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Peine de mort et torture
Actualité

Contre la peine de mort, 40 ans de combat

Nous avons été la première organisation de défense des droits humains à inclure l’abolition de la peine de mort dans son mandat dans les années 70. Retour sur 40 ans de combat

À l’époque, des groupes abolitionnistes s’étaient déjà formés dans certains pays et on entendait déjà, dans plusieurs régions du monde, des représentants religieux ou de la société civile s’opposer au recours à cette peine. Plusieurs gouvernements et des organisations intergouvernementales avaient commencé à faire part de leurs préoccupations face au recours à la peine capitale.

Il a toutefois fallu attendre la Conférence internationale sur l'abolition de la peine de mort, que nous avons organisée à Stockholm en 1977, pour que ces initiatives distinctes se relient les unes aux autres et qu’un mouvement mondial naisse et commence à s’organiser. La conférence, à laquelle plus de 200 délégué-e-s venant de 50 pays participaient, a affirmé sans ambiguïté son opposition inconditionnelle à la peine de mort en s’appuyant sur les droits humains et leur universalité, ajoutant ainsi une nouvelle dimension importante au discours public sur ce sujet souvent controversé.

Un mouvement abolitionniste qui a grandi

Plus tard, en mai 2002, plusieurs organisations, ont créé la Coalition mondiale contre la peine de mort afin de coordonner au niveau mondial les stratégies et le travail effectué et d’aider ses membres, qui sont plus de 150 aujourd’hui, dans toutes les régions du monde. Beaucoup d’autres acteurs et actrices se sont joint-e-s au travail abolitionniste – ordres des avocats, universitaires ou criminologues, syndicalistes, artistes, maires de villes du monde entier et député-e-s, parmi tant d’autres. Dynamisé par les positions de plus en plus affirmées en faveur de l’abolition qu’ont prises les Nations unies et d’autres organisations régionales, le mouvement abolitionniste s’est beaucoup développé et a parfois servi d’exemple pour renforcer le travail de défense des droits humains dans d’autres domaines.

Avec le temps, nos stratégies ont évolué. Alors qu’auparavant nous nous reposions principalement sur des manifestations silencieuses contre les exécutions, aujourd’hui nous nouons aussi un dialogue à long terme avec les décideurs et décideuses. Nous avons appris qu’il ne faut jamais cesser de dénoncer la réalité de la peine de mort, même lorsque celle-ci a été abolie, en raison du risque omniprésent que des hommes ou femmes politiques la ressortent comme un remède soi-disant miracle à la criminalité. Nous avons entamé de nouveaux dialogues avec des défenseur-e-s inattendu-e-s de l’abolition et nous avons réalisé que le messager est parfois aussi important que le message lui-même.

Si nous n’avons jamais fait de compromis sur notre volonté d’éliminer, une fois pour toutes, la peine de mort, nous avons également parfois cheminé pas à pas vers l’abolition, sans jamais perdre de vue notre but ultime. Les défis sont multiples mais nous avons appris que nous puisons notre force dans le travail et les points de vue des un-e-s et des autres, nous donnant la conviction que nos efforts peuvent aboutir.

Un mouvement au-delà de la société civile

Les militant-e-s ne sont pas les seul-e-s à avoir mené la lutte mondiale pour mettre fin à la peine de mort. Les réseaux professionnels ont également eu un rôle essentiel dans l’opposition croissante aux exécutions et ont montré que tout le monde a un rôle à jouer pour mener campagne contre le recours à cette peine.

En tant que membres des professions médicales s’adressant à des collègues dans d’autres pays, ils/elles ont pu exprimer de manière effective leur inquiétude face à l’utilisation de l’expertise et des équipements médicaux à des fins contraires à la raison d’être de la médecine, sauver des vies et soigner des malades, et contester la participation de professionnel-le-s de la santé aux exécutions organisées par des États.

Leur travail a contribué à l’adoption, par de nombreuses instances médicales, de déclarations affirmant que la participation de médecins, de psychiatres et d’infirmier-ère-s au processus des exécutions était contraire à l’éthique et les exhortant à s’opposer fermement à la participation des professionnel-le-s de la santé. Notons par exemple les déclarations de l’Association médicale mondiale, qui a adopté une telle position pour la première fois en 1981. Plus récemment, elle a soutenu les appels des Nations unies en faveur d’un moratoire sur les exécutions.

Les professionnels de la santé ont aussi mené campagne pour que les États adoptent des dispositions réglementaires visant à interdire que des substances chimiques produites dans un but médical légitime soient utilisées dans les procédures d’injections létales et pour que les entreprises pharmaceutiques ne se rendent pas complices de la délivrance de la peine de mort. Les professionnel-le-s de la santé se sont joints au combat mondial contre le recours à la peine capitale pour les personnes présentant une déficience intellectuelle ou un handicap mental et en faveur de la réalisation automatique d’une évaluation de l’état de santé des personnes condamnées à mort. Ils/elles ont travaillé avec les militant-e-s et les avocat-e-s en proposant leur expertise médicale en appui au travail mené sur des cas individuels ; ils/elles nous ont aussi aidés à comprendre toute la complexité de ces aspects de la peine la plus cruelle, inhumaine et dégradante qui soit.radante qui soit.

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