
Dans le cadre du Festival Cinéma et droits humains, le groupe local vous invite à la projection du film Trois visages de Jafar Panahi, 2018 au cinéma Odyssée à 20h15..
Dans Trois Visages, l’actrice Behnaz Jafari, célèbre en Iran pour des séries produites par la télévision d’Etat, tient son propre rôle, non sans risque pour son statut, du moins on l’imagine. Voici qu’elle reçoit sur son téléphone une vidéo macabre, à l’authenticité incertaine (là aussi) : une jeune inconnue, que son père empêche de faire du théâtre, se pend après avoir appelé à l’aide la vedette. Bouleversée, l’actrice plaque son tournage en cours et persuade son vieil ami, le réalisateur Jafar Panahi (dans son propre rôle également), de partir enquêter sur le lieu de la tragédie supposée, un village dans les montagnes du Nord-Ouest, près de la frontière turque. Traditions, oppression, chape de plomb… A travers ce périple percutant, le cinéaste iranien dénonce avec subtilité le mal-être de son pays.
.Si le réalisateur regarde avec bienveillance, parfois avec une certaine tendresse, ses concitoyens, il pointe l’obscurantisme, le patriarcat, les traditions ancestrales.
Plaidoyer pour l’expression artistique, éloge des actrices (trois générations sont représentées) en porte-à-faux avec la condition féminine en Iran, ce portrait de groupe traite, une fois encore, de l’empêchement et de l’entrave. Jafar Panahi avait tourné son précédent film, Taxi Téhéran (2015), entièrement à l’abri de son véhicule. Il a, cette fois, une plaisanterie inquiétante, en déclinant une invitation à dormir dans une maison du village : « C’est encore dans ma voiture que je suis le plus en sécurité. »
Le film sera suivi d’un débat sur la situation en Iran: en 2018, 7000 opposants arrêtés, 112 défenseurs de Droits Humains placés en détention, 26 manifestants tués, 50 professionnels des médias placés en détention arbitraire