Pour avoir lutté pour la liberté d’expression et le respect des droits humains au Bélarus, Maryia Kalesnikava avait été condamnée à onze ans de prison en 2021. Au bout de cinq années de détention, elle a enfin été libérée aux côtés de 122 autres prisonnier·es dont le prix Nobel de la paix Ales Bialiatski.
Maryia Kalesnikava est l’une des figures principales de l’opposition au gouvernement bélarus. Le 7 septembre 2020, elle a été enlevée par les autorités du pays, placée en détention puis condamnée à 11 ans de prison sur la base de fausses accusations.
Figure d’opposition au pouvoir bélarus
Lors de l’élection présidentielle d’août 2020, Maryia Kalesnikava avait rejoint la campagne de la candidate indépendante à la présidentielle, Svetlana Tikhanovskaïa. Dans un pays où les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique sont fortement restreints, ces militantes appelaient au changement.
L’actuel président Alexandre Loukachenko a été réélu au terme d’une élection qui a largement été considérée comme truquée avant d’entamer son sixième mandat. Tous les principaux candidats qui se présentaient face à Alexandre Loukachenko ont été emprisonnés ou forcés de fuir le pays.
Après les élections, Svetlana a dû s’exiler et Maryia est alors devenue la figure proéminente de l’opposition politique. Elle s’est tenue au premier rang de manifestations pacifiques violemment réprimées par les forces de l’ordre.
S’il y a ne serait-ce qu’1 % [de chances] que par nos activités nous obtenions réellement la liberté et l’indépendance du Bélarus, et que nous puissions construire un État démocratique moderne, nous devons nous battre dans ce sens et sacrifier une part de notre confort.
Condamnée à onze ans de prison
Le 7 septembre 2020, Maryia a été enlevée par les autorités. Traînée dans une camionnette par des hommes masqués, elle a été emmenée à la frontière, où elle a subi des intimidations et des pressions pour quitter le pays. Elle s’est échappée par la vitre de la camionnette et a déchiré son passeport pour empêcher son expulsion.
Elle a alors été arrêtée, placée en détention puis condamnée à 11 ans d’emprisonnement sur la base de fausses accusations : l’« atteinte à la sécurité nationale » et l’« extrémisme ».
Maryia est alors devenue prisonnière d’opinion. Elle a été détenue cinq années dans des conditions déplorables. Son accès aux soins de santé était limité et elle a souffert de malnutrition.
Notre mouvement s’est battu depuis les premiers jours pour appeler sa libération. Maryia Kalesnikava était l’une des dix personnes défendues par Amnesty International au cours de la campagne Changez leur histoire en 2024. En France, près de 82 400 personnes s’étaient mobilisées et avaient signé notre pétition pour exiger sa liberté.
Enfin libérée
La bonne nouvelle est tombée le 13 décembre 2025. Maryia a été libérée avec 122 autres prisonnier·es. Cette vague de libération est le fruit d’un accord passé avec les Etats-Unis pour lever les sanctions économiques sur l’exportation de la potasse, utilisée comme engrais, dont le pays regorge.
Si cette libération est un véritable soulagement, elle ne rend pas justice à toutes ces personnes qui n’auraient jamais dû être enfermées. Cette décision ne rendra pas toutes ces années passées dans des mauvaises conditions derrière les barreaux.
De plus, cette libération masque toute la répression qui gangrène la société du Bélarus. Les voix de l’opposition sont muselées, les dissident·es enfermé·es. Des centaines voire des milliers de personnes de l’opposition au pouvoir sont encore dans les geôles bélarusses. Nous appelons la libération de Marfa Rabkova, Nasta Loika et d’innombrables autres prisonnier·es au Bélarus qui sont injustement emprisonnés pour des motifs politiques.
Si cette libération fait partie d'un accord politique, cela ne fait que souligner le traitement cynique réservé par les autorités du Bélarus aux personnes qu'elles considèrent comme des pions.
Changez leur histoire
Chaque année depuis 2001, la grande campagne d’Amnesty International Changez leur histoire permet une mobilisation mondiale pour protéger ou libérer des personnes en danger. Et ça fonctionne ! Plus d’une centaine de personnes ont vu leur situation s’améliorer.
