
Table ronde : Réfugiés et migrants : il faut protéger ceux qui les défendent
Amnesty International et L’UPJV organise cette table dans le cadre de la Semaine de l’égalité et du 50ème anniversaire de l’UPJV
mardi 8 octobre 2019 à 19 h 30
: Amiens, campus la citadelle amphi 500
Gratuit et ouvert à tous
Intervenants Francis Perrin, ancien Président d’Amnesty International France et actuel Vice Président et Claire Cleenewerk, responsable Personnes déracinées, Nord Pas de Calais Somme
Les personnes qui aident les migrants et exilés sont en danger menacés, empêchés poursuivis, voire condamnés, notamment dans leurs aides et soutien aux exilés dans le Nord pas de Calais
Le dernier rapport mondial d’Amnesty a montré l’augmentation à travers le mode des menaces et des empêchements à agir des défenseurs des droits partout dans le monde
Aussi a t-elle lancer une campagne mondiale : appelée
I – « Courageux pour les droits humains »r
Chaque jour, des hommes et des femmes agissent pour revendiquer et défendre les droits humains, en particulier des plus vulnérables. Ces défenseurs devraient être encouragés et protégés. Mais leur engagement les expose et parfois, il les met en grave danger. Les défenseurs manquent de protection d’États qui n’hésitent au contraire pas à les attaquer.
Pour faire connaître le rôle des défenseurs et leur besoin de protection, nous avons lancé BRAVE*.
Cette campagne mondiale – dont le nom rend hommage à celles et ceux qui risquent leur vie pour nos droits -, entend faire comprendre leur rôle dans la défense des droits humains. Elle vise aussi à renforcer leur travail et leur capacité à se protéger, via des programmes de formation. Et parce que les autorités ont un rôle déterminant à jouer dans leur protection, nous renforçons notre plaidoyer pour que tous les gouvernements protègent efficacement les défenseurs.
C’est ensemble que nous défendrons efficacement ceux et celles qui se battent pour nos droits.
QUI SONT LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS ?
Leur combat est aussi varié que le sont les droits humains. Il va de la protection de l’environnement à la défense des droits des minorités – dont le droit à la terre contre des projets de multinationales – en passant par la revendication d’un égal accès aux droits pour les femmes ou les personnes LGBTI…
Ces hommes et ces femmes viennent de tous horizons et de tous les milieux. Ils peuvent être des enseignants, des étudiants, des opposants politiques, des ouvriers, des journalistes, des avocats….
Ils agissent seuls ou en association, en ligne ou dans la rue, selon des modes d’actions variés mais tous ont en commun de ne jamais recourir ou appeler à la violence.
321 C’est le nombre de défenseurs des droits humains qui ont été tués en 2017 contre 281 en 2016
3500 C’est le nombre de défenseurs des droits humains tués en raison de leur travail pacifique de défense des droits fondamentaux depuis l’adoption de la Déclaration sur les DDH de 1998.
ILS DÉFENDENT NOS DROITS, ILS SONT EN DANGER
En raison de leur engagement, les défenseurs font sans cesse face à des actes d’intimidations ou de harcèlement, à des campagnes de diffamation. Internet est devenu un des outils de ces campagnes de diffamation.
Les défenseurs peuvent aussi subir des mauvais traitements, être mis en détention, ou subir des disparitions forcées voire des meurtres.
Et tout cela uniquement pour avoir voulu défendre une cause juste, reconnue et protégée par le droit international.
Les attaques viennent principalement des États, mais de plus en plus elles sont le fait d’entreprises et dans une moindre mesure de groupes religieux ou armés. L’objectif est de réduire les défenseurs au silence, mais aussi de les décrédibiliser, de faire passer leurs combats pour illégitimes ou de les accuser de s’opposer aux valeurs nationales ou morales.
Certains États n’hésitent pas à les accuser faussement d’être des terroristes, des agents de l’étranger ou des espions. Leurs législations visent alors à réduire la marge de manœuvre des défenseurs : lois autorisant le recours à la force contre des manifestants pacifiques, lois qui permettent la surveillance de masse, lois qui interdisent de percevoir des fonds de l’étranger, mise en place de conditions strictes pour l’enregistrement d’une organisation…
On retrouve cette tendance en Hongrie, aux États-Unis, en Bélarus, en Chine ou en Russie.
EN SAVOIR PLUS
Il y a vingt ans, l’Assemblée générale des Nations unies adoptait une déclaration dans laquelle les gouvernements du monde entier s’engageaient à protéger et promouvoir le travail des défenseurs des droits humains.
Un défenseur des droits humains est quelqu’un qui lutte pour plus de justice. Ils sont des milliers, des millions à travers le monde, mobilisés, individuellement ou en association avec d’autres, pour la défense de toutes sortes de droits humains. Certains militent pour que l’on puisse aimer qui l’on a envie d’aimer, peu importe son genre. D’autres encore sont des paysans qui veulent protéger leurs terres face aux sociétés extractives, qui polluent et assèchent leurs ressources naturelles. Ce sont des personnes courageuses, le plus souvent inconnues, et elles sont attaquées.
Aujourd’hui, des gouvernements et des entreprises essaient de les faire taire en les traitant injustement de criminels, de terroristes ou d’agents de l’étranger. Les défenseurs sont menacés, attaqués, emprisonnés, et même, pour un grand nombre d’entre eux, assassinés.
Trop c’est trop, unissons nos voix pour faire en sorte que la communauté internationale ne puisse plus nous ignorer, signez l’appel et relayez-le dans vos réseaux !
Nous avons besoin de vous ! Ensemble, citoyens et défenseurs des droits humains, exigeons des gouvernements qu’ils respectent leurs engagements et protègent enfin celles et ceux qui défendent nos droits au quotidien !
PETITION
Signez pour exiger des gouvernements :
· l’arrêt des attaques, des stratégies de diffamation et de stigmatisation de celles et ceux qui défendent nos droits ;
· qu’ils respectent enfin leur engagement en les protégeant réellement, en particulier ceux et celles qui sont attaqués en raison de leur identité de genre, de leur orientation sexuelle, de leur origine ethnique et de leur race, de leur religion, de leur profession, de leur classe sociale ou encore de leur âge.
APPEL AUX ÉTATS DES PARTICIPANT.E.S AU SOMMET MONDIAL DES DÉFENSEUR.E.S DES DROITS HUMAINS DE PARIS DES 29, 30 ET 31 OCTOBRE 2018
Nous, défenseur.e.s des droits humains des quatre coins du monde, sommes réuni.e.s pour célébrer le 20e anniversaire de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme et le 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Nous marchons sur les traces de ces défenseur.e.s des droits humains, pour la plupart anonymes, qui ont laissé leur marque au fil des générations en défendant les droits humains et en agissant partout dans le monde pour faire de cet idéal une réalité dans nos communautés.
Nous célébrons un idéal qui prône l’égale dignité de tous les êtres humains, garantissant ainsi à chaque personne les droits humains universellement reconnus. Nous réaffirmons que les droits humains sont universels, indivisibles, interdépendants et liés.
Cependant, nous n’avons d’autre choix que de tirer la sonnette d’alarme.
Les droits humains sont aujourd’hui confrontés à diverses forces négatives : autoritarisme, extrémisme religieux, inégalités généralisées fondées sur le genre, racisme, haine et intérêts privés des grandes entreprises. Leur « pertinence » même est remise en question et leurs principes fondamentaux sont assiégés.
Les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels universellement reconnus continuent d’être présentés comme un obstacle au développement, à la croissance, aux échanges commerciaux, à la sécurité et même à l’identité des peuples.
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que celles et ceux qui défendent les droits humains soient pris.es pour cible par les États censés les protéger.
Nous sommes très préoccupé.e.s du fait qu’en 2017, au moins 312 défenseur.e.s des droits humains ont été assassiné.e.s, soit deux fois plus qu’en 2015, la plupart du temps en toute impunité. Les agressions physiques et psychologiques, les disparitions forcées, les violences sexuelles, les manœuvres d’intimidation et de stigmatisation, la détention arbitraire et le harcèlement restent monnaie courante. Nombre de ces attaques sont commises par des entreprises et des acteurs privés, tels que des groupes religieux et des acteurs criminels, dans de nombreux cas avec l’assentiment de l’État.
Nous nous alarmons du fait que de nombreux États ont adopté, en s’inspirant d’autres pays, des législations visant à interdire le droit de jouir des droits humains et de les défendre. Dans de nombreux pays, on observe un recul et des restrictions sur les droits de manifester individuellement ou collectivement et de s’exprimer librement, à mesure que la surveillance illégale et arbitraire ainsi que la censure en ligne se développent de manière exponentielle. Les défenseur.e.s des droits humains s’exposent à des condamnations pénales, à des peines d’emprisonnement, à des amendes, à des fermetures administratives, à des restrictions de leur liberté de mouvement et à l’impossibilité de financer leurs activités.
Nous nous alarmons du fait que ce sont les personnes les plus marginalisé.e.s et discriminé.e.s qui sont les moins protégé.e.s de ces attaques : les femmes défenseures, les défenseur.e.s des droits des personnes LGBT+, des droits humains des travailleurs et travailleuses du sexe, des minorités culturelles ou ethniques, des jeunes et des personnes handicapées.
Nous nous alarmons du fait que, plutôt que de reconnaître la contribution des défenseur.e.s des droits humains au bien-être de leur population, les États préfèrent dépeindre certains d’entre nous comme des agents étrangers, des terroristes, des criminel.le.s coupables de haute trahison, des « extrémistes », des menaces à la sécurité nationale ou encore des personnes s’opposant au développement ou aux « valeurs traditionnelles ».
Ces attaques répétées contre celles et ceux qui défendent les droits humains sont des attaques aux droits humains de tous. En réduisant les défenseur.e.s des droits humains au silence, on prive les victimes de violations des droits humains d’un soutien essentiel.
Nous sommes convaincu.e.s que c’est seulement par le respect des droits humains que nous pourrons accéder à un niveau suffisant de bien-être économique et social équitable, inclusif et respectueux de notre planète, que la sécurité de chaque personne sera assurée et que nos identités multiples seront reconnues et protégées.
Nous rappelons que la responsabilité fondamentale de respecter les droits humains incombe aux États. Cependant, les entreprises, les institutions financières, les donateur.rice.s et les organisations intergouvernementales doivent également nous garantir un monde juste et équitable. Nous ne pouvons faire des droits humains une réalité que si chacun.e participe à leur promotion et à leur défense.
Ce rôle primordial, joué de manière individuelle ou collective, a été reconnu et consacré par les États en 1998, lorsqu’ils ont adopté au siège des Nations unies la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme.
Avec cette déclaration, la communauté internationale s’est engagée à protéger, à reconnaître et à encourager le droit de chacun et chacune à participer à la défense et à la promotion des droits humains de toutes et tous, sans discrimination. Elle s’est engagée à les considérer comme des allié.e.s et des partenaires; plutôt que comme des agitateur.rice.s, des adversaires, des ennemi.e.s, ou des criminel.le.s.
Au cours des vingt dernières années, des progrès ont été réalisés. La communauté des défenseur.e.s des droits humains, marquée par la diversité, s’est agrandie partout dans le monde et la solidarité s’est renforcée : des réseaux régionaux et mondiaux se sont constitués. L’éducation aux droits humains a permis à de nombreuses personnes à travers le monde de connaître et de comprendre leurs droits et de les revendiquer de manière pacifique. La création du poste de Rapporteur.euse spécial.e des Nations unies et d’autres mécanismes de protection régionaux ont joué un rôle crucial dans la protection et dans la reconnaissance de ces droits.
Nous exigeons des États qu’ils montrent leur volonté de respecter leurs engagements internationaux en matière de droits humains plutôt que d’y tourner le dos par lâcheté ou par intérêt à court terme.
L’heure n’est plus aux demi-mesures et aux paroles de soutien timides et prononcées à huis clos. Il est temps de s’engager fermement et sans équivoque à soutenir les principes et valeurs humains que nous partageons toutes et tous et de faire des droits humains la pierre angulaire dans tous les domaines : à l’école afin de permettre aux nouvelles générations de les revendiquer, dans les relations économiques, dans le droit, dans les mécanismes de protection à tous les niveaux et dans la politique étrangère. Les gouvernements ne peuvent plus invoquer des prétextes de souveraineté pour priver leurs citoyens de leurs droits humains.
Il est temps que tous les États et la communauté internationale s’engagent fermement à veiller à ce que les défenseur.e.s des droits humains se sentent en sécurité et qu’il.elle.s soient encouragé.e.s à défendre les valeurs de justice et d’égalité.
Nous exigeons de tous les États qu’ils s’engagent publiquement à adopter des plans d’action nationaux qui garantissent, reconnaissent et protègent le droit de défendre les droits humains.
EN SAVOIR PLUS :
II- CRIMINALISATION DE LA SOLIDARITÉ : UNE DÉRIVE FRANÇAISE
Depuis quelques années, les personnes ou organisations qui défendent les droits des migrants ou des réfugiés subissent de plus en plus de pressions. Le phénomène est généralisé au sein de l’Union européenne, mais la France est particulièrement touchée.
Alors que les Etats devraient encourager et soutenir les initiatives de solidarité palliant leurs manquements, celles-ci sont aujourd’hui criminalisées. Les personnes apportant une aide aux migrants et réfugiés cherchent juste à sauver des vies et agissent de manière pacifique et désintéressée. Ce sont donc des défenseurs des droits humains qui ont droit à une protection spécifique et non pas à un harcèlement systématique.
Le droit international est par ailleurs très clair : aider des personnes réfugiées et migrantes n’est pas une infraction et aucune poursuite pénale ne devrait avoir lieu. Mais, depuis quelques années, nous faisons le constat inverse. En France, de Calais à la frontière avec l’Italie, ou encore en mer Méditerranée, les défenseurs des droits des migrants sont de plus en plus stigmatisés, attaqués, entravés dans leur action.
En savoir plus : Trois questions sur le « délit de solidarité », amnesty.fr
Pétition
PROTÉGEONS LES DÉFENSEURS DES DROITS DES MIGRANTS
Les personnes et organisations en France, qui défendent les droits des personnes exilées (migrants, réfugiés) font l’objet de pressions de plus en plus importantes en raison de leurs actions pacifiques et désintéressées.
De nombreuses personnes ont été poursuivies pour « délit de solidarité », notamment à la frontière franco-italienne. Pourtant, le protocole de Palerme, ratifié par la France, stipule qu’une personne ou organisation qui apporte une aide aux personnes exilées, et qui le fait sans contrepartie matérielle ou financière, ne commet aucune infraction. Elle ne devrait donc pas être poursuivie en justice.
De la même façon, en mer Méditerranée, les ONG qui ont permis de sauver de la mort des dizaines de milliers d’êtres humains font l’objet de campagnes de stigmatisation, d’entraves administratives, voire de poursuites judiciaires.
Ces ONG qui agissent dans le cadre du droit international maritime, se substituent aux défaillances des Etats : elles sont aujourd’hui littéralement empêchées de sauver des vies humaines.
Enfin, à Calais des représentants de l’autorité publique entravent le travail des personnes et des associations qui défendent les droits des migrants, allant jusqu’à les harceler, alors qu’elles œuvrent chaque jour pour que les notions d’humanité et d’entraide continuent d’exister.
Ensemble, demandons aux autorités françaises qu’elles assument leurs responsabilités et mettent en œuvre leurs engagements internationaux à promouvoir et respecter les défenseurs des droits humains !