestation en sachant qu’elles s’exposent à la reconnaissance faciale.
Ces pratiques dangereuses et discriminatoires doivent cesser : non à la reconnaissance faciale dans nos villes !
Chers représentants des États à l’Assemblée générale des Nations unies et au Conseil des droits de l’homme,
Nous, soussignés, formons une communauté internationale de personnes appelant à la fin du déploiement effréné de technologies de surveillance expérimentales compromettant nos droits humains. Nous vous appelons à établir de manière définitive une interdiction mondiale des technologies de reconnaissance faciale permettant une surveillance de masse et discriminatoire.
Ces systèmes sont utilisés comme une forme de surveillance biométrique de masse qui porte atteinte au droit à la vie privée et menace les droits à la liberté de réunion pacifique et d’expression, à l’égalité et à la non-discrimination. Cette technologie exacerbe le racisme systémique, car elle est susceptible de toucher de manière disproportionnée les personnes de couleur, déjà en butte à la discrimination et à des violations des droits humains imputables à des représentants des forces de l’ordre. Les minorités et les personnes ayant la peau sombre risquent davantage d’être incriminées par les systèmes de reconnaissance faciale.
Les technologies de reconnaissance faciale sont développées en récupérant des millions de clichés à partir de profils sur les réseaux sociaux et d’autres bases de données (tels que les registres de permis de conduire), sans que la personne ne le sache ni qu’elle y consente. Le logiciel effectue alors une analyse faciale des images capturées par les systèmes de télévision en circuit fermé et d’autres systèmes de vidéosurveillance pour rechercher d’éventuelles correspondances.
Durant la pandémie de Covid-19, l’utilisation des technologies telles que la reconnaissance faciale s’est intensifiée, au nom de la sécurité en lien avec la situation sanitaire. Non seulement cette technologie est dangereuse et injustifiable, mais elle risque de continuer à être utilisée après la pandémie et d’être normalisée dans tous les aspects de notre vie quotidienne. Ces pratiques enfreignent les droits fondamentaux et risquent d’avoir un effet glaçant, de dissuader les citoyens d’exercer leur droit de manifester partout dans le monde et de cibler les groupes les plus marginalisés. De nombreuses villes sont seulement à une mise à jour de son utilisation généralisée. Il faut que cela cesse.
Il apparait crucial que les États et leurs représentants dans les forums de gouvernance admettent que la reconnaissance faciale à des fins d’identification est une technologie de surveillance de masse et donc qu’elle est incompatible avec le droit international relatif aux droits humains. De plus, les technologies connexes telles que la reconnaissance des émotions sont largement considérées par les chercheurs comme de la pseudo-science, étayée par les théories discréditées de la phrénologie et de la physiognomonie. Il n’existe pas de « garanties » suffisantes en vue de permettre un recours à ces deux types de surveillance biométrique.
En tant que communauté regroupant des personnes du monde entier, nous appelons les États à reconnaître et à se saisir de leur responsabilité de protection des droits humains des citoyens du monde entier en interdisant le développement, la vente, l’utilisation et l’exportation de technologies de reconnaissance faciale.
Les appels en faveur de l’interdiction de ces technologies prennent de l’ampleur, comme en témoigne l’adoption de nombreuses interdictions permanentes et moratoires temporaires sur leur utilisation à travers le monde. Ils ont également été soutenus par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme et par une grande majorité de membres du Parlement européen.
Une coalition mondiale de plus de 200 organisations de la société civile, y compris Access Now, Amnesty International, Article 19, European Digital Rights (EDRi), Human Rights Watch, Internet Freedom Foundation (IFF) et Instituto Brasileiro de Defesa do Consumidor (IDEC), d’autres militants, de spécialistes des technologies et d’experts du monde entier ont déjà appelé à une interdiction mondiale de l’utilisation des technologies de surveillance biométrique permettant une surveillance de masse et discriminatoire.
Il est temps d’agir. Les technologies de reconnaissance faciale amplifient le racisme dans le cadre du maintien de l’ordre et menacent de réduire l’espace civique partout dans le monde. Il faut mettre fin à leur déploiement : Non à la reconnaissance faciale !
Téléchargez la version imprimable et faites-la signer autour de vous.
