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Communiqué de presse

Israël/Territoires palestiniens occupés. Pourquoi l’entreprise TripAdvisor continue-t-elle de contribuer à la souffrance des Palestinien·ne·s ?

Quel problème les colonies israéliennes posent-elles ?

Amnesty International appelle TripAdvisor et les autres entreprises de réservation en ligne à cesser de proposer des lieux d’hébergement et des attractions touristiques dans des colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés. Selon nos recherches, TripAdvisor, Airbnb, Expedia et Booking.com contribuent à pérenniser une situation illégale et favorisent les violations des droits humains visant des Palestinien·ne·s en encourageant le tourisme dans des colonies israéliennes illégales construites sur des terres palestiniennes occupées.

Pourquoi distinguons-nous les colonies du reste d’Israël ?

Décryptage rapide :

Il y a 52 ans, pendant la guerre des Six Jours qui a opposé Israël à ses voisins arabes en 1967, Israël a occupé la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, la bande de Gaza, la péninsule du Sinaï et le plateau du Golan. La Cisjordanie et Gaza sont les territoires palestiniens occupés, sur lesquels Israël exerce un contrôle total. La guerre et les événements qui se sont déroulés ensuite ont forcé des milliers de Palestinien·ne·s à abandonner leurs terres. Beaucoup de ces personnes n’ont jamais été autorisées à rentrer chez elles et sont toujours réfugiées, principalement en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans d’autres parties des territoires palestiniens occupés.

Amnesty International et d’autres organisations dénoncent l’existence des colonies car elles sont illégales

Il existe environ 250 colonies israéliennes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, qui vont du petit village à la grande ville.

Aux termes du droit international, il est illégal pour une puissance occupante de transférer ses propres civils sur un territoire qu’elle occupe ou de transférer tout ou partie de la population d’un territoire occupé à l’intérieur ou à l’extérieur de ce territoire. Ces actes constituent des crimes de guerre au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, au même titre que la destruction et l’appropriation de biens immobiliers sur un territoire occupé.

Dès le début, l’État d’Israël a ignoré ces lois et a commencé à construire des colonies sur les terres dont il s’était emparé. De plus, les gouvernements successifs ont eu pour politique d’étendre les colonies, en mettant en place des subventions et des mesures d’incitation pour encourager les Israélien·ne·s juifs à s’y installer. La plupart des États, ainsi que l’Union européenne et les Nations unies, considèrent ces colonies comme illégales.

Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains dénoncent également l’existence des colonies parce que celles-ci font énormément de tort aux Palestinien·ne·s

La politique de colonisation adoptée par Israël est l’une des principales causes des violations des droits humains de grande ampleur qui sont commises dans le contexte de l’occupation israélienne. Depuis 1967, les colons israéliens se sont accaparé plus de 100 000 hectares de terres palestiniennes. Plus de 600 000 colons vivent actuellement en territoire occupé et leur installation a nécessité la démolition de 50 000 logements et autres bâtiments palestiniens.

Aujourd’hui, les civils palestiniens continuent d’être victimes de déplacement forcé, notamment d’expulsions et de transferts forcés et de la confiscation de leurs terres et de leurs ressources naturelles, de la démolition de leurs logements, biens immobiliers et infrastructures, et de restrictions de leur liberté de circulation. Cela a des conséquences dévastatrices sur les droits des Palestinien·ne·s à un niveau de vie suffisant, au travail, au logement, à la santé et à l’éducation et grippe progressivement l’économie palestinienne.

L’armée israélienne a la mainmise sur chaque aspect de la vie des Palestinien·ne·s dans les territoires occupés

L’armée restreint de façon stricte le droit des Palestinien·ne·s de circuler librement dans les territoires occupés, ce qui a des répercussions sur l’endroit où les Palestinien·ne·s peuvent travailler ou être scolarisés et sur leur possibilité de rendre visite à leurs proches, de voyager à l’étranger ou d’accéder à leurs terres agricoles.

Le blocus aérien, terrestre et maritime imposé illégalement par Israël sur la bande de Gaza est entré dans sa 12e année. Il restreint la liberté de circulation des personnes et des biens entrant sur le territoire et en sortant, ce qui constitue une sanction collective à l’encontre des deux millions d’habitant·e·s de Gaza.

Israël contrôle et restreint également l’accès des Palestinien·ne·s à une eau salubre. De nombreux Palestinien·ne·s ont des difficultés à se procurer suffisamment d’eau pour se laver, cuisiner, nettoyer, boire et, à plus forte raison, cultiver. Les colonies israéliennes, quant à elles, sont dotées de piscines, de jardins bien arrosés et de grandes exploitations irriguées – dont beaucoup sont proposées comme attractions par des entreprises de réservation en ligne. La consommation d’eau des Israélien·ne·s est au moins quatre fois supérieure à celle des Palestinien·ne·s vivant dans les territoires occupés.

Des milliers de civils palestiniens et des centaines de civils israéliens ont été tués du fait des tensions liées à l’occupation

Les forces israéliennes ont tué illégalement et blessé des milliers de civils palestiniens dans les territoires occupés, notamment lors de manifestations contre la confiscation de terres.

Depuis 1987, plus de 10 200 Palestinien·ne·s ont été tués par l’armée israélienne, souvent dans des circonstances qui s’apparentent à des crimes de guerre.

Sur la même période, plus de 1 400 Israélien·ne·s ont été tués par des Palestinien·ne·s. Parmi ces personnes, des centaines étaient des civils tués par des groupes armés palestiniens lors d’attaques qui constituent des crimes au regard du droit international.

Des lois différentes s’appliquent aux Palestinien·ne·s

Depuis 1967, des centaines de milliers de Palestinien·ne·s ont été arrêtés sur ordre de l’armée, souvent pour des activités pacifiques. Israël a créé des tribunaux militaires pour poursuivre les Palestinien·ne·s. Pratiquement toutes les affaires dont ces tribunaux sont saisis se soldent par des déclarations de culpabilité à l’issue de négociations de peine. Des centaines de Palestinien·ne·s sont actuellement incarcérés sans inculpation ni jugement au titre de la détention administrative.

Au moins 210 enfants palestiniens se trouvent dans des prisons et des centres de détention israéliens. En décembre 2017, Ahed Tamimi (16 ans) a été arrêtée et condamnée à huit mois d’emprisonnement pour avoir giflé un militaire israélien. Quelques heures auparavant, des militaires avaient tiré sur son cousin de 14 ans et l’avaient touché à la tête.

Les colons israéliens qui vivent en Cisjordanie sont assujettis au droit civil israélien et non à la justice militaire.

Le tourisme dans les colonies aggrave la situation

Les entreprises de réservation en ligne comme TripAdvisor promeuvent de nombreux lieux d’hébergement et attractions dans les colonies et, ce faisant, contribuent à l’entretien, au développement et à l’expansion de colonies illégales et en tirent profit. L’État israélien s’appuie sur le secteur du tourisme en plein essor dans les colonies pour normaliser et légitimer l’existence et l’expansion de ces colonies.

Les habitant·e·s palestinien·ne·s de Khirbet Susiya, un village où une délégation d’Amnesty International s’est rendue, vivent dans des abris temporaires depuis qu’ils ont été expulsés de force pour permettre la création d’une colonie appelée Susya en 1983 et l’implantation d’un site archéologique sur les ruines de l’ancienne Susya en 1986. Depuis lors, les villageois·es ont perdu de vastes zones agricoles et ont dû réduire la taille de leur cheptel, qui est leur principale source de revenus. Les autorités israéliennes ont bloqué l’accès à des citernes d’eau et des puits à Khirbet Susya et les villageois·es consacrent environ un tiers de leurs revenus à l’achat d’eau. Les Palestinien·ne·s de Khirbet Susiya vivent aussi dans la peur que leur logement ou d’autres bâtiments soient démolis à tout moment et sont victimes de violences et d’un harcèlement systématiques de la part des colons israéliens. TripAdvisor propose en tant qu’attractions touristiques le site archéologique, ainsi qu’une cave à vin et un vignoble situés dans la colonie de Susya. Cet exemple montre que le secteur du tourisme a une action directe sur l’expansion des colonies et contribue à la souffrance des Palestinien·ne·s.

Amnesty International n’appelle pas à boycotter Israël

Nous nous concentrons sur l’essor de l’économie dans les colonies illégales et non sur l’économie israélienne. De ce fait, nous n’appelons pas les agences de voyage sur Internet à cesser de réserver des séjours en Israël. Nous voulons que les entreprises de réservation en ligne arrêtent d’alimenter financièrement une démarche qui cause de terribles souffrances aux Palestinien·ne·s et bafoue le droit international.

Si les entreprises de tourisme ne proposent plus d’annonces liées aux colonies, cela aura évidemment une incidence négative sur les moyens d’existence de certains colons. La responsabilité en incombe entièrement à l’État d’Israël. Depuis 1967, la politique gouvernementale consiste à promouvoir la création et l’expansion de colonies dans les territoires palestiniens occupés, alors que les autorités savent pertinemment que cela est illégal et préjudiciable à la population palestinienne.

Amnesty International souhaite que les activités économiques en rapport avec des colonies illégales des territoires palestiniens occupés cessent. Nous estimons que les entreprises doivent éviter de contribuer à une situation illégale et à des violations des droits humains et que les États doivent remplir leur obligation de ne pas reconnaître ni faciliter une situation illégale.

Nos appels ne sont pas antisémites

Amnesty International est opposée à la discrimination, au racisme et aux crimes de haine sous toutes leurs formes, qu’ils soient fondés sur la religion, la nationalité, l’origine ethnique, le genre, l’orientation sexuelle ou l’identité de genre, ou encore d’autres caractéristiques faisant l’objet d’une protection, y compris le fait d’être de confession juive ou considéré comme tel.

Notre campagne n’est pas motivée par la discrimination et n’est pas axée sur les personnes. L’objectif est que les entreprises commerciales cessent de mener des activités dans des colonies ou en lien avec elles, compte tenu du caractère illégal de ces colonies au regard du droit international et du fait qu’elles font énormément de tort et causent d’immenses souffrances à la population palestinienne des territoires occupés.

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