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Le gouvernement israélien a prévu la construction de plus de 1000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est. © Ilia Yefimovich/Getty Images

Le gouvernement israélien a prévu la construction de plus de 1000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est. © Ilia Yefimovich/Getty Images

Le gouvernement israélien a prévu la construction de plus de 1000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est. © Ilia Yefimovich/Getty Images

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Actualité

Un membre du personnel d’Amnesty International refoulé par Israël

Raed Jarrar, directeur du plaidoyer pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International États-Unis, venait de perdre son père et voyageait à titre privé pour rendre visite à sa famille dans les territoires palestiniens occupés.

Raed Jarrar a été bloqué hier au point de passage entre la Jordanie et la Cisjordanie occupée. Des fonctionnaires israéliens l’ont interrogé sur les motifs de son séjour, sa famille dans les territoires palestiniens occupés, ses activités pour Amnesty International et en particulier le travail mené par l'organisation pour dénoncer les colonies israéliennes en Cisjordanie.

Lire notre dossier : Israël, 50 ans d'occupation

Un interrogatoire inquiétant

Au cours de son interrogatoire, Raed Jarrar s’est vu posé de multiples questions sur son travail et la nature de son propre rôle dans notre organisation. À un moment, les fonctionnaires lui ont demandé : « Pourquoi Amnesty International a-t-elle un problème (avec) Israël ? » Quand il a répondu qu'à sa connaissance, ce n’était pas le cas, les fonctionnaires ont évoqué le travail de l'organisation sur les « colonies de Cisjordanie », faisant manifestement référence à notre récente campagne où nous demandons aux États d'interdire les importations de produits provenant des colonies israéliennes.

Les fonctionnaires ont indiqué par la suite qu’ils avaient lu des informations sur les activités menées par l'organisation sur les colonies sur notre site Internet. Ils ont également demandé à Raed Jarrar de donner les noms des membres du personnel de la section israélienne d'Amnesty International à Tel Aviv et de l’antenne du Secrétariat international à Jérusalem.

Après son interrogatoire, Raed Jarrar a reçu un document confirmant qu'il s'était vu refuser l'entrée sur le territoire au titre de la Loi sur l’entrée en Israël, les motifs invoqués étant des considérations de « sécurité publique » ou d'« ordre public » et la « prévention de l'immigration illégale ». Lorsqu'il a demandé des éclaircissements, on lui a dit que les motifs de sécurité publique et d'ordre public lui étaient applicables, mais les fonctionnaires n'ont pas donné davantage de précisions.

Ils lui ont ensuite interdit d’entrer sur le territoire et l’ont renvoyé en Jordanie.

Raed Jarrar voyageait avec Alli McCracken, chargée de campagne sur l'Amérique du Nord à Amnesty International. Elle aussi a été interrogée sur ses précédentes visites en Cisjordanie. Elle ne s'est pas vu refuser l'entrée sur le territoire, mais elle a décidé de ne pas entrer sans Raed Jarrar.

Amnesty déjà dans le viseur dans ce pays

Le mois dernier, des médias israéliens ont indiqué que le ministère israélien des Finances prévoyait de prendre des mesures contre notre organisation en vertu de la « loi anti-boycott » controversée de 2011, en raison de la campagne sur les colonies lancée en juin 2017 par l’organisation. Nous avons demandé des éclaircissements aux autorités israéliennes mais elle n’a reçu aucune réponse officielle à ce jour.

La campagne demande aux États du monde entier d'arrêter de soutenir financièrement la politique de colonisation abusive et illégale menée par Israël, en interdisant l’entrée sur leurs marchés de biens provenant des colonies israéliennes et en empêchant les sociétés domiciliées sur leur territoire de mener des activités dans les colonies. Il existe un consensus international sur le fait que les colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés sont illégales et contraires au droit international ; elles entretiennent également les violations massives des droits des Palestiniens.

Notre appel est fondé sur l’obligation qui incombe aux États, en vertu du droit international, de ne pas reconnaître une situation illégale telle que celle créée par les colonies israéliennes, et de ne pas y contribuer.

Lire aussi : Israël envisage des sanctions contre notre organisation

Israël, de plus en plus intolérante avec les droits humains

Il s’agit d’une nouvelle manifestation inquiétante de la volonté des autorités israéliennes de faire taire les organisations de défense des droits humains et les militants qui critiquent le gouvernement israélien. Cela contredit les affirmations répétées du gouvernement selon lesquelles Israël est un État tolérant, respectueux des droits humains.

Cette affaire témoigne, une nouvelle fois, d’une progression inquiétante de l'intolérance des autorités israéliennes à l'égard des voix critiques.

Cessons le soutien aux colonies israéliennes

Il est temps d'interdire l'importation de produits issus des colonies israéliennes, interpellez Emmanuel Macron

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