Les conséquences du changement climatique sont dramatiques pour les populations. Crises alimentaires, manque d’accès à l’eau, propagation d’épidémies, pertes de logement : les droits fondamentaux des personnes comme le droit à l’alimentation, à la santé ou à l’eau sont impactés. La crise climatique est aussi une crise des droits humains.
Vagues de chaleur, inondations, sécheresses : les phénomènes météorologiques et les événements climatiques extrêmes se multiplient et font de nombreuses victimes à travers le monde. En cause, l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre résultant d’activités humaines depuis l’ère pré-industrielle, selon le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).
Les États ont progressivement reconnu qu’ils avaient l’obligation de prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique non seulement au regard du droit de l’environnement, mais également au regard du droit international relatif aux droits humains. En 1992, la communauté internationale a cherché à agir en créant la première convention internationale de lutte contre le changement climatique, la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Mais plus de trente après, les intérêts économiques et le manque de volonté politique ont entravé l’action climatique.
L’inaction climatique menace non seulement l’avenir de la planète mais aussi nos droits humains à toutes et tous. L’inaction de nos gouvernements face à la crise climatique, en dépit des preuves scientifiques, pourrait constituer la plus grave violation intergénérationnelle des droits humains de toute l’histoire.
Le changement climatique menace les droits humains
N'oublions pas que la guerre contre la nature est en elle-même une violation massive des droits humains.
Le changement climatique est une crise des droits humains sans précédent. Il menace l’exercice des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels des générations présentes et futures et, à terme, l’avenir de l’humanité.
Les droits humains menacés par le changement climatique
Des populations inégalement touchées par le changement climatique
Si l’ensemble de la planète est impacté par le changement climatique, tout le monde n’est pas aussi vulnérable face à ses effets. Il affecte plus particulièrement les personnes marginalisées, en situation de vulnérabilité ou victimes de discrimination.
La combinaison de plusieurs de ces facteurs expose certaines personnes à un risque accru face à la crise climatique. C’est le principe de l’intersectionnalité. Par exemple, une personne racisée, vivant sur une zone côtière et en situation de pauvreté est très à risque car elle cumule plusieurs critères de vulnérabilité qui se croisent et s’amplifient.
L’inégale responsabilité de la crise climatique
Le changement climatique touche donc de manière inégale les populations dans le monde et impacte en particulier les populations les plus vulnérables. Il est d’autant plus injuste quand on sait que ce sont les personnes les moins responsables qui sont les premières victimes de la crise climatique.
En effet, les pays les moins responsables des émissions de gaz à effet de serre sont les pays les plus touchés par les effets du changement climatique. C’est le cas du Pakistan qui fait partie des cinq pays les plus vulnérables alors qu’il contribue à moins de 1% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
Les pays dits développés, en Europe ou en Amérique du Nord ont une responsabilité historique dans la crise climatique. Industrialisés dès le 19ème siècle, ces pays ont historiquement émis plus d’émissions que les autres pays. Aujourd’hui encore, ils font partie des principaux émetteurs de gaz à effet de serre aux côtés d’autres pays qui les ont rejoints comme les pays producteurs de pétrole et de charbon.
La responsabilité de la crise climatique est inégale en fonction des pays mais aussi en fonction des individus. Les 10 % les plus riches de la planète sont responsables de deux tiers du réchauffement climatique depuis 1990 selon une étude publiée dans Nature Climate Change, 2025.
Malgré cette profonde injustice climatique, les pays à haut revenu et à fortes émissions ne font pas assez pour lutter contre le changement climatique.
Les Etats ne peuvent plus nier les effets néfastes du changement climatique sur les droits humains. Leur inaction condamne des millions de personnes à la faim, aux maladies, aux déplacements forcés et à des morts prématurées.
Nos demandes
Nous appelons les Etats à mettre en œuvre les obligations auxquelles ils sont tenus par le droit international en faveur du respect, de la protection et de l’exercice des droits humains face à la crise climatique :
- Protéger les personnes en éliminant d’urgence les émissions de gaz à effet de serre ;
- Aider les populations touchées à s’adapter à un changement climatique inévitable ;
- Garantir que l’action pour le climat soit compatible avec le respect des droits humains ;
- Garantir le droit de chacun·e à l’information, à la participation et à réparation ;
- Accorder des réparations aux victimes de pertes et préjudices ;
- Accroître la coopération et l’aide internationales ;
- Sauvegarder les droits humains des personnes déplacées ou menacées de déplacement par le changement climatique ;
- Reconnaître le droit à un environnement sûr, propre, sain et durable ;
- Réglementer les entreprises.
