Un manifestant porte une banderole « Agissez maintenant, arrêtez les exécutions en Iran », 14/09/2024, Hambourg
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En Iran, au moins 30 personnes risquent la peine de mort pour avoir participé aux manifestations de janvier. La communauté internationale doit réagir de toute urgence pour mettre un terme au bain de sang !  

Ils sont une trentaine. Ils sont majoritairement jeunes, certains à peine majeurs. Deux d’entre eux sont encore des enfants. Aujourd’hui, ils risquent la peine de mort pour avoir participé aux récentes manifestations de janvier en Iran.  

Des manifestations, réprimées dans une violence inimaginable par les autorités iraniennes. En janvier, des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et d’autres blessées. 

Aujourd’hui, les autorités continuent de faire régner la peur. Depuis le 28 décembre 2025, des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées arbitrairement et menacées de la peine capitale « dans les plus brefs délais ».  

Dans le pays, la peine de mort est utilisée comme un véritable outil de dissuasion contre l’opposition. Une arme pour semer la peur et briser la résistance d’un peuple entier face aux crimes et à l’impunité du pouvoir iranien.   

Le monde ne doit pas fermer les yeux. 

Nous devons soutenir la résistance des Iranien·nes.  

Condamnés à mort pour avoir manifesté 

Saleh Mohammadi, Mohammad Amin Biglari, Ali Fahim, Abolfazl Salehi Siavashani, Amirhossein Hatami, Shahin Vahedparast Kolor, Shahab Zohdi, Yaser Rajaifar… Ils aspiraient au respect de leurs droits, leur liberté, plus de justice. Ils demandaient des changements fondamentaux pour leur pays.  

Tous ont été arrêtés et détenus arbitrairement en janvier. Tous ont été condamnés à mort quelques semaines plus tard par les autorités iraniennes, pour leur participation aux manifestations de janvier 2026.  

Au moins 22 autres personnes risquent aussi la peine capitale pour avoir pris part aux mobilisations. Ce pourrait être bien plus. Parmi elles : Ehsan Hosseinipour Hesarloo, 18 ans, Matin Mohammadi, 17 ans, Erfan Amiri, 17 ans, Shervin Bagherian Jebeli, 18 ans, Danial Niazi, 18 ans, Mohammad Abbasi, 55 ans, Amirhossein Azarpira, 24 ans, ainsi que Mohammadreza Tabari.

Tous sont jugés ou attendent aujourd’hui leur procès. Des procès, entachés « d’aveux » obtenus sous la torture. Des procès sans la présence d’avocats indépendants à leur coté pour les défendre.    

Les autorités iraniennes démontrent une fois de plus leur profond mépris pour le droit à la vie et la justice en menaçant de procéder à des exécutions accélérées et en prononçant des condamnations à mort à l'issue de procès expéditifs, quelques semaines seulement après l'arrestation des accusés.

Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International

Généralisation du recours à la peine de mort   

Aujourd’hui, les mineurs et les jeunes sont les premiers visés par l’engrenage répressif qui a suivi les manifestations de janvier. Ils sont arrêtés arbitrairement. Ils sont détenus au secret. Ils sont torturés et soumis à des aveux forcés. Ils sont jugés dans le cadre de procès expéditifs et privés de représentation juridique pendant leur procès.  

Un schéma systématique, que nous dénonçons déjà depuis plusieurs années. Depuis le soulèvement « Femme. Vie. Liberté » en 2022, la peine de mort est instrumentalisée de manière croissante par les autorités. Elle est utilisée comme une arme pour semer la peur. Pour écraser l’opposition. Pour punir les communautés marginalisées.  

Et ces derniers mois, la hausse continue des exécutions en Iran atteint des proportions effroyables. En 2025, c’est plus de 1300 personnes qui ont été exécutées entre janvier et octobre seulement. Un record, sur ces 30 dernières années. En 2024, l’Iran comptait parmi les trois pays qui exécutaient le plus. 

Le monde ne doit pas fermer les yeux 

Il est temps de mettre un terme à ce cycle infernal de violences en Iran ! Plus que jamais, la communauté internationale doit faire pression sur les autorités iraniennes.    

Nous demandons un renvoi de la situation en Iran par le Conseil de sécurité de l’ONU devant le Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale. Nous demandons la mise en place de mécanismes de justice internationale pour poursuivre les auteurs de crimes relevant du droit international. Nous demandons aux États d’ouvrir des enquêtes pénales en s’appuyant sur le principe de compétence universelle.  

Quant aux autorités iraniennes, nous les exhortons à annuler les condamnations et les peines de mort à l’encontre des manifestants et mettre fin immédiatement aux simulacres de procès.  

Stop aux massacres des manifestants !

Cette spirale de violence et d'impunité doit cesser. Signez notre pétition pour appeler le président Emmanuel Macron à agir de toute urgence !