Accéder au contenu
Menu
Agir
Faire un don
ou montant libre :
/mois
Grâce à la réduction d'impôts de 66%, votre don ne vous coûtera que : € 5.1/mois
Espace journalistes

Contact presse

Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :

+33 1 53 38 66 00

+33 6 76 94 37 05 (soir & week-end)

spresse@amnesty.fr

Espace journalistes

Contact presse

Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :

+33 1 53 38 66 00

+33 6 76 94 37 05 (soir & week-end)

spresse@amnesty.fr

Communiqué de presse

Espagne. La condamnation pour sédition de Jordi Sànchez et Jordi Cuixart menace les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique

La condamnation pour sédition de Jordi Sànchez et Jordi Cuixart piétine leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique et ils doivent être libérés immédiatement, a déclaré Amnesty International le 19 novembre 2019 en publiant une analyse du jugement rendu par la Cour suprême d’Espagne le mois dernier.

Les peines de prison prononcées contre les deux leaders de la société civile et sept membres hauts placés du gouvernement catalan s’appuient sur la définition vague du crime de sédition inscrit dans le Code pénal espagnol et sur l’interprétation trop générale et dangereuse de cette définition par la Cour suprême.

« Jordi Sànchez et Jordi Cuixart doivent être libérés immédiatement et leurs condamnations pour sédition annulées, a déclaré Daniel Joloy, conseiller principal Droit et politique à Amnesty International.

« Si notre analyse n’a pas révélé d’éléments laissant à penser que l’ensemble du procès s’est avéré inique, il est clair que la Cour suprême a interprété la sédition de manière trop générale, ce qui se traduit par la criminalisation d’actes légitimes de contestation. »

En tant que citoyens et leaders d’organisations de la société civile, Jordi Sànchez et Jordi Cuixart avaient le droit d’exprimer leurs opinions et d’organiser des rassemblements pacifiques en faveur du référendum et de l’indépendance de la Catalogne.

Même si ces rassemblements ou leurs actions avaient pour but d’empêcher l’application d’une décision judiciaire, la désobéissance civile pacifique est protégée au titre du droit international relatif aux droits humains. Prononcer des inculpations excessives pour des actes de désobéissance civile restreint indûment le droit de réunion pacifique et viole le droit international.

Après avoir suivi le procès dans sa globalité, Amnesty International conclut que les condamnations à neuf ans de prison prononcées contre Jordi Sànchez et Jordi Cuixart pour sédition constituent une restriction disproportionnée de leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Elle ajoute que la Cour suprême n’a pas démontré que des condamnations d’une telle sévérité étaient proportionnées aux actes pacifiques dont ils étaient accusés.

« Les condamnations prononcées contre Jordi Sànchez et Jordi Cuixart constituent clairement une restriction excessive et disproportionnée de leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique, a déclaré Esteban Beltran, directeur d'Amnesty International Espagne.

« Le Parlement doit modifier sans délai la définition de la sédition, en vue de ne pas criminaliser des actes pacifiques de désobéissance civile ni restreindre indûment la liberté de réunion pacifique et d’expression. »

En outre, Amnesty International déplore que la Cour suprême relie la gravité de l’infraction au caractère « massif ou généralisé » de l’opposition à l’application d’une décision judiciaire. Elle ouvre ainsi la voie à l’instauration par les autorités d’un plafond illégal au nombre de personnes pouvant exercer simultanément leur droit de manifester pacifiquement.

Le manque de clarté entourant le crime de sédition dans le Code pénal tel qu’interprété par la Cour permet d’instaurer des restrictions injustifiées aux droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. En conséquence, un large éventail d’actions directes non violentes sont injustement érigées en infractions.

Le flou de cette définition et son interprétation trop étendue remettent aussi en cause les condamnations pour sédition prononcées contre les leaders politiques catalans.

« Si les leaders politiques catalans ont pu commettre une infraction qui aurait pu légitimement faire l’objet de poursuites en justice en raison de leurs positions officielles, leur condamnation pour sédition – un crime défini de manière trop vague – bafoue le principe de légalité. Les autorités doivent remédier à cette situation sans attendre, a déclaré Adriana Ribas, coordinatrice d’Amnesty International Catalogne.

« Chacun a le droit de savoir si sa conduite peut constituer une infraction. Or, le jugement rendu démontre que le caractère vague de la définition du crime de sédition en permet un usage excessif. L’interprétation de la Cour suprême pourrait avoir un effet néfaste susceptible de dissuader les citoyens de participer à des manifestations pacifiques, du fait de la peur. » 

Complément d’information

Amnesty International a suivi la procédure intentée contre 12 leaders catalans en lien avec les événements qui se sont déroulés en Catalogne au moment du référendum le 1er octobre 2017, et a notamment assisté à toutes les audiences du procès qui s’est tenu à Madrid.

Les condamnations ont été prononcées le 14 octobre. Sept hauts représentants catalans, ainsi que deux leaders d’organisations de la société civile, ont été condamnés pour sédition à des peines variant entre neuf et 13 ans de prison et se sont vus interdire d'exercer une charge publique. Trois autres représentants haut placés déclarés coupables de désobéissance civile ont été condamnés à une amende et se sont vus interdire d'exercer une charge publique.

D’après le droit international relatif aux droits humains, les restrictions du droit de réunion pacifique doivent être prévues par la loi et être nécessaires et proportionnées à un intérêt public précis. Une manifestation ne perd pas son caractère pacifique au motif que des actes illégaux sont commis ou que certains manifestants usent de violence.

En outre, si des comportements pacifiques dans le déroulement d’une manifestation peuvent être soumis à certaines restrictions, elles doivent être dûment prévues par la loi. Toute infraction pénale doit être formulée de manière suffisamment claire pour que les citoyens puissent adapter leur conduite en conséquence.

Espace journalistes

Contact presse

Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :

+33 1 53 38 66 00

+33 6 76 94 37 05 (soir & week-end)

spresse@amnesty.fr

Sur le même pays

Espagne. Des ONG demandent au gouvernement de veiller à ce que le cargo saoudien ne fasse pas transiter des armes par des ports espagnols

Publié le : 28.08.20

Amnesty International et ses partenaires qui mènent la campagne Contrôlez les armes en Espagne, sont arrivées le 10 décembre dans le port de Sagonte pour protester contre l’arrivée de ce navire qui a transporté...

Espagne. Le jugement de la CEDH porte un coup aux droits des personnes réfugiées et migrantes

Publié le : 15.02.20

En réaction à l’arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme établissant que l’Espagne n’avait pas violé la Convention européenne des droits de l’homme lorsqu’elle a expulsé sommairement deux hommes...

Espagne. Les autorités doivent apaiser les tensions et garantir le droit de rassemblement public

Publié le : 23.10.19

En réaction aux mobilisations et manifestations qui se sont déroulées à Barcelone et ailleurs en Catalogne après que la Cour suprême d’Espagne a condamné 12 dirigeants politiques et militants catalans,...

Espagne/Italie/Malte Les 121 personnes, dont des enfants et des bébés, bloquées en mer par une chaleur accablante doivent être autorisées à débarquer

Publié le : 12.08.19

La trentaine d’enfants, dont deux bébés, et les 90 hommes et femmes environ bloqués en mer par une chaleur accablante doivent être immédiatement autorisés à débarquer, a déclaré Amnesty International,...

Espagne. La justice l’emporte enfin dans le cadre de l’affaire du viol commis par «la Meute»

Publié le : 24.06.19

Réagissant aux informations selon lesquelles la Cour suprême espagnole a condamné les cinq hommes connus sous le nom de « la Meute » à 15 ans de prison pour viol, Massimo Moratti, directeur adjoint pour...

Les cookies assurent le bon fonctionnement du site, en continuant la navigation vous acceptez leur utilisation. Gérer les paramètres