Monsieur le Président,
Je suis profondément préoccupé par le traitement des 629 personnes à bord du navire Aquarius. L’Italie et Malte lui ont refusé l’accès à leurs ports. Heureusement, l’Espagne s’est portée volontaire pour accueillir les personnes. La France quant à elle n’a pas proposé d’accueillir le bateau dans un port français. Elle s’est contentée de réagir tardivement en dénonçant l’hypocrisie de l’Italie et en proposant d’accueillir un nombre limité de demandeurs d’asile.
La fermeture des ports, laissant ainsi des personnes sans accès à la protection est cruelle et inhumaine. L’Union européenne et la France ne peuvent pas tourner le dos aux personnes qui recherchent la protection.
Cette situation inacceptable est due au manque de solidarité pour accueillir des demandeurs d’asile en Europe. Le système d’asile européen ne fonctionne pas depuis des années. La grande majorité des pays européens échappent à leurs responsabilités d’accueillir des demandeurs d’asile alors que les pays frontaliers, notamment la Grèce et l’Italie, accueillent la plupart de ces personnes.
Tous les pays européens doivent se partager la responsabilité d’accueillir les demandeurs d’asile qui arrivent en Europe. C’est la condition indispensable pour maintenir le système de recherche et de sauvetage en mer.
Les règles actuelles du règlement Dublin devraient être remplacées par un système européen juste et efficace. Chaque pays doit accepter d’accueillir une partie des demandeurs d’asile.
Lors du prochain Conseil européen, les 28 et 29 juin, je vous demande de coopérer avec les autres pays européens pour :
- Sauver les vies humaines en mer
- Garder les ports européens et français ouverts pour accueillir les personnes rescapées.
- Mettre en place un mécanisme de partage de responsabilité entre Etats membres pour que chaque Etat prenne sa juste part dans l’accueil des demandeurs d’asile qui arrivent en Europe
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.