Liberté pour Ibrahim, persécuté pour avoir défendu le droit au logement
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Après 167 jours de disparition forcée, Ibrahim Ezz-el-Din a été vu pour la première fois le 26 novembre 2019, dans le bureau du procureur général de la sûreté de l’État. Il a déclaré au procureur avoir été torturé pendant sa détention. L’agence nationale de sécurité égyptienne (NSA) nie en bloc cette détention, assurant qu’il aurait été arrêté la veille. Son avocat demande qu’une enquête soit ouverte.
Ibrahim Ezz El-Din travaillait pour la Commission égyptienne des droits et libertés (ECRF) depuis février 2016, où il enquêtait sur le bilan de l’Égypte en matière d’accès au logement (expulsions forcées, politiques d’urbanisme…).
Dans la nuit du 11 juin 2019, il a été enlevé en pleine rue par des agents de sécurité égyptiens en civil dans son quartier de Moqattam au Caire. Après son arrestation, sa famille et ses avocats se sont immédiatement rendus au poste de police de Moqattam mais les autorités ont nié sa détention. Ils ont également envoyé un courrier au procureur général et déposé une plainte concernant sa disparition, sans succès. Ibrahim est la cinquième personne affiliée à l’ECRF, l’une des principales ONG égyptiennes, travaillant sur la question des disparitions forcées à avoir été arrêtée depuis 2016.
Son arrestation intervient dans un contexte de crise des droits humains et de répression de la société civile égyptienne qui a conduit à l’arrestation et la disparition forcée de centaines de personnes.
Des critiques du régime, dont des journalistes, des amateurs de football, des politiciens et des membres d’organisations de la société civile, ont été arrêtés arbitrairement, inculpés pour « terrorisme ». Ils ont été placés en détention provisoire pendant des mois ou des années, sans jamais être traduits en justice, sans accès à leur avocat ou à leur famille et sans contrôle judiciaire externe, simplement en raison de leur identité, de la nature de leur travail ou tout simplement pour avoir exprimé une opinion critique du pouvoir en place.
Il doit être relâché immédiatement.
Monsieur le Procureur,
Ibrahim Ezz El-Din travaillait pour la Commission égyptienne des droits et libertés (ECRF), où il enquêtait sur l’accès au logement en Égypte. Dans la nuit du 11 juin 2019, il a été enlevé en pleine rue par des policiers en civil dans son quartier de Moqattam au Caire. Sa famille et ses avocats se sont rendus au poste de police mais les autorités ont nié sa détention. Ils ont également envoyé un courrier au procureur général et déposé une plainte concernant sa disparition, sans succès. Son arrestation intervient dans un contexte de répression et de crise des droits humains dans le pays qui a conduit à la détention et la disparition forcée de centaines de personnes pour leur identité ou pour avoir exprimé une opinion critique du pouvoir en place.
Monsieur le Procureur, nous vous demandons de :
• révéler où se trouve Ibrahim Ezz El-Din et veiller à ce qu’il puisse consulter ses avocats, voir ses proches et soit protégé contre la torture et les autres formes de mauvais traitements ;
•libérer sans conditions Ibrahim ;
•traduire en justice tous les responsables présumés de sa « disparition ».
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Procureur, l’expression de ma très haute considération.
