Exigez avec nous la justice pour toutes les victimes et la protection sans condition des populations civiles
Espace journalistes
Contact presse
Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :
+33 1 53 38 66 00
+33 6 76 94 37 05 (soir & week-end)
Espace journalistes
Contact presse
Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :
+33 1 53 38 66 00
+33 6 76 94 37 05 (soir & week-end)
Pologne. L’enquête visant une femme médecin qui a pratiqué un avortement tardif pourtant légal doit être close
Les autorités polonaises doivent clore l’enquête qui vise une femme médecin ayant pratiqué légalement un avortement tardif, et doivent prendre des mesures pour assurer sa sécurité à la suite des attaques physiques et en ligne qu’elle a subies, a déclaré Amnesty International dans une déclaration publique parue jeudi 28 août 2025.
La docteure Gizela Jagielska risque des poursuites judiciaires et une peine maximale de huit ans d’emprisonnement pour avoir pratiqué légalement un avortement dans un hôpital d’Oleśnica, dans le sud de la Pologne, en octobre 2024, au motif que la grossesse menaçait la santé de la femme enceinte.
Au lieu d’enquêter sur l’acte pratiqué par Gizela Jagielska, les autorités polonaises feraient mieux de s’intéresser aux attaques dont elle a été victime depuis que l’ouverture d’une enquête a été annoncée.
« L’avortement fait partie intégrante de l’éventail des services de santé sexuelle et reproductive et, en tant que soin médical essentiel, il ne doit pas être traité comme une infraction, a déclaré Monica Costa Riba, responsable du travail de campagne sur les droits des femmes à Amnesty International.
« Au lieu d’enquêter sur l’acte pratiqué par Gizela Jagielska, les autorités polonaises feraient mieux de s’intéresser aux attaques dont elle a été victime depuis que l’ouverture d’une enquête a été annoncée, et de prendre des mesures pour assurer sa sécurité. Le ministère de la Santé devrait aussi enquêter sur les obstacles scandaleux rencontrés par la femme enceinte en question, qui l’ont empêchée de bénéficier en temps voulu des soins médicaux urgents dont elle avait besoin avant qu’elle ne finisse par s’adresser à la docteure Gizela Jagielska.
« Les autorités polonaises doivent cesser de diaboliser les femmes qui cherchent à avorter et les professionnel·le·s de la santé qui pratiquent des avortements. Elles doivent de toute urgence modifier la législation nationale afin de dépénaliser totalement l’interruption volontaire de grossesse et garantir, dans la pratique, l’accès à cet acte médical à toutes les personnes qui en ont besoin, sans discrimination. »
Complément d’information
La Pologne a l’une des législations sur l’avortement les plus restrictives d’Europe. L’avortement n’y est autorisé que pour protéger la vie ou la santé de la personne enceinte, ou si la grossesse résulte d’un viol. Même dans les situations où l’avortement est légal en Pologne, de multiples obstacles restreignent fortement l’accès à cet acte médical dans la pratique.
Dans le cas dont il est question ici, le fœtus souffrait de la forme la plus grave d’ostéogenèse imparfaite, une maladie des os congénitale. Si la grossesse avait été menée à son terme, l’enfant serait mort peu de temps après sa naissance. En octobre 2020, la Cour constitutionnelle de Pologne, dont l’indépendance est remise en cause, a décidé de supprimer les dispositions juridiques autorisant l’avortement en cas de malformation fœtale grave ou mortelle.
Le 9 avril 2025, le ministère public du district d’Oleśnica a annoncé l’ouverture d’une enquête visant la docteure Gizela Jagielska en vertu de l’article 152 du Code pénal polonais (pratique d’un avortement en dehors du cadre de la législation polonaise sur l’interruption volontaire de grossesse).
Le 16 avril 2025, Grzegorz Braun, député polonais et européen, a fait irruption dans l’hôpital où travaille Gizela Jagielska afin de procéder à son « arrestation citoyenne », l’empêchant physiquement de quitter son bureau.
Depuis l’annonce du ministère public, cette femme médecin subit des attaques physiques et verbales, des menaces et une campagne de diffamation et d’intimidation en face à face et en ligne, notamment sous la forme d’incitations à la violence à son encontre.
Pour en savoir plus sur la protection des droits des professionnel·le·s de la santé, voir le document d’Amnesty International intitulé Principes et mesures clés visant à protéger les prestataires de soins d’avortement en leur qualité de défenseur·e·s des droits humains.
The post Pologne. L’enquête visant une femme médecin qui a pratiqué un avortement tardif pourtant légal doit être close appeared first on Amnesty International.
Espace journalistes
Contact presse
Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :
+33 1 53 38 66 00
+33 6 76 94 37 05 (soir & week-end)
Pologne. La décision de rejuger Justyna Wydrzyńska, poursuivie pour avoir facilité un avortement, laisse espérer l’abandon des charges retenues contre elle
En réaction à la décision de la Cour d’appel rendue le 13 février 2025 de renvoyer devant une juridiction inférieure l’affaire de la militante Justyna Wydrzyńska qui a aidé une femme enceinte à se procurer...
Pologne. Il faut annuler la condamnation inique d’une militante accusée d’avoir aidé une femme à avorter
À la veille du procès en appel le 30 janvier 2025 de Justyna Wydrzyńska, une défenseure des droits humains condamnée en 2023 pour avoir aidé une femme victime de violences conjugales à obtenir un avortement...
Pologne. Le projet de suspendre le droit de solliciter l’asile est « clairement illégal »
En réaction à la nouvelle stratégie migratoire du gouvernement polonais, qui propose une suspension temporaire du droit de solliciter l’asile en invoquant la menace que la Russie et le Bélarus utilisent...
Pologne. Le vote en faveur de la modification de la loi est une avancée considérable en vue d’assurer l’accès à un avortement sûr et légal
Réagissant aux informations selon lesquelles les députés polonais ont approuvé, en première lecture, quatre modifications des lois du pays en matière d’avortement le 12 avril 2024, Miko Czerwiński, directeur...
Pologne. La déclaration de culpabilité d’une militante poursuivie pour avoir aidé une femme à avorter offre un « aperçu effrayant » de l’avenir
Réagissant à la condamnation de la militante Justyna Wydrzyńska à huit mois de service d’intérêt général pour avoir aidé une femme enceinte à obtenir des pilules abortives en Pologne, Agnès Callamard,...