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Rassemblement de soutiens d’Erdogan place Taksim ce 16 juillet après la tentative de coup d’Etat © ARIS MESSINIS/AFP/Getty Image

Rassemblement de soutiens d’Erdogan place Taksim ce 16 juillet après la tentative de coup d’Etat © ARIS MESSINIS/AFP/Getty Image

Rassemblement de soutiens d’Erdogan place Taksim ce 16 juillet après la tentative de coup d’Etat © ARIS MESSINIS/AFP/Getty Image

Peine de mort et torture
Actualité

Turquie : suite au coup d'État, une répression généralisée

Depuis la tentative de coup d’Etat en Turquie, le gouvernement effectue une purge au sein des services publics extrêmement inquiétante. Les droits humains sont mis à mal : les droits des personnes détenues ne sont pas respectés, la liberté d’expression est menacée et les autorités appellent au rétablissement de la peine de mort.

Une tentative de coup d'État sanglante

La tentative de coup d’Etat par une faction de l’armée turque a été sanglante : selon les autorités, 208 personnes sont mortes et plus de 1400 ont été blessées durant la soirée du 15 juillet. Les putschistes ont pris le contrôle de chaînes de télévision et tiré sur le Parlement et des bâtiments présidentiels. Parmi les victimes figurent 24 « comploteurs », selon les termes des autorités, dont certains auraient été lynchés alors qu'ils n'étaient pas armés et tentaient de se rendre. Des civils, descendus dans les rues à la suite d'un appel à manifester lancé par le président Tayyip Erdogan, ont également été tués, faisant face aux tanks et aux hélicoptères.

Une purge de grande ampleur dans les services publics

Dans les jours qui ont suivi la tentative de coup d'État, le gouvernement turc a mené des purges de grande envergure au sein de l'armée, de la justice et des départements civils du ministère de l'Intérieur : 7 543 « comploteurs » ont été placés en détention, dont 318 en détention provisoire ; 7 000 policiers sont suspendus et 2 700 juges et procureurs démis de leurs fonctions, ce qui représente près d'un cinquième des effectifs de l'appareil judiciaire ; 450 magistrats sont en détention.

En outre, il semblerait que les droits des personnes arrêtées ne soient pas respectés. Nous enquêtons actuellement sur des allégations de violations des droits humains dans les prisons d’Ankara et d’Istanbul : les détenus y subiraient des mauvais traitements et n’auraient pas accès à un avocat.

Si les responsables du coup d’Etat et des violences doivent être traduits en justice, la vague d’arrestations et de suspensions est très préoccupante : le gouvernement turc faisant preuve d'une intolérance croissante vis-à-vis de la dissidence pacifique, cette répression risque de s'étendre aux militants de la société civile. Ces derniers mois, les militants politiques, les journalistes et les personnes critiquant les responsables du gouvernement ou sa politique sont fréquemment pris pour cibles et des organes de presse ont été saisis.

La liberté d'expression menacée

Dans les jours qui ont suivi la tentative de coup d’Etat, les autorités ont arbitrairement bloqué l’accès à plus de 20 sites d’information sur internet. Le 19 juillet, de très nombreuses sources ont signalé que le gouvernement avait retiré leur licence à 25 organes d’information dans le pays. En outre, 34 journalistes ont vu leur carte de presse annulée et un mandat d’arrêt a été délivré contre au moins une journaliste pour sa couverture de la tentative de coup d’État.

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La peine de mort utilisée de manière rétroactive ?

Les déclarations du président et de responsables du gouvernement concernant le rétablissement rétroactif de la peine de mort pour les responsables du coup d'État manqué sont très préoccupantes : cette mesure bafouerait les conventions relatives aux droits humains auxquelles la Turquie est partie et les protections inscrites dans la Constitution turque.

La répression en cours en Turquie est d’une envergure exceptionnelle. S’il est compréhensible, et légitime, que le gouvernement souhaite enquêter et punir les responsables de cette tentative de coup d’État sanglante, il doit néanmoins se conformer à l’état de droit et respecter la liberté d'expression.

On en est aujourd’hui très loin.

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