Des Palestiniens rassemblés à un point de distribution alimentaire à Gaza, le 20 juillet 2025. Selon le Programme alimentaire mondial, près d’un habitant sur trois ne mange pas pendant plusieurs jours d’affilée, et des milliers de personnes sont « au bord d’une famine catastrophique ».
© Majdi Fathi / NurPhoto via AFP

Alors que le siège imposé par le gouvernement israélien affame la population de Gaza, les travailleurs humanitaires se retrouvent eux aussi contraints de faire la queue pour obtenir de la nourriture, au risque d’être abattus simplement pour avoir cherché à nourrir leur famille. Les réserves sont maintenant complètement épuisées et les organisations humanitaires voient désormais leurs propres collègues et partenaires mourir de faim devant leurs yeux.

Tout juste deux mois après le début des activités de la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), un organisme contrôlé par le gouvernement israélien, 109 organisations tirent la sonnette d’alarme, appelant les gouvernements à agir : ouvrir tous les points de passage terrestres, rétablir l’acheminement de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel de construction d’abris et de carburant par l’intermédiaire d’un mécanisme fondé sur des principes et géré par l’ONU, lever le siège et conclure un cessez-le-feu immédiatement.

« Chaque matin, la même question revient à Gaza : vais-je manger aujourd’hui ? », déclare un représentant d’agence.

Presque chaque jour, des sites de distribution de nourriture sont le théâtre de massacres à Gaza. Le 13 juillet, l’ONU a confirmé que 875 Palestiniens et Palestiniennes cherchant à obtenir de la nourriture avaient été tués, dont 201 sur les voies d’accès à l’aide humanitaire et les autres sur les sites de distribution. Des milliers d’autres personnes ont été blessées. Parallèlement, les forces israéliennes ont déplacé de force près de deux millions de Palestiniens et Palestiniennes épuisés, le plus récent ordre de déplacement massif ayant été émis le 20 juillet, confinant la population palestinienne sur moins de 12 % du territoire de Gaza. Le PAM a déclaré que les conditions actuelles rendaient les activités intenables. Utiliser la famine de civil·e·s comme méthode de guerre est un crime de guerre.

Des tonnes de nourriture, d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel de construction d’abris et de carburant attendent dans des entrepôts aux portes de Gaza et à l’intérieur même de l’enclave, les organisations humanitaires ne pouvant ni y accéder, ni les acheminer. Les restrictions, les retards et la fragmentation du territoire imposés par le gouvernement israélien dans le cadre de son siège total ont semé le chaos, la

famine et la mort. Un travailleur humanitaire fournissant un soutien psychosocial a évoqué les conséquences dévastatrices pour les enfants : « Les enfants disent à leurs parents qu’ils veulent aller au paradis, parce qu’au paradis au moins il y a à manger. »

Des médecins font état de niveaux records de malnutrition aiguë, particulièrement parmi les enfants et les personnes âgées. Des maladies telles que la diarrhée aqueuse aiguë se répandent, les marchés sont vides, les déchets s’accumulent et des adultes, affamés et déshydratés, s’effondrent en pleine rue. En moyenne, seulement 28 camions d’aide entrent chaque jour à Gaza, ce qui est loin d’être suffisant pour plus de deux millions de personnes, dont beaucoup sont déjà privées d’assistance depuis plusieurs semaines.

Le système humanitaire dirigé par les Nations unies n’a pas échoué, il a été empêché de fonctionner par le gouvernement israélien.

Les agences humanitaires ont la capacité et les ressources nécessaires pour apporter une réponse à l’échelle des besoins. Mais privés d’accès, nous ne pouvons pas aider les personnes qui en ont besoin, y compris nos propres équipes qui sont épuisées et affamées. Le 10 juillet, l’UE et Israël ont annoncé des mesures pour accroître l’aide. Mais ces promesses de « progrès » sonnent creux en l’absence de véritable changement sur le terrain. Chaque jour qui passe sans acheminement régulier d’aide humanitaire, de nouvelles personnes meurent de maladies évitables. Des enfants meurent de faim dans l’attente de promesses qui ne se concrétisent jamais.

Les Palestiniens et Palestiniennes sont pris au piège d’un cycle sans fin d’espoir et de désillusion, attendant une assistance et un cessez-le-feu, et se réveillant chaque jour dans des conditions toujours pires. La souffrance n’est pas seulement physique, elle est aussi psychologique. L’espoir de la survie est un mirage. Le système humanitaire ne peut pas fonctionner sur la base de fausses promesses. Les membres du personnel humanitaire ne peuvent pas travailler dans l’incertitude ou attendre des engagements politiques qui ne permettent pas d’ouvrir l’accès.

Les gouvernements doivent cesser d’attendre la permission d’agir. Nous ne pouvons pas continuer d’espérer que les arrangements actuels fonctionneront. Il est temps de prendre des mesures décisives : exiger un cessez-le-feu immédiat et permanent, lever toutes les restrictions bureaucratiques et administratives, ouvrir tous les points de passage terrestres, assurer l’accès à l’ensemble du territoire de Gaza, rejeter les modèles de distribution contrôlés par l’armée, rétablir une réponse humanitaire fondée sur des principes et gérée par l’ONU et continuer de financer des organisations humanitaires impartiales et fondées sur des principes. Les États doivent prendre des mesures concrètes pour mettre fin au siège, notamment en mettant un terme aux transferts d’armes et de munitions.

Les mesures à l’emporte-pièce et les actions symboliques, comme les largages aériens et les accords humanitaires insuffisants, sont un écran de fumée camouflant l’inaction. Elles ne peuvent se substituer aux obligations juridiques et morales des États de protéger les civil·e·s palestiniens et d’assurer un véritable accès à grande échelle. Les États peuvent et doivent sauver des vies avant qu’il n’y en ait plus aucune à sauver.

Liste des organisations signataires

American Friends Service Committee (AFSC)

A.M. Qattan Foundation

A New Policy

ACT Alliance

Action Against Hunger (ACF)

Action for Humanity

ActionAid International

American Baptist Churches Palestine Justice Network

Amnesty International

Asamblea de Cooperación por la Paz

Associazione Cooperazione e Solidarietà (ACS)

Bystanders No More

Campain

CARE 

Caritas Germany

Caritas Internationalis

Caritas Jerusalem

Catholic Agency for Overseas Development (CAFOD)

Center for Mind-Body Medicine (CMBM)

CESVI Fondazione

Children Not Numbers

Christian Aid

Churches for Middle East Peace (CMEP)

CIDSE- International Family of Catholic Social Justice Organisations

Cooperazione Internazionale Sud Sud (CISS)

Council for Arab‑British Understanding (CAABU)

DanChurchAid (DCA)

Danish Refugee Council (DRC)

Doctors against Genocide

Episcopal Peace Fellowship

EuroMed Rights

Friends Committee on National Legislation (FCNL)

Forum Ziviler Friedensdienst e.V.

Gender Action for Peace and Security

Global Legal Action Network (GLAN)

Global Witness

Health Workers 4 Palestine

HelpAge International

Humanity & Inclusion (HI)

Humanity First UK

Indiana Center for Middle East Peace

Insight Insecurity

International Media Support

International NGO Safety Organisation

Islamic Relief

Jahalin Solidarity

Japan International Volunteer Center (JVC)

Kenya Association of Muslim Medical Professionals (KAMMP)

Kvinna till Kvinna Foundation

MedGlobal

Medico International

Medico International Switzerland (medico international schweiz)

Medical Aid for Palestinians (MAP)

Mennonite Central Committee (MCC)

Médecins Sans Frontières (MSF)

Médecins du Monde France

Médecins du Monde Spain

Médecins du Monde Switzerland

Mercy Corps

Middle East Children’s Alliance (MECA)

Movement for Peace (MPDL)

Muslim Aid

National Justice and Peace Network in England and Wales

Nonviolence International

Norwegian Aid Committee (NORWAC)

Norwegian Church Aid (NCA)

Norwegian People’s Aid (NPA)

Norwegian Refugee Council (NRC)

Oxfam International

Pax Christi England and Wales

Pax Christi International

Pax Christi Merseyside

Pax Christi USA

Pal Law Commission

Palestinian American Medical Association

Palestinian Children’s Relief Fund (PCRF)

Palestinian Medical Relief Society (PMRS)

Peace Direct

Peace Winds

Pediatricians for Palestine

People in Need

Plan International

Première Urgence Internationale (PUI)

Progettomondo

Project HOPE

Quaker Palestine Israel Network

Rebuilding Alliance

Saferworld

Sabeel‑Kairos UK

Save the Children (SCI)

Scottish Catholic International Aid Fund

Solidarités International

Støtteforeningen Det Danske Hus i Palæstina

Swiss Church Aid (HEKS/EPER)

Terre des Hommes Italia

Terre des Hommes Lausanne

Terre des Hommes Nederland

The Borgen Project

The Center for Mind-Body Medicine (CMBM)

The Glia Project

The Global Centre for the Responsibility to Protect (GCR2P)

The Institute for the Understanding of Anti‑Palestinian Racism

Un Ponte Per (UPP)

United Against Inhumanity (UAI)

War Child Alliance

War Child UK

War on Want

Weltfriedensdienst e.V.

Welthungerhilfe (WHH)

La France doit mettre fin à l’impunité d’Israël !

La France doit être à la hauteur de l’engagement citoyen. Elle doit mettre tout en œuvre pour faire respecter le droit international et faire cesser le génocide à Gaza.