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Communiqué de presse

Guinée équatoriale. Un artiste est libéré, après qu’un policier a admis avoir porté des accusations douteuses sur ordre de ses supérieurs

Le 7 mars 2018, un tribunal équato-guinéen a libéré un artiste emprisonné pour des accusations douteuses pendant près de six mois, ont annoncé 18 organisations de défense des droits humains. Le parquet a abandonné toutes les poursuites contre Ramón Esono Ebalé, dessinateur dont le travail est souvent critique envers le gouvernement. En effet, lors de son procès le 27 février, le policier qui l'avait accusé d'avoir fabriqué 1 500 euros de faux billets en monnaie locale a admis avoir forgé l'accusation de toutes pièces sur les ordres de ses supérieurs.

« C'est un grand soulagement que le parquet abandonne les accusations contre Ramon Esono Ebalé, mais elles n'auraient jamais dû être portées à son encontre, a déclaré Salil Tripathi, président du Comité des écrivains en prison de PEN International. Les autorités doivent veiller à ce qu’il puisse rentrer en toute sécurité dans sa famille et continuer de produire ses dessins percutants, et garantir que la Guinée équatoriale respecte le droit à la liberté d'expression. »

La coalition mondiale #FreeNseRamon, qui regroupe des centaines d'artistes, de militants et d'organisations qui défendent la protection de la liberté artistique, de la liberté d'expression et d'autres droits fondamentaux, a mené une campagne pour attirer l'attention du monde entier sur sa situation.

« La libération de Ramon témoigne du pouvoir de l’action collective menée par des centaines d'artistes, citoyens engagés et ONG, a déclaré Tutu Alicante, directeur d'EG Justice, qui promeut les droits humains en Guinée équatoriale. Cependant, nous ne devons pas oublier que les geôles équato-guinéennes sont remplies de dizaines d'opposants au gouvernement qui ne sont pas aussi chanceux. Aussi faut-il poursuivre la lutte contre les violations des droits humains et l'impunité. »

Ramón Esono Ebalé, qui réside en dehors de sa Guinée équatoriale natale, a été arrêté le 16 septembre 2017, alors qu'il s'était rendu dans le pays pour renouveler son passeport. La police l'a interrogé sur ses dessins critiques envers le gouvernement, ont relaté deux amis espagnols arrêtés et interrogés en même temps que lui, et libérés par la suite.

D'après une émission d'information diffusée sur une chaîne de télévision appartenant à l’État quelques jours après son arrestation, la police a retrouvé 1 million de francs CFA (environ 1 525 euros) dans la voiture que conduisait Ramón Esono Ebalé. Le 7 décembre, il a été officiellement inculpé de faux monnayage. D'après l'acte d'inculpation, un policier, agissant sur dénonciation, lui avait demandé d'échanger des grosses coupures et a reçu des faux billets en retour.

« Le gouvernement de Guinée équatoriale a un lourd passif s’agissant de harceler et de persécuter ses détracteurs, a déclaré Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. La libération de Ramon est une victoire importante contre la répression. »

Lors du procès du 27 février à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, il est apparu clairement que le policier qui avait porté les accusations n'avait pas personnellement connaissance de l'implication de Ramón Esono Ebalé dans l’infraction présumée, selon son avocat et une autre personne présente à l’audience. Ils ont déclaré qu’après avoir livré des détails qui ne concordaient pas avec la version officielle, le policier a reconnu avoir agi sur ordre de ses supérieurs. Le parquet a alors abandonné toutes les poursuites.

« Nous nous réjouissons que Ramón soit acquitté et enfin libre, a déclaré Angela Quintal, coordinatrice du programme Afrique au Comité pour la protection des journalistes. Le fait que le principal témoin à charge se soit rétracté souligne que les autorités ont fabriqué les accusations dès le départ. Ramon n'aurait jamais dû passer un seul jour derrière les barreaux et nous espérons qu'il ne subira pas d'autres représailles. »

« Ramon étant désormais libre, les autorités doivent ouvrir une enquête approfondie et efficace afin de déterminer si les accusations portées à son encontre ont été forgées de toutes pièces et veiller à ce que la justice pénale ne soit plus détournée pour cibler et harceler les défenseurs des droits humains », a déclaré Marta Colomer, chargée des campagnes sur la Guinée équatoriale à Amnesty International.

Les organisations de défense des droits humains signataires sont Amnesty International, Arterial Network, Association of American Editorial Cartoonists, Asociación Profesional de Ilustradores de Madrid, Cartoonists Rights Network International, Cartooning for Peace (Dessins pour la paix), Comité pour la protection des journalistes, Caoilfhionn Gallagher QC, Jonathan Price and Paul Mason, Doughty Street Chambers, UK, EG Justice, Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, Freemuse, Human Rights Watch, Index on Censorship, PEN America, PEN International, Reporters sans frontières, Swiss Foundation Cartooning for Peace, Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme.

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