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Les forces de sécurité montent la garde lors d'un déploiement de sécurité dans une rue de Tripoli
Des forces de sécurité libyennes montent la garde lors d'un déploiement dans une rue de Tripoli © REUTERS/Ayman Al-Sahili

Des forces de sécurité libyennes montent la garde lors d'un déploiement dans une rue de Tripoli © REUTERS/Ayman Al-Sahili

Des forces de sécurité libyennes montent la garde lors d'un déploiement dans une rue de Tripoli © REUTERS/Ayman Al-Sahili

Justice internationale et impunité

Dix ans après la chute de Khadafi, la Libye est devenue une zone de non-droit

Meurtres, disparitions forcées, tortures, … La liste des violations des droits humains est très longue. Les responsables de ces crimes n’ont jamais été punis, à la place, ils ont reçu une promotion…

Dix ans après le renversement de Mouammar Kadhafi, la justice n’a toujours pas été rendue aux victimes de crimes de guerre et de graves atteintes aux droits humains commis par des milices ou des groupes armés.

La violente répression des manifestations qui ont éclaté en février 2011 s’est vite transformée en un conflit armé qui, à la suite de la campagne de frappes aériennes menée par l’OTAN, s’est soldé par la chute de Mouammar Kadhafi.

Depuis, la Libye a sombré dans le non-droit et l’impunité pour de nombreuses violations, dont des crimes de guerre commis par des milices et groupes armés rivaux. Les gouvernements libyens successifs se sont engagés à assurer le respect de l’état de droit et des droits humains, mais aucun n’est parvenu à contrôler les responsables de ces agissements.

Promotion pour des criminels de guerre

Depuis dix ans, l’obligation de rendre des comptes et la justice ont été sacrifiées en Libye au nom de la paix et de la stabilité. Pourtant, ni l’une ni l’autre n’a été atteinte. Au lieu de cela, les responsables des violations des droits humains ont bénéficié d’une impunité totale, ont intégré des institutions de l’État et ont été traités avec respect. Les autorités libyennes ont, ainsi, promu et légitimé des chefs de milices responsables d’actes de violence odieux. Au lieu de les traduire en justice, ils sont récompensés avec des postes de pouvoir et de hautes responsabilités.

Tant que ces personnes accusées de crimes de guerre ne sont pas poursuivies en justice, les souffrances sans fin que vivent les civils se poursuivront avec la même intensité.

Depuis 2014, la Libye est fragmentée entre deux entités rivales qui se disputent la légitimité, la gouvernance et le contrôle territorial. Des négociations menées sous l’égide des Nations unies ont conduit à l’annonce d’un nouveau gouvernement d’union nationale le 6 février 2021, qui est chargé d’organiser des élections nationales en Libye plus tard cette année.

Lire aussi : Les autorités libyennes engageraient des milices contre les manifestants

Gheniwa promu milicien en chef

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, les gouvernements successifs ont intégré des milices aux ministères de la Défense et de l’Intérieur.

En janvier, le Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale, basé à Tripoli, a nommé Abdel Ghani al Kikli - également connu sous le nom de Gheniwa - chef milicien de la Force centrale de sécurité d’Abou Salim. Il s’est retrouvé à la tête d’une nouvelle entité qui relève directement de la présidence et nommée Autorité de soutien à la stabilité

Depuis 2011, Gheniwa est devenu l’un des plus puissants chefs de milice de Tripoli et est basédans le quartier d’Abou Salim, l’un des quartiers les plus peuplés de la ville.

Avec ce nouveau poste, Gheniwa et son groupe bénéficieront de pouvoirs vastes et vagues, notamment en matière d’application des lois, leur permettant entre autres d’arrêter des personnes dans le cadre d’affaires liées à la « sécurité nationale ». Pourtant, nous avons recensé depuis 10 ans des crimes de guerre et d’autres graves atteintes aux droits humains commises par les forces sous son commandement.

À titre d’exemple, en 2013 et 2014, nous avons découvert que des personnes détenues par les forces de sécurité contrôlées par Gheniwa avaient été soumises à des enlèvements et des actes de torture et que certaines personnes étaient mortes en détention.

Le gouvernement d’union nationale a donné une légitimité et un salaire à la milice de Gheniwa dès 2016, en l’intégrant à son ministère de l’Intérieur. Cela a permis la multiplication d’homicides illégaux, des enlèvements et des actes de torture, notamment des violences sexuelles contre des femmes détenues.

Impunité généralisée

Gheniwa et ses forces d’Abou Salim ne sont pas les seuls à avoir été récompensés en dépit de leur bilan déplorable en matière de droits humains.

Haitham al Tajouri, qui a dirigé la Brigade des révolutionnaires de Tripoli, une milice impliquée dans des détentions arbitraires, des disparitions forcées et des actes de torture, a été nommé adjoint de Gheniwa en janvier 2021.

En septembre 2020, le gouvernement d’union nationale a également promu Emad al Trabulsi, qui dirigeait l’Agence de sécurité publique, au poste de directeur adjoint du renseignement. Cette milice a pourtant été impliquée dans des crimes contre des migrants et des réfugiés, notamment des disparitions forcées.

Lire aussi : À Tripoli, 1,2 millions de civils en danger

Les gouvernements successifs n’ont en outre pas traduit en justice les membres de milices de Misratah responsables de crimes de guerre, notamment d’attaques contre des civils, comme l’attaque de 2011 contre la ville de Tawergha, qui a entraîné le déplacement forcé d’environ 40 000 personnes. Des milices de Misratah ont également soumis des habitants de la région à des arrestations arbitraires, des homicides illégaux, des actes de torture, dont certains ont entraîné la mort de détenus, et des disparitions forcées.

Autre exemple, les Forces armées arabes libyennes n’a pas arrêté le chef de milice Mahmoud al Werfalli. Il est recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour l’homicide de 33 personnes, et, lui aussi a été promu au poste de lieutenant de la brigade Al Saiqa.

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