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Journée de mobilisation mondiale pour le climat, Paris 2019 © Benjamin Girette / Hans Lucas

Journée de mobilisation mondiale pour le climat, Paris 2019 © Benjamin Girette / Hans Lucas

Journée de mobilisation mondiale pour le climat, Paris 2019 © Benjamin Girette / Hans Lucas

Liberté d'expression
Actualité

France : arrêtés pour avoir manifesté, ils témoignent

Frédéric, syndicaliste et Gilet jaune, harcelé par les autorités

À Besançon, Frédéric, un syndicaliste de 48 ans, fait partie des Gilets Jaunes depuis le début du mouvement. Manifestant pacifique, Il a fait l’objet de dizaines d’heures de garde à vue, d’une perquisition et de poursuites. Il a aussi été condamné, à la suite d’une garde à vue de 24 h, simplement pour avoir scandé un slogan « Castaner assassin ! » qui visait à dénoncer les violences policières. 

Frédéric a également reçu cinq amendes pour avoir participé à plusieurs manifestations, notamment un rassemblement silencieux pour Steve Caniço et des opérations « péage gratuit ». Le cas de Frédéric est emblématique du harcèlement dont certains manifestants pacifiques peuvent faire l’objet.  

Lise, convoquée pour outrage… pour un slogan 

Le 1er mai 2019, Lise et trois autres manifestants ont organisé une action pacifique à Narbonne contre l’usage d’armes, et en particulier celui du LBD40, pour maintenir l’ordre lors de manifestations. Pendant la manifestation, ils ont déployé des slogans imprimés sur du film plastique devant des bâtiments publics de la ville, notamment la sous-préfecture. Lise explique que les policiers ont contrôlé leur carte d’identité ce jour-là et que, quelques jours plus tard, ils ont été convoqués au commissariat, où ils ont été informés qu’une enquête avait été ouverte contre eux : les autorités ont considéré que le slogan « Oui au muguet, non au LBD » constituait un outrage aux forces de l’ordre. Le 6 juin, le vice-procureur a décidé d’adresser un rappel à loi à Lise et aux trois autres militants au lieu d’engager des poursuites contre eux, à condition qu’ils s’excusent par écrit auprès du commissaire de police dans un délai d’un mois. Lise a décidé de s’excuser, car elle devait subir une intervention médicale avant la date limite. 

Charlie, arrêtée pour avoir porté un chapeau, des lunettes de soleil et un masque antipoussière

Charlie, étudiante, a été arrêtée avec sept autres personnes, le 22 juin 2019, à Marseille, peu après le début d’une manifestation pacifique qui n’avait pas été déclarée auprès des autorités. Selon son témoignage, elle portait un chapeau, des lunettes de soleil et un masque antipoussière autour du cou. Elle a été placée en garde à vue pour participation à un groupement en vue de la préparation de violences et pour dissimulation du visage, et elle a fait l’objet de poursuites pour cette dernière infraction. Le 29 novembre, la procureure a demandé au juge d’acquitter Charlie.

« Ce jour-là, la procureure elle-même a expliqué que notre dossier était vide ! Ils n’ont pas vérifié nos téléphones en garde à vue, ils n’avaient pas de vidéos ou de témoignages particuliers des policiers. » 

Charlie

Elle a finalement été relaxée.  

Odile Maurin : une militante interdite de manifester 

Le 30 mars 2019, alors qu’elle participait à une manifestation des Gilets jaunes à Toulouse, Odile, qui est en fauteuil roulant, s’interpose entre un canon à eau et des manifestants. Elle raconte que des policiers se sont alors emparés du joystick pilotant son fauteuil. Le fauteuil a d’abord heurté le trottoir, puis il a percuté une voiture de police et un autre policier qui se trouvait là. Le pied d’Odile s’est retrouvé écrasé entre la voiture de police et le fauteuil, ce qui lui a valu de multiples fractures. Elle a porté plainte pour usage excessif de la force par la police auprès du parquet de Toulouse, plainte qui a été classée sans suite. 

En revanche, Odile a été poursuivie pour outrage, entrave volontaire à l’arrivée des secours et violence avec arme (son fauteuil) à l’encontre de personnes dépositaires de l’autorité publique. Elle a été condamnée pour ce dernier chef d’accusation à deux mois de prison avec sursis et à plus de 2 000 € de dommages et intérêts. En outre, le tribunal de Toulouse a ajouté une peine complémentaire pour interdire à Odile de manifester pendant un an, dans tout le département de la Haute-Garonne.  

Francis : un procès pour avoir voulu rejoindre le « Benalla bloc » de l’ONG Attac 

Le 1er mai 2019, Francis s’est rendu à Paris pour rejoindre le « Benalla bloc », organisé par l’ONG Attac. Il a été arrêté avant même d’avoir rejoint la manifestation. Les policiers ont fouillé son sac et trouvé un masque d’Alexandre Benalla, un casque portant l’inscription « photo » peinte sur le côté, un appareil photo et une paire de lunettes de natation. Il a été placé en garde à vue, puis poursuivi pour participation à un groupement en vue de la préparation de violences et pour avoir refusé de donner le code de déverrouillage de son téléphone. En juin, il a été relaxé du premier chef d’accusation, mais déclaré coupable et condamné à un mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir refusé de déverrouiller son téléphone et à 1  000 euros d’amende avec sursis pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement d’ADN. L’arrestation de Francis et les poursuites dont il a fait l’objet ont affecté sa volonté d’exercer son droit à la liberté de réunion pacifique. Il a, par exemple, renoncé à participer à la Marche pour le climat du 21 septembre 2019, à Paris : « J’étais à Paris ce jour-là, mais j’ai finalement décidé de ne pas y participer. Je ne voulais pas me retrouver à nouveau en prison, surtout parce que cela pouvait avoir une incidence négative sur le procès en appel ».  

Agir

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