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Liberté d'expression
Lettre ouverte

Nasrin Sotoudeh met fin à 46 jours de grève de la faim

Afin de dénoncer les abus des autorités iraniennes, cette brillante avocate a entamé une grève de la faim. Après avoir été hospitalisée, dans un état critique, elle y met fin. Dans cette lettre, Nasrin Sotoudeh explique son action depuis la prison.

Chers militants et chères militantes des droits humains,

Le 22 juillet 2020, j’ai entamé une grève de la faim afin de protester contre l’illégalité des actions menées par le pouvoir judiciaire en Iran. Après avoir enduré la faim durant 46 jours et avoir dû être hospitalisée, j’ai mis un terme à contrecœur à mon action vendredi 25 septembre 2020.

L’effet peut-être le plus évident de cette grève de la faim aura été de révéler jusqu’où le pouvoir judiciaire est prêt à aller pour enfreindre la loi et mettre en péril la vie de ses citoyens.

Je suis reconnaissante envers les prisonniers et les prisonnières qui ont participé à cette grève à mes côtés des jours, voire des semaines durant, au cours de cette période. Cinq se trouvaient dans la section réservée aux femmes des prisons d’Evin et de Gharchak, et cinq étaient dans la section des hommes. Chacun et chacune avait ses propres revendications mais le but de cette grève de la faim était en premier lieu de protester contre les infractions à la législation commises par le pouvoir judiciaire et d’exiger la libération de tous les prisonniers politiques. Je suis également reconnaissante envers toutes les personnes de par le monde qui nous ont apporté leur soutien pendant cette grève.

Cette action nous a permis d’attirer une nouvelle fois l’attention du monde sur la situation du peuple iranien, soumis à l’oppression et aux injustices. Je remercie tous mes collègues du Conseil national des barreaux en France et ceux de diverses associations dans d’autres pays, le président du Conseil central des barreaux et les membres du conseil d’administration qui ont suivi mon cas. Je suis reconnaissante envers tous les écrivains et artistes iraniens à l’étranger. La tyrannie qui règne dans leur pays les a forcés à affronter les difficultés de la migration et de la vie en exil, et pourtant, ils font la fierté de notre pays. Eux aussi, à leur manière, protestaient à mes côtés. Je remercie l’ensemble des personnes, des artistes et des écrivains qui ont témoigné leur soutien sous diverses formes. Enfin, je souhaite remercier les précieuses personnes au sein de nombreuses organisations de défense des droits humains qui, bien que vivant dans des pays libres, ont choisi de ne pas ignorer ce qui se passe dans le reste du monde.

À nouveau, j’insiste sur la légalité et la légitimité des revendications de tous les prisonniers qui ont participé à ce mouvement de grève de la faim. Ils demandent le respect des lois votées par le parlement iranien et la libération de tous les prisonniers politiques. Je répète que le système judiciaire est l’unique responsable de l’application des lois et de la réduction des peines sévères.

Puisse la justice régner à nouveau dans notre pays, l’Iran.

Nasrin Sotoudeh, septembre 2020

Prison d’Evin

Agir

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