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Ouganda. Les autorités doivent cesser de criminaliser les militant·e·s qui manifestent contre le coût élevé de la vie

Les autorités ougandaises doivent libérer les six femmes politiques et militantes arrêtées uniquement pour avoir manifesté contre la vie chère et doivent respecter les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Amnesty International le 6 juin 2022 à la veille de l’audience d’examen de leur demande de libération sous caution le 7 juin.

L’arrestation et le maintien en détention de ces militantes s’apparentent à des mesures d’intimidation et de harcèlement. Il s’agit d’une manœuvre flagrante des autorités ougandaises visant à éradiquer la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique

Deprose Muchena, directeur pour l'Afrique de l’Est et l'Afrique australe à Amnesty International

La police a arrêté six femmes le 30 mai 2022 au rond-point de Mulago à Kampala alors qu’elles tenaient des pancartes dénonçant l’inflation, les prix élevés des biens de première nécessité et le maintien en détention de Kizza Besigye, leader du groupe politique de pression Front populaire pour la transition.

« L’arrestation et le maintien en détention de ces militantes s’apparentent à des mesures d’intimidation et de harcèlement. Il s’agit d’une manœuvre flagrante des autorités ougandaises visant à éradiquer la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, a déclaré Deprose Muchena, directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.

« Ces six militantes doivent être libérées immédiatement. Au lieu de criminaliser la critique publique de l’inflation et de la crise du coût de la vie, les autorités ougandaises doivent prendre des mesures en vue d’atténuer l’impact de la hausse des prix des denrées alimentaires sur les plus démunis. »

Ces six femmes sont la députée Anna Adeke, la maire-adjointe de Kampala Doreen Nyanjura et quatre militantes, Wokuri Mudanda, Susan Nanyojo, Mariam Kizito et Alice Amony. Inculpées d’incitation à la violence et de rassemblement illégal, elles se trouvent en détention provisoire à la prison de Luzira, à Kampala.

Les manifestations ont été déclenchées par la hausse de l’inflation, qui est passée de 2,7 % en janvier à 6,3 % en mai 2022, et qui se traduit par une augmentation du prix des biens de consommation essentiels. L’inflation alimentaire touche de manière disproportionnée les personnes vivant dans la pauvreté, puisque le pourcentage de leurs revenus dédié à l’alimentation est plus élevé. Si l’inflation est actuellement un problème mondial, les gouvernements sont tenus de garantir le droit à un accès suffisant et adéquat à l’alimentation, notamment par le biais de l’aide internationale. Les responsables politiques et militantes arrêtées avaient critiqué la réponse du gouvernement ougandais face à la hausse des coûts des denrées alimentaires.

Répression de la dissidence

Le 23 mai, la police ougandaise a arrêté Kizza Besigye au parc Arua, à Kampala, où il s’adressait aux gens dans le cadre d’une série de manifestations concernant la situation économique.

Le 12 mai, la police l’avait placé en « arrestation préventive », mesure dont se servent les autorités ougandaises en vue de prévenir une infraction.

Le 25 mai, Kizza Besigye a été inculpé d’incitation à la violence au tribunal de Buganda Road et s’est vu accorder une libération sous caution pour un montant de 30 000 000 shillings ougandais (7 500 euros environ). Il a contesté cette décision au motif que cette somme était excessive et a demandé à ses avocats de déposer une requête de révision de ses conditions de libération sous caution. Le 6 juin, la Haute Cour a réduit cette caution à 3 000 000 de shillings ougandais (750 euros environ).

Les autorités ougandaises doivent cesser de se servir de la détention préventive et des accusations pénales pour dissuader les gens d’exercer leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

Au titre de la Constitution ougandaise, l’État est tenu de garantir que les Ougandais·e·s puissent déposer une requête auprès du gouvernement, exercer leur droit à la liberté de réunion pacifique et bénéficier d’un abri décent, de la santé et de la sécurité alimentaire.

En arrêtant des personnes inquiètes face au coût élevé de la vie, les autorités ougandaises risquent de paraître déconnectées de la réalité quotidienne de ceux qui vivent dans la pauvreté, y compris de ceux qui n’ont pas les moyens de mettre un repas sur la table

Deprose Muchena

« En arrêtant des personnes inquiètes face au coût élevé de la vie, les autorités ougandaises risquent de paraître déconnectées de la réalité quotidienne de ceux qui vivent dans la pauvreté, y compris de ceux qui n’ont pas les moyens de mettre un repas sur la table », a déclaré Deprose Muchena.

Complément d’information

Les manifestations demeurent criminalisées en Ouganda sans aucun fondement légal, alors que la Cour constitutionnelle du pays a déclaré inconstitutionnelle la Section 8 de la Loi relative à la gestion de l’ordre public.

On pensait que le fait d’annuler certaines parties de la loi limiterait le pouvoir de l’Inspecteur général de la police s’agissant d’empêcher ou de bloquer arbitrairement les rassemblements publics et de réprimer les manifestations.

L’État invoque la Section 83 de la loi sur le Code pénal pour inculper des personnes d’incitation à la violence afin de les dissuader de manifester.

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