Alors que des milliers de participant·es aux manifestations lycéennes ont été interpellés et des centaines placés en garde à vue depuis le début de la semaine, Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France, a déclaré en réaction aux nombreux cas de violences policières et de violations de droits d’étudiant·es :

« Nous sommes alarmés par la répression policière du mouvement lycéen et étudiant d’ampleur qui parcourt notre pays. Notre jeunesse se mobilise pour revendiquer son droit à l’éducation et à la santé, et reçoit en réponse interdictions de manifester et violence policière disproportionnée. »

« Il est essentiel que les lycéennes et lycéens puissent s’exprimer librement sur les conditions dans lesquelles ils étudient. Pour rappel, les rassemblements et blocages organisés constituent des formes de mobilisation collective relevant de l’exercice de la liberté d’expression et de la liberté de réunion, dès lors qu’ils demeurent pacifiques. Les autorités doivent permettre aux jeunes d’exercer ces droits, sans qu’ils craignent recevoir des grenades lacrymogènes, coups de matraques ou d’être mis en garde à vue arbitrairement. »

« Nous sommes particulièrement inquiets des trop nombreux témoignages de recours à la force disproportionnée de la part des forces de l’ordre dans plusieurs villes de France, ainsi que des images attestant d’infractions des règles de recours à la force, comme l’usage de techniques d’étranglement pourtant proscrites par le droit international, de tirs de lanceurs de grenades lacrymogènes sur des personnes, de l’usage de gaz poivrés en direct, et de tirs de LBD. »

« Si les violences commises par certains manifestants ou perturbateurs sont injustifiables, tout recours à la force par les autorités doit être strictement nécessaire et proportionné, et ne peut être envisagé qu’en dernier ressort, surtout lorsqu’il s’agit d’adolescents. »

« Alors que les forces de l’ordre font face à des mineurs, les autorités doivent faire preuve d’une vigilance particulière dans le choix des tactiques de maintien de l’ordre et privilégier une approche de désescalade et de dialogue plutôt qu’une approche répressive. »

« Amnesty International demande l’ouverture d’enquêtes indépendantes et impartiales sur toute allégation de recours excessif à la force, et appelle à ce que les tirs de LBD contre des manifestants lycéens, en grande majorité mineurs, soient immédiatement suspendus pour éviter de nouveaux blessés graves. L’organisation rappelle également sa demande aux autorités de suspendre l’utilisation du LBD40 lors de toute opération de maintien de l’ordre. »  

« L’un des signes de pratiques autoritaires est de faire taire la dissidence, la répression de la jeunesse qui proteste en fait partie. »

En savoir plus : Mouvement lycéen : des mineurs face à la répression des forces de l’ordre