La défenseure des droits humains et blogueuse marocaine Saida El Alami purge une peine inique de trois ans d’emprisonnement, uniquement pour avoir exercé ses droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.
Le 1er juillet 2025, des policiers en civil l’interpellent à Casablanca après la diffusion en direct d’une manifestation dénonçant les morts en détention. Le 16 septembre, la cour pénale d’Aïn Sebaa à Casablanca l’a condamnée à trois ans de prison et à une amende de 20 000 dirhams (environ 1 870 euros) en raison de ses publications sur les réseaux sociaux et de ses déclarations publiques critiquant les autorités et exposant des faits de corruption présumée et des violations des droits humains.
Voici une suggestion de message
Monsieur le Premier ministre,
Je souhaite exprimer ma profonde inquiétude concernant la détention prolongée de la défenseure des droits humains et blogueuse Saida El Alami. D’après des documents judiciaires consultés par Amnesty International, les chefs d’accusation retenus contre elle découlent de dizaines de publications et de vidéos sur Facebook dans lesquelles dénonçait les détentions arbitraires et remettait en cause l’indépendance du pouvoir judiciaire. Les autorités ont retenu ces publications à titre de preuves pour la condamner pour « outrage à un organisme réglementé par la loi », « outrage à des fonctionnaires publics dans l’exercice de leurs fonctions » et « diffusion et propagation d’allégations fausses sans consentement », en vertu des articles 263, 265 et 2-447 du Code pénal marocain. Ces accusations et sa condamnation vont à l’encontre du droit international relatif aux droits humains, qui protège le droit de critiquer les fonctionnaires, les institutions de l’État et les acteurs judiciaires.
D’après ses proches, ses conditions de détention sont éprouvantes, en raison des températures excessivement élevées dans les cellules et des conditions d’hygiène déplorables. Sa santé physique et mentale demeure très préoccupante.
Je vous prie de libérer Saida El Alami immédiatement et sans condition et d’annuler sa condamnation.
Veuillez agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.
Adressez vos appels à
Premier ministre Aziz Akhanouch
Palais royal Touarga
Rabat 10070, Maroc
Twitter : @ChefGov_ma
Copie à :
Ambassade du Maroc
5, rue Le Tasse
75116 Paris
Courriel : [email protected]