Taha Bouhafs
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France / Procès Taha Bouhafs. Amnesty International France alerte sur l’usage abusif du délit d’outrage et l’entrave des forces de l’ordre à l’encontre du travail des journalistes

 Ce vendredi 8 janvier 2021, à 14h30, au tribunal de grande instance de Créteil, se tiendra le procès du journaliste Taha Bouhafs pour outrage à l’encontre d’un policier.

Les enjeux de cette audience sont multiples :   

•             Violences policières contre des journalistes  

•             Usage abusif d’un délit, l’outrage, défini de manière trop vague  

•             Importance du droit de filmer les forces de l’ordre 

Ces poursuites, dont la crédibilité est fortement mise en cause grâce aux vidéos qui ont pu être réalisées au moment de l’interpellation de M. Bouhafs, sont emblématiques du contexte d’entraves au travail des journalistes et, de manière plus générale, à la liberté d’informer.

Alors que la proposition de loi relative à la Sécurité Globale menace de faire de la diffusion de vidéos des forces de l’ordre un nouveau délit, Amnesty International France se dit particulièrement inquiète de cette mesure attentatoire aux libertés fondamentales.

Un rassemblement est prévu dès 12h45. Un porte-parole de l’association sera disponible sur place pour des interviews et présents lors de l’audience. Pour toute demande média, merci de contacter le service presse au 06 76 94 37 05.

Note à l’attention des rédacteurs

Le 11 juin 2019, alors qu’il couvrait une mobilisation de travailleurs sans-papiers à Alfortville, le journaliste Taha Bouhafs a été violemment interpellé, placé en garde à vue et poursuivi pour outrage et rébellion.    

Le journaliste a pu filmer son interpellation. La vidéo montre que, s’il proteste quand un homme en civil le bouscule, il n’y a pas d’insultes, et encore moins d’appel à la haine qui constitue une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence, les seules expressions qui devraient relever du droit pénal selon les exigences du droit international.  La vidéo montre également que l’homme qui le bouscule est habillé en civil, sans identification, alors que les forces de l’ordre ont l’obligation de porter un numéro d’identification (RIO).  

L’IGPN, qui a été saisie, a visionné les vidéos et considère que la procédure engagée contre Taha Bouhafs est incertaine, voire douteuse.   

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