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En Syrie

une aide humanitaire vitale pour les civils

Un enfant syrien au milieu des ruines d'une école après avoir été déplacé par les bombardements du régime d'Assad et de son soutien à la Russie à Idlib, en Syrie, le 02 avril 2020 © Muhammed Said/Anadolu Agency via Getty Images

En pleine pandémie, le conflit en Syrie ne fait pas de pause. Depuis le début 2020, les attaques des forces gouvernementales et les forces russes ont ciblé des infrastructures, voire des civils. Enquête.

Une situation catastrophique

Alors qu’une résolution autorisant l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire jusqu’à Idlib, au nord-ouest du pays, doit expirer le 10 juillet 2020, et dans un contexte de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans le nord-ouest de la Syrie, nous appelons le Conseil de sécurité de l’ONU à ne pas supprimer le lien vital que constitue l’aide humanitaire acheminée pour les civils.

Lire aussi : En Syrie, la guerre dure depuis neuf ans

La dernière offensive contre Idlib se caractérise par la mise en œuvre d’attaques généralisées et systématiques visant à terroriser la population civile. La Russie qui continue d’apporter un soutien militaire précieux au gouvernement syrien procède directement à des frappes aériennes illégales. Des éléments attestent en effet que la Russie facilite ainsi les crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’armée syrienne.

Alors que la population syrienne subit une situation critique depuis neuf ans, la crise liée au déplacement des populations et l’urgence humanitaire provoquée par la dernière offensive contre Idlib sont sans précédent. Parce que l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire représente un lien vital pour des milliers de personnes, le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit pas prendre la décision de la supprimer.

Avant le cessez-le-feu du 5 mars, à Idlib, on estimait que près d’un million de personnes, dont 80% de femmes et d'enfants, était contraintes de fuir, la plupart ayant déjà été déplacées plusieurs fois. Acculés au nord du pays, dans un espace qui ne cesse de se rétrécir, ces civils sont soumis à des conditions de vie intolérables, sur fond de réponse humanitaire très insuffisante.

Ma fille, qui est en CP, a toujours peur… Elle m’a demandé [après que nous avons été déplacés] : « Pourquoi Dieu ne nous tue-t-il pas ? Nous ne sommes en sécurité nulle part. »

Une mère de trois enfants, dont la famille a été déplacée

Lire aussi : À Idlib, des témoignages effrayants

 	IDLIB, SYRIA - FEBRUARY 19: Abandoned and destroyed buildings are seen in Ariha district in Idlib, Syria on February 19, 2020. Ariha district located in south of Idlib has turned into a ghost town while civilians were fleing towards Turkish border due to the attacks of the Bashar al-Assad regime and its supporters.

Des bâtiments abandonnés et détruits sont vus dans le district d'Ariha à Idlib, en Syrie, le 19 février 2020. Le district d'Ariha situé au sud d'Idlib est devenu une ville fantôme © Muhammed Said/Anadolu Agency via Getty Images

Des civils pris délibérément pour cibles

Au sein de notre rapport, les éléments rassemblés illustrent le fait que les forces syriennes et russes continuent de prendre délibérément pour cibles des civils et des biens à caractère civil comme des hôpitaux et des écoles. Il s'agit de graves violations du droit international humanitaire mais également de crimes de guerre. Ceux qui ordonnent ou commettent de tels actes engagent leur responsabilité pénale.

Si le statut de civil ou de bien à caractère civil confère une immunité, les hôpitaux, les autres centres médicaux, les professionnels de santé et les enfants font l’objet de protections spéciales durant un conflit armé. Pourtant, entre décembre 2019 et février 2020 et selon le département de la Santé d’Idlib, les raids syriens ou russes ont endommagé ou détruit 10 centres médicaux à Idlib et Alep. On déplore la mort de 9 membres et la fermeture de dizaines d’autres structures médicales. On dénombre également la fermeture de 5 hôpitaux à cause d’attaques que nous avons répertorié dans des zones contrôlées par des groupes armés de l’opposition.

Selon le témoignage d'un médecin qui a survécu à l’une de ces attaques le 29 janvier 2020, les frappes ont anéanti au moins deux bâtiments d’habitation proches de l’hôpital al Shami, à Ariha, tuant ainsi 11 civils, et blessant plus de 30 personnes.

Selon l’ONG syrienne Hurras (réseau syrien de protection de l'enfance), 28 écoles ont été frappées par des attaques aériennes et terrestres en janvier et février 2020. Notre enquête montre que les forces syriennes ont notamment utilisé des barils d’explosifs largués depuis les airs et des bombes à sous-munitions tirées depuis le sol contre deux écoles. Nous avons effectivement identifié des fragments provenant d’un missile de surface 9M27K, de 220 mm, fabriqué en Russie et transféré à l’armée syrienne. Ce missile contient par ailleurs des sous-munitions 9N210 ou 9N235, interdites par le droit international.

Nous constatons également que la plupart des structures médicales prises pour cibles figuraient sur la liste de « désescalade » de l’ONU, partagée avec les forces russes, turques et la coalition dirigée par les États-Unis en Syrie, afin de désigner clairement les sites qui ne doivent pas être attaqués.

 	IDLIB, SYRIA - FEBRUARY 19: Destroyed buildings are seen in Ariha district in Idlib, Syria on February 19, 2020. Ariha district located in south of Idlib has turned into a ghost town while civilians were fleing towards Turkish border due to the attacks of the Bashar al-Assad regime and its supporters.

Des bâtiments détruits sont vus dans le district d'Ariha à Idlib, en Syrie, le 19 février 2020. Le district d'Ariha situé au sud d'Idlib est devenu une ville fantôme © Muhammed Said/Anadolu Agency/Getty

Autoriser un accès humanitaire sécurisé

C’est en juillet 2014, que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution autorisant l’acheminement transfrontalier d’aide humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie et d’autres régions du pays qui se trouvent aux mains des groupes armés d’opposition. Cette résolution qui avait été adoptée sans solliciter l’autorisation du gouvernement syrien a été prolongée à plusieurs reprises mais avec de grandes difficultés ces dernières années et un champ d’application réduit en janvier 2020.

La Syrie et ses alliés cherchent à mettre fin à cet arrangement le 10 juillet 2020, et préféreraient acheminer l’aide via Damas ; il serait alors très difficile pour l’ONU et ses partenaires humanitaires de livrer l’aide en temps voulu et durablement. En effet, le gouvernement syrien tente régulièrement de restreindre les opérations d’aide à coups d’obstacles bureaucratiques. Il inscrit sur liste noire et persécute les travailleurs humanitaires associés aux zones tenues par l’opposition. En outre, des groupes armés comme Hayat Tahrir al Sham empêchent les organisations humanitaires de faire leur travail de manière efficace.

Des représentants de l’ONU parlent déjà d’Idlib comme d’une " histoire d’horreur " humanitaire. Cela ne fera qu’empirer, sauf si le Conseil de sécurité de l'ONU s’affranchit des manœuvres politiques et maintient le lien précieux que représente l’acheminement transfrontalier de l’aide humanitaire !

 	IDLIB, SYRIA - MARCH 18 : People, mostly children, wear masks as a preventive measure against coronavirus (Covid-19) as Idlib Health Directorate and Civil Defense Crews along with local charities carry out disinfection works at schools and tent cities in Idlib, Syria on March 18, 2020.

Des personnes, pour la plupart des enfants, portent des masques à titre préventif contre le coronavirus (Covid-19) alors que la Direction de la santé d'Idlib et les équipes de défense civile ainsi que des organisations caritatives locales effectuent des travaux de désinfection dans les écoles et les villes de tentes à Idlib, en Syrie, le 18 mars 2020 © Anadolu Agency/Getty Images

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