Monsieur Rajoelina,
Dans un récent rapport sur les prisons malgaches, nous avons établi que la détention provisoire prolongée est contraire à un certain nombre de droits humains, notamment au droit à la liberté, au droit à la présomption d’innocence et au droit d’être traité avec humanité et dans le respect de la dignité inhérente à la personne humaine. De fait, les conditions de détention provisoire sont extrêmement mauvaises et s’apparentent clairement à une forme de peine ou de traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Amnesty International a découvert que même lorsque des personnes sont libérées après quelques mois de détention provisoire, leur incarcération peut avoir des conséquences sur le long terme. Il est probable qu’elles se retrouvent sans emploi et qu’elles sombrent plus encore dans la pauvreté. Compte tenu des conditions carcérales, beaucoup voient leur état physique et psychologique se détériorer entre leur entrée en prison et leur libération.
Je vous écris pour que vous preniez des mesures immédiates et nécessaires afin que la détention provisoire soit l’exception et non la règle. Vous devez également veiller à ce que toutes les personnes détenues soient traitées avec humanité, que leurs droits fondamentaux soient respectés et protégés.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma plus haute considération.