Le premier discours d’Emmanuel Macron à l’Assemblée générale des Nations unies doit être l’occasion de réaffirmer les engagements qu’il a pris auprès d’Amnesty International France pendant la campagne électorale et de montrer de façon manifeste que la France est du côté des droits humains. Devant l’ensemble des Etats membres des Nations unies réunis ce lundi 18 septembre à New York pour leur 72e session, le président de la République, comme il l’a fait devant les ambassadeurs de France le 29 août dernier, doit afficher la volonté de la France de protéger les civils contre les atteintes commises par les acteurs étatiques ou par les groupes armés.
« Au-delà des déclarations de principes, le message d’Emmanuel Macron doit être un véritable plaidoyer pour améliorer concrètement et significativement le sort de millions de personnes dans le monde dont les droits humains sont au quotidien niés, violés ou menacés », a affirmé Camille Blanc, présidente d’Amnesty International France.
« La cohérence de son discours doit s’ancrer dans l’exemplarité de l’action de la France. »
Amnesty International France attend du président de la République qu’il annonce un changement clair de politique notamment sur les enjeux suivants :
Protections des civils dans les conflits
Myanmar / Rohingyas
La France doit prendre position sans équivoque et agir en faveur de l’accès d’observateurs internationaux au Myanmar et de l’adoption, par les Nations unies, de résolutions demandant l’arrêt immédiat des crimes contre l’humanité commis par les forces armées à l’encontre des minorités, en particulier des Rohingyas. Amnesty International dévoilait récemment de nouveaux éléments qui démontrent qu’une politique de la terre brûlée favorisant un nettoyage ethnique est mise en œuvre dans le nord de l’État d’Arakan. Les persécutions subies aujourd’hui par les Rohingyas sont d’une ampleur sans précédent : exécutions de civils par les forces armées, villages réduits en cendres, mines antipersonnels positionnées sur les routes empruntées par les déplacés et réfugiés. Ils sont aujourd’hui plus de 370 000 à avoir fui le Myanmar.
Yémen
La France doit afficher clairement son soutien à la mise en place d’une commission d’enquête internationale indépendante par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur les atteintes aux droits humains commises par toutes les parties au conflit au Yémen.
Transferts d’armes
Les transferts d’armes de la France à la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, à ce pays ainsi qu’aux Emirats arabes unis, doivent immédiatement être suspendus. Et ce, aussi longtemps qu’il existera un risque majeur que ces équipements militaires soient utilisés pour commettre des violations graves du droit international humanitaire.
Il n’est pas acceptable que la France, en contradiction avec le Traité sur le commerce des armes, continue ses livraisons d’armes à l’Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis.
Réfugiés
La France doit appeler les Etats membres de l’ONU à accroître leur capacité d’accueil des réfugiés les plus vulnérables dans le cadre de la réinstallation. Par la même occasion, elle doit annoncer le renouvellement et l’augmentation de ses propres engagements dans ce domaine pour les années à venir.
Protection des défenseurs des droits humains
Alors que la directrice et le président d’Amnesty International Turquie sont toujours derrière les barreaux, la France doit délivrer un message ferme aux Etats membres à la fois pour leur rappeler que les défenseurs des droits humains doivent être protégés efficacement et pour condamner les Etats qui ont procédé à des attaques violentes et répétées à leur encontre, notamment en Egypte et en Turquie.
« Alors qu’il était candidat à la présidence de la République, Emmanuel Macron s’était engagé sur plusieurs recommandations que nous souhaitions voir mises en œuvre s’il était élu, pour la protection des civils, sur le commerce des armes, la protection des défenseurs des droits humains ou encore l’accueil des réfugiés », rappelle Camille Blanc.
« Son premier discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, est l’occasion de passer des engagements aux actes et de tenir parole. »
